Serpent-Dieu : gods don’t save the (vi)kings !

Dans Vikings, il y a king. Et forcément des batailles pour le devenir, sur des terres toujours plus étendues. Ici, on ne trouve pas l’amour, on trouve la haine. Ou, au plus profond de nos tripes, on trouve de quoi sauver l’honneur et réclamer vengeance. Après un premier tome qui montrait toute l’envie d’en découdre de Jérôme Le Gris, Benoit Dellac et Sébastien Bouet, les voilà qui haussent un peu plus le ton.

À lire aussi | Serpent Dieu, puissance de feu

Résumé de l’éditeur : Un viking ne peut pas vivre sous le même ciel que l’assassin des siens. Le sacrifice de Nessa n’était pas vain. Les clans qui suivaient Björn le brûlé ont rejoint la bannière d’Ulf Keludar et Islandia est désormais unie. Mais la quête d’Elrik l’orcadien ne fait que commencer… Ayant retrouvé la mémoire, il se met en tête de retourner sur le continent pour se venger de ceux qui lui ont tout pris : Hakun, le roi de Norvège, et Ygrid, sa prêtresse, qui a fait d’Elrik un guerrier-fauve. Alors que plane la menace d’une armée immortelle menée par Loki, le dieu des morts lui-même, Elrik part ainsi à la rencontre de son destin et de ses semblables. Car d’après Ygrid, la prophétie est formelle : bientôt, les trois seront réunis. Reste à savoir quelles en seront les conséquences…

© Le Gris/Dellac/Bouet chez Glénat

Nessa est morte. Si Elrik (notre espèce de XIII, naufragé sauvé des eaux nordiques) a désormais des combattants qui peuvent le suivre sur le champ de bataille, il n’a de nouveau plus d’oreille qui le comprenne. Si une bagarre a été gagnée, de nouvelles armées se lèvent, plus obscures, plus investies encore du mal qui ronge même les guerriers. La magie peut être belle mais peut aussi se révéler tragique et machiavélique. Puis, elle a ses limites, Elrik a beau être un berserk, un des trois guerriers-fauves au service du grand dieu et pourtant mortels, il ne peut pas tout faire. Même porté par son instinct vengeur le plus animal. D’animaux, il en est d’ailleurs question quand les dieux les plus puissants y sont associés : corbeau, serpent, etc. Et le venin de couler dans les veines de chacun des protagonistes mis en place avec violence et maestria.

© Le Gris/Dellac

Dans la série « J’aime pas Game of Thrones mais ça qu’est-ce que j’aime bien ». Dans ce second tome, Jérôme Le Gris a bâti du sur-mesure pour son acolyte dessinateur. Ce fieffé et enfiévré Benoît Dellac a définitivement(?) quitté le far-west de Sonora pour être complètement habité des lueurs nordiques et de leur ferveur de feu… des dieux. Ce qu’il produit avec ses crayons, c’est cataclysmique, ça ébranle la terre et la mer, le présent et les souvenirs qui servent de flash-back. En intérieur ou dans la montagne à perte de vue, sur une barque voguant au-dessus d’une mer de danger ou dans une forêt sacrificielle, Benoît Dellac semble avoir tout donner sur chaque détail de cette histoire terrible.

© Le Gris/Dellac/Bouet chez Glénat
© Le Gris/Dellac/Bouet chez Glénat

Et si l’un des ingrédients scénaristiques est complètement attendu, Jérôme Le Gris a lui aussi cette insolence qui lui permet, sur base d’une mythologie existante, de créer sa propre légende et ses propres références avec des personnages tellement incarnés qu’ils semblent avoir vraiment existés, dans leurs plaies et leurs cicatrices, dans les ravages de la violence barbare. Après tout, la mort dans ces contrées, est un rituel comme les autres. Sébastien Bouet parachève tout en soufflant sur les braises, en faisant éclater la couleur du brasier ou la douceur, de courte durée, d’une lune dont on ne sait si elle est bienveillante ou malveillante. Sans parler d’un enfer blanc. Rien n’a été laissé au hasard.

Test de couleurs abandonnés car trop similaire à la mise en couleur des pages « normales ». Vous pourrez comparer dans l’album 😀 © Le Gris/Dellac/Bouet

On en reste bouchée devant cette brutalité hors-du-commun, divine. On ne sait toujours pas où est Ornicar mais on sait où mènent tous les drakkars du monde. Ils vont assister à l’apothéose du cycle d’Islandia dans un troisième tome à paraître en octobre.

Série : Serpent Dieu

Tome : 2 – Le temple du Dieu-Corbeau

Scénario  : Jérôme Le Gris

Dessin : Benoît Dellac

Couleurs : Sébastien Bouet

Genre: Guerre, Héroïc-Fantasy

Éditeur: Glénat

Nbre de pages: 64

Prix: 14,95€

Date de sortie: le 09/05/2019

Extraits : 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.