Fini la Lune, maintenant on marche sur la bulle #4 : Infinity 8, after aight pour le spéc’ opéra de Comix Buro

Dans quelques jours, l’homme marchera sur la lune. Enfin, ça fait cinquante ans qu’il l’a fait mais ce souvenir inébranlable, cet exploit, a été transmis de génération en génération, faisant toujours autant rêver quand on lève les yeux au ciel. Alors que dans nos contrées francophones, Thomas Pesquet a ravivé l’intérêt de la conquête des étoiles et de la voie lactée, le Neuvième Art (comme le Septième) a réaffrété des vaisseaux dessinés à mettre sur orbite. Des successeurs de Tintin ou de Valérian, et tous les autres, dans tous les horizons et tous les genres. On ne sait pas si les extra-terrestres lisent des petits miquets mais les terriens, oui. Alors, en vacances, plus ou moins près de chez vous, on vous a sélectionné quelques lectures pour aller beaucoup plus loin. Préparez les combinaisons spatiales.

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© Trondheim/Killoffer chez Rue de Sèvres/Comix Buro

Vers l’infini, l’au-delà et l’Infinity 8. L’aventure éditoriale, fruit de la collaboration ambitieuse entre Comix Buro et les Éditions Rue de Sèvres, aura duré un an et demi, suscitant la hype et regroupant toute une bande de joyeux drilles détonants et surprenants. L’heure de la conclusion a sonné.

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© Trondheim/Killoffer chez Rue de Sèvres/Comix Buro

Résumé de l’éditeur : La clé du mystère se trouve dans un lointain passé, quand la confédération intergalactique décide et organise le génocide des Tonn Shärs, aux pouvoirs temporels bien trop puissants au goût des autres races. Seuls 88 Tonn Shärs, dont le capitaine de l’Infinity 8 , seront gardés en vie et sous le joug de la confédération. Durant les trente années qui ont suivi le massacre, les 88 Tonn Shärs survivants ont feint l’ignorance, attendant patiemment de pouvoir se venger. Dans ce huitième et dernier reboot, l’heure de la vendetta a sonné. Les sept reboots déjà effectués par le capitaine lui ont permis de faire tomber les masques : pris d’une crise de violence, il met à mort tous les opérateurs du spatio-paquebot. Tous ? Pas exactement, le lieutenant Reffo étant sauvé in extremis par Hal. Remis sur pieds par la technologie des robots éveillés, Reffo élabore un plan visant à empêcher le capitaine de détruire la confédération qui va nécessiter le renfort des six agentes précédemment missionnés.

© Trondheim/Killoffer chez Rue de Sèvres/Comix Buro

Jusqu’au huitième épisode, la saga interplanétaire aura donc tenu ses promesses, faisant intervenir, à chaque fois, sur scénario de Lewis Trondheim (parfois accompagné d’un autre scénariste), un dessinateur différent. L’occasion de promouvoir huit styles graphiques complètement aux antipodes les uns des autres et quelques vedettes actuelles du Neuvième Art actuel. Le tout sur un pitch reprenant toujours le même constat, la chute de la maison (que dis-je l’arche de Noé) Infinity 8 est proche et un héros, toujours un nouveau – du moins jusqu’à cet ultime tome – doit explorer une heure du futur très proche de la mission pour tenter d’enrayer la menace. Dans les sept tomes précédents, aucun des héros (souvent conjugués au féminin, d’ailleurs, une des forces de la série) n’est arrivé à sauver cette baleine technologique qu’est le vaisseau Infinity. Si la menace ne vient pas de l’extérieur peut-être vient-elle de l’intérieur. Vous l’entendez l’insupportable musique qui rythme les moments de suspense des films d’horreur ?

© Trondheim/Killoffer chez Rue de Sèvres/Comix Buro

Avec ce huitième tome, c’est au tour de Patrice Killoffer d’essayer d’inverser la tendance. Et ce n’est pas gagné. Parce que le personnage dont le tour est venu d’entrer dans la lumière n’est autre que Reffo. Le lieutenant qui, depuis le début de la série, a nourri notre agacement, vulgaire et pervers, libidineux et macho, et qui ressemblait étrangement à un certain… Killoffer. Alter-egos de chair et de papier se retrouvent donc à essayer de réussir ce que les autres n’ont pas réussi jusqu’ici. Et Killoffer a la lourde tâche de nous faire aimer un personnage totalement rebutant.

© Trondheim/Killoffer chez Rue de Sèvres/Comix Buro

Le dessinateur au style si particulier (qui avait séduit Renaud, à l’époque de son premier grand retour Rouge Sang, puisqu’il en avait signé la pochette et le livret) y arrive plutôt bien en coupant les jambes, littéralement, à son héros pour mieux le ressusciter et ressasser les souvenirs du lecteur qui, comme moi, a lu avec passion cette aventure éditoriale. Cet ultime numéro de cirque à la sauce space opera, en bon baroud d’honneur, invite tous les personnages marquants (et féminins – on vous l’a déjà dit peut-être ? -) pour le salut (nazi y compris, Hitler le mort-vivant est de retour) final. Et ils sont ingérables.

© Trondheim/Killoffer chez Rue de Sèvres/Comix Buro
© Trondheim/Killoffer chez Rue de Sèvres/Comix Buro

Car, d’un pitch intéressant et prometteur, ce dernier épisode part dans tous les sens, et ce en roue libre. Dévoilant bien trop vite le grand organisateur et manipulateur qui nous a tenu en haleine depuis sept tomes. Killoffer, lui, est audacieux, spectaculaire et son dessin est savoureux mais le texte qu’il sert a vite fait de tourner en eau de boudin, indigne de ses sept prédécesseurs qui nous ont fait rêver, fantasmer et halluciner. On sent le concept en fin de vie et rien ne semble pouvoir contrecarrer ce funeste destin. C’est tellement dommage, mais Infinity 8 aurait dû se contenter de finir sur la sublime note que lui avait conféré Boulet dans son petit bijou Et rien pour finir. Qui du coup est à prendre au sens propre à la fin de ce huitième tome.

© Trondheim/Killoffer chez Rue de Sèvres/Comix Buro

Série : Infinity 8

Tome : 8 – Jusqu’au dernier

Scénario : Lewis Trondheim

Dessin et couleurs : Patrice Killoffer

Genre : Space opera, Action, Aventure

Éditeur : Rue de Sèvres / Comix Buro

Nbre de pages : 96

Prix : 17€

Date de sortie : le 13/03/2019

Extraits :

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