Fini la Lune, maintenant on marche sur la bulle #6 : Doctor Star, vers l’infini, l’intime et l’au-delà

Dans quelques jours, l’homme marchera sur la lune. Enfin, ça fait cinquante ans qu’il l’a fait mais ce souvenir inébranlable, cet exploit, a été transmis de génération en génération, faisant toujours autant rêver quand on lève les yeux au ciel. Alors que dans nos contrées francophones, Thomas Pesquet a ravivé l’intérêt de la conquête des étoiles et de la voie lactée, le Neuvième Art (comme le Septième) a réaffrété des vaisseaux dessinés à mettre sur orbite. Des successeurs de Tintin ou de Valérian, et tous les autres, dans tous les horizons et tous les genres. On ne sait pas si les extra-terrestres lisent des petits miquets mais les terriens, oui. Alors, en vacances, plus ou moins près de chez vous, on vous a sélectionné quelques lectures pour aller beaucoup plus loin. Préparez les combinaisons spatiales.

© Lemire/Fiumara Max/Dave Stewart chez Dark Horse Comics

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On a parlé des héros de premier plan, parlons spin-off. Le magnifique univers de Jeff Lemire, et dans lequel il semble avoir mis tellement de lui, Black Hammer, s’offre donc des destins séparés et contrariés en auscultant un peu plus et au cas par cas les mystérieux héros que l’auteur prolifique a créé pour hanter sa saga de super-héros viscéraux. Avant de vous parler du troisième épisode, voilà le temps de faire un peu plus la connaissance du Doctor Star,  cosmonaute apparu comme déphasé mais tellement attachant dans les premiers opus de la série mère.

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WIP d’une couverture hommage © Fiumara Max

Résumé de l’éditeur : Sous l’identité du Docteur Star, James Robinson était l’un des plus grands compagnons d’armes de Black Hammer. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un vieil homme tentant désespérément de renouer avec son fils dont sa carrière de justicier l’aura toujours tenu à l’écart. Au crépuscule de sa vie, James se remémore la découverte de son pouvoir cosmique, ses exploits durant la Seconde Guerre mondiale et le naufrage de sa vie de famille…

© Fiumara Max

Mais qu’est-ce que ça peut faire
De conquérir le ciel
Quand on n’a pas encore fait le tour
De l’amour

(Pascal Obispo)

© Fiumara Max
© Fiumara Max

C’était un scientifique, sans rien de particulier, qui pensait que savoir était un grand trésor. En ces quelques mots révisés, vous aurez reconnu Goldman pour nous emmener près de Starman. En grand admirateur de comics, Jeff Lemire a été profondément marqué par ce personnage de l’écurie DC au point de nommer son personnage-vedette de ce one-shot (raccord à la série d’origine) du même nom qu’un célèbre auteur ayant donné l’une des plus belle vision de Starman : James Robinson. Jim, quoi.

© Fiumara Max

Hommage autant qu’incursion dans le mythe de l’héros de l’espace autant que dans sa profonde solitude malgré l’adulation qu’il va générer bien malgré lui, ce Doctor Star et le royaume des lendemains perdus est d’une simplicité déconcertante et pourtant d’une puissance interstellaire, déboussolante et universelle. En deux temps, dans cette histoire qui le perd un peu plus à chaque voyage, Lemire et l’Argentin Max Fiumara étudient présent et passé pour les faire se rejoindre. Le premier est celui d’un vieil homme qui a perdu toutes ses illusions. Le deuxième est l’époque d’un fou de science aveuglé par l’importance qui donne à sa mission : voyager dans l’espace, y trouver quelque chose. Au point de négliger sa famille, de rester en surface et puis d’en disparaître, du prix de plus en plus longues absences. Mais les minutes que l’on perd deviennent des années, que l’on soit héros en collants, ouvrier ou homme d’affaires. Le temps, ce n’est pas de l’argent, ce sont des moments que l’on choisit ou non de consacrer à ce qui nous est chair.

© Fiumara Max

Variant entre l’intime et l’infini et l’au-delà, livrant un vrai récit de super-héros en même temps qu’un drame émotionnant (dans le sens noble et classe du terme). L’emprise que Max Fiumara a sur le récit de Lemire (qui jusqu’ici a délégué l’art graphique à d’autres) est puissante et investie de sens et de sensation. Spectaculaire mais aussi minable, quand il le faut, quand la déliquescence prend le dessus sur le sauveur. Et comme on voyage dans le temps, les époques visitées sont retranscrites avec soin et intensité par le fidèle Dave Stewart. Un trio magique, une histoire tragique et pourtant rayonnante.

© Fiumara Max

Série: Black Hammer présente

Tome: 2 – Doctor Star et le royaume des lendemains perdus

Scénario: Jeff Lemire

Dessin : Max Fiumara

Couleurs: Dave Stewart

Traduction : Julien Di Giacomo

Genre: Aventure, Fantastique, Drame

Éditeur VF: Urban Comics

Collection : Urban Indies

Éditeur VO : Dark Horse Comics

Nbre de pages: 200

Prix: 17,50€

Date de sortie: le 14/11/2017

Extraits:

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