Fini la Lune, maintenant on marche sur la bulle #1 : Hot space, Aloha Aoba avec du Pulp qui dépote

Dans quelques jours, l’homme marchera sur la lune. Enfin, ça fait cinquante ans qu’il l’a fait mais ce souvenir inébranlable, cet exploit, a été transmis de génération en génération, faisant toujours autant rêver quand on lève les yeux au ciel. Alors que dans nos contrées francophones, Thomas Pesquet a ravivé l’intérêt de la conquête des étoiles et de la voie lactée, le Neuvième Art (comme le Septième) a réaffrété des vaisseaux dessinés à mettre sur orbite. Des successeurs de Tintin ou de Valérian, et tous les autres, dans tous les horizons et tous les genres. On ne sait pas si les extra-terrestres lisent des petits miquets mais les terriens, oui. Alors, en vacances, plus ou moins près de chez vous, on vous a sélectionné quelques lectures pour aller beaucoup plus loin. Préparez les combinaisons spatiales. 

© Le Pixx

Juste avant que Quentin Tarantino ne fasse, enfin, un film de science-fiction (et lequel: Star Trek), Le Pixx et Véra Daviet pourront dire « preums ». Avec Hot Space, l’esprit Tarantino est bien là et soulève la poussière d’Aoba.

© Le Pixx

Résumé de l’éditeur: Nohraïa Kovalski, une jeune pilote, assez indisciplinée, est affectée sur Ouranos, une base orbitant autour d’Aoba, une planète reculée et aride qui présente très peu d’intérêt stratégique. La planète est habitée par des peuples appelés « Kadisse », et quelques humains y sont installés, pour des bonnes raisons (études scientifiques) mais parfois aussi pour des mauvaises (contrebande, piraterie). Les Kadisses ne représentent pas un danger. Leur niveau technologique est inférieur à celui des humains, et ils vivent, pour la plupart, en tribus, même si certains d’entre eux habitent dans des cités. Mais parce que Aoba renferme une ressource qui pourrait changer à jamais la nature même de l’humanité, La République Terrienne va chercher à l’annexer.

© Le Pixx/Daviet chez Kamiti

Elle fume mais elle est sans filtre, elle baille à s’en décrocher la mâchoire mais elle est alerte. Combien de temps a-t-elle dormi ? Oh, pas tant que ça, désormais on atteint l’espace en moins de temps qu’il n’en faut que pour atteindre la mer. Ou presque.

© Le Pixx/Daviet chez Kamiti

Jusqu’ici, Nohraïa percolait dans sa navette, comme le café dans sa tasse… (cassée, donc elle ne s’en encombre pas, elle boit au percolateur, vous voyez comme rien ne l’arrête). Comme l’heure du réveil a sonné, Nohraia reprend le cours de sa vie désormais extra-terrestre. Il y a peu, elle a cassé la gueule à trois officiers qui l’embêtaient un peu de trop. La version officielle a acté qu’elle était la seule coupable, qu’elle avait pété un câble. La menaçant de la radier, ses supérieurs ont toutefois décidé de lui donner une dernière chance au prix d’une mission ingrate, sans beaucoup d’enjeux. Sauf que…

© Le Pixx/Daviet chez Kamiti

Sauf que notre aventurière de l’espace ne va pas franchement avoir le temps de découvrir le nouveau monde dans lequel elle est arrivée. Après avoir fait connaissance avec l’équipe de la base Ouranos, par ailleurs bien sympa, en tant que pilote, elle est envoyée dans une station environnante. Une mission de routine: la station n’émet pas, sans doute à cause d’un court-circuit. Sauf que des indépendantistes traînent dans le coin.

© Le Pixx

Certaine que tout va bien se passer, Nohraïa (qui a des airs de Ripley) embarque dans son vaisseau et, en moins de temps qu’il ne lui en faut pour s’en rendre compte, l’engin est descendu. Le contact avec l’atmosphère d’Aoba (respirable) et sa terre poussiéreuse est musclé, sonnant. Le piège s’est refermé. Nohraïa est victime d’un traquenard. Des indépendantistes… ou de son propre camp ? On lui a coupé ses ailes, c’est à pied qu’elle va devoir survivre dans ces grands espaces qui lui sont inconnus mais aux ressources insoupçonnées. Pourchassée qui plus est par des baroudeurs du crime bien armés (y’en a même un qui se prend pour Terminator).

© Le Pixx
© Le Pixx/Daviet chez Kamiti

On ne nous a pas menti sur la « marchandise », Hot Space est complètement pulp. C’est un comicbook au grand format dans lequel le dessin fait des ravages, un peu dans la même veine que Lorenzo De Felici, prenant ses distances du réalisme pour faire valoir un trait expressif et des expressions langagières qui poutrent. Juste ce qu’il faut de caricature que pour faire croire au drame bang bang de cette histoire. Aussi bien dans le muet, quand la férocité du trait est seul à avoir voix au chapitre, que dans les dialogues lors de planches plus bavardes. C’est calibré. Du gros calibre.

© Le Pixx/Daviet chez Kamiti

Pour ce qui est son premier album largement diffusé mais avec une solide expérience dans le monde de l’illustration (jeunesse, jeux de rôle…), Le Pixx se révèle dans un mélange explosif et construit autour d’un trio de personnages féminins sans peur et sans reproche. Dédoublant sa progression dans cette course contre la mort qui nous permet de découvrir un microcosme aride mais cachant quelques surprises de taille, l’auteur livre un premier opus incisif et immersif. Un album badass (et même bad-Ash, vous comprendrez… peut-être), que rythme un découpage et une puissance de frappe qui semblent dépasser l’aspect immobile du médium. Véra Daviet, à son habitude, termine de renforcer tout ça, du jour ocre à la nuit d’encre en passant par une tempête de poussière mais aussi d’hémoglobine. Sans jamais dénaturer la force d’encrage de son complice.

© Le Pixx/Daviet chez Kamiti

C’est le deuxième album que nous lisons des Éditions Kamiti, structure mise en place récemment. Outre The Bridge, dans un genre très différent, elles ont publié, en science-fiction, un premier tome de Red Sun de Stéphane Louis et Alessandra De Bernardis et dont vous pouvez soutenir le deuxième tome.

Par ailleurs, si vous aimez les making-of des albums, voir ce qu’il se passe dans la cuisine des auteurs, Le Pixx a créé un groupe facebook où il partage des bonus très instructifs. N’hésitez pas à intégrer The Hot Space Comics.

Série : Hot Space

Tome : 1 – Crash Program

Scénario et dessin  : Le Pixx

Couleurs : Véra Daviet

Genre: Science-fiction

Éditeur: Kamiti

Nbre de pages: 80

Prix: 14,95€

Date de sortie: le 21/02/2019

Extraits : 

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