Interview avec Christian Lallemand, des Lettres Mortes aux Editions du Tiroir, avec une panoplie d’héro(ïne)s à (re)découvrir en 2024 (Previews)

© Lallemand/Tangi aux Éditions du Tiroir

Mieux vaut tard et avec brio que jamais. Quelque années après avoir co-créé et lancé les Éditions du Tiroir, Christian Lallemand publie, en compagnie de Tangi aux dessins, son premier album. Lettres Mortes, un album fait de drame, de mystère et d’une certaine mélancolie. L’héroïne ayant perdu la mémoire, on peut ainsi la lui rendre ou en profiter, entre bien et mal. L’occasion d’interviewer Christian Lallemand autour de ce premier album et cette nouvelle carrière mais aussi du beau programme des Éditions du Tiroir, en cette fin d’année 2023 et pour le début 2024. Extraits et previews exclusives en prime. 

Résumé de Lettres mortes par les Éditions du Tiroir : Une jeune fille, Jodie, vient de perdre la mémoire lors d’un accident de voiture. Son médecin lui suggère de retourner dans son village natal auprès de sa grand-mère avec qui elle entretenait depuis 6 ans une correspondance régulière afin de retrouver ses souvenirs. Malgré la mort inopinée de sa grand-mère, Jodie retourne au village. Narcisse, le facteur du village, l’accueille dès son arrivée à la gare. Ils semblent être amis depuis toujours et il propose son aide pour lui servir de guide dans sa quête aux souvenirs. Son parcours l’amène à mener l’enquête sur la mort de ses parents…

Bonjour Christian. Éditeur du Tiroir, vous prenez pour la première fois publiquement votre casquette de scénariste avec Lettres mortes. Content du résultat, de la réception?

Ça démarre bien, je suis vachement étonné. Je pensais que ça allait être un petit scénario et, finalement, les gens l’aiment et sont surpris par la fin. Ils veulent une suite, se demandent ce que vont devenir les personnages. Alors que c’était prévu comme un one-shot et que j’ai envie de me concentrer sur d’autres sujets. Pour se lancer dans une série, je crois qu’il faut la concevoir à l’avance, laisser des messages dans le premier album qui vont trouver de l’écho dans les albums suivants. Ce n’est pas le cas.

Tangi, dont c’est le premier album, amène un trait qui se dégage du classicisme.

© Lallemand/Tangi aux Éditions du Tiroir

Son trait est singulier, c’est vrai. Mais, avant de parler de Tangi, ce projet date d’il y a longtemps?

Il est resté au fond d’un tiroir, oui. En fait, au départ, Martin Viot, un dessinateur lyonnais (Memento Mori, Le policier qui rit) devait le dessiner. Il y a à peu près cinq ans. nous avons monté le projet, l’avons envoyé vers les éditeurs. Il a été sélectionné par Paquet qui en a demandé le storyboard complet. Nous nous sommes exécutés et Paquet n’a plus donné de nouvelles, malgré les relances. Nous nous sommes donc lancés dans l’auto-édition avec Sandawe qui… est tombé en faillite. Martin, découragé, a laissé tomber le projet et j’ai mis le scénario de côté pour créer les éditions du Tiroir, entre-temps. Mais je ne voulais pas l’abandonner, à chaque fois que je le relisais je le trouvais intéressant. D’autres dessinateurs s’y sont collés, ce n’était pas convaincant et notre appel à dessinateurs pour animer la Revue L’Aventure a amené de nouveaux auteurs.

Nous leur avons fait appel pour réaliser des adaptations de romans d’Henri Vernes. Tangi faisait partie de ceux-là, il nous a envoyé un book. J’ai bien aimé son dessin, l’énergie qu’il y avait derrière. C’était une sorte de tueur graphique. Je lui ai proposé de lire mon scénario, il était emballé de le dessiner.

© Lallemand/Tangi aux Éditions du Tiroir

Mais qui est Tangi?

Un Français qui s’est installé en Belgique il y a bien 15 ans. Il a fait des études d’illustration, a une trentaine d’années et il a tenté sa chance chez pas mal d’éditeurs avant ça. Ces éditeurs lui répondaient toujours qu’ils ne prenaient pas de premier album? Je pense que le fait d’accepter de réaliser cet album que Le Tiroir lui proposait lui permettrait de se faire un bagage pour aller vers les autres maisons d’édition pour un second album. Mais, en même temps, nous lui proposerons probablement d’autres choses chez nous.

Quelle est l’origine de cette histoire?

Tout est parti de la figure du facteur qui, avant l’ère des GSM et de tous les moyens modernes de communication – l’histoire se passe en 1989 -, avait dans ses mains la mémoire des correspondants, leur vie. Tout ce qui pouvait avoir lieu à l’époque et qu’on écrivait, les histoires connues comme les secrets, passait dans les mains du facteur. Si le facteur avait pu lire toutes ces lettres…

© Lallemand/Tangi aux Éditions du Tiroir

…il saurait tellement de choses sur tout le monde qu’il pourrait le faire chanter tout le monde faire chanter tout le monde.

Oui, ou alors il aurait su comment aider ces gens. C’est comme ces personnes qui aiment dire « ah, si mon chien ou mon chat parlait! ». Le facteur pourrait jouer le même rôle. Avec l’avantage de connaître un peu tous les habitants du village. Comme eux ont appris à connaître leur facteur.

L’histoire est vraiment partie de là, en créant ce personnage de facteur et en me disant que si lui a toutes ces connaissances-là et que quelqu’un perd la mémoire. Il peut l’aider à la retrouver comme manipuler cette personne et en profiter.

© Lallemand/Tangi aux Éditions du Tiroir

Amnésique, c’est le cas de votre héroïne, dont le monde s’est effondré deux fois. Un accident l’a privée de sa mémoire et le seul membre de sa famille qui pouvait l’aider à se souvenir.

(Christian est tenté de spoiler. Ah non, hein, on ne fait pas ça ici !)

Où et quand situes-tu cet album?

C’est indéfini, je ne trouvais pas intéressant de le dire platement. Mais on sent bien que c’est en France. La camionnette est française, il y a des falaises et des petits messages disséminés dans le scénario, sur le lieu et l’époque. On parle de vin de paille, c’est surtout dans le Jura qu’on en produit. Je vois donc bien un petit village du Jura français, une région pas trop près de Paris, ce qui explique que la grand-mère ne soit pas venue rendre visite à Jodie à l’hôpital. Mais je ne parle même pas de Paris, je parle de la capitale.

© Lallemand/Tangi aux Éditions du Tiroir
© Lallemand/Tangi aux Éditions du Tiroir

Au fond, c’est un premier album pour toi aussi.

Oui, ça fait quelque chose… après en avoir édité pas mal, finalement, maintenant. Ça fait plaisir mais je ne vais pas dire que c’est un aboutissement. Je m’en fiche, j’ai été directeur financier de six sociétés actives dans le droit d’auteur, et les gens étaient impressionnés. Mais c’est un métier comme un autre. Même chose avec cet album, on me dit que c’est génial d’avoir pu sortir cet album. Mais, ce qui me plaît vraiment, c’est d’être arrivé au bout d’une histoire, de pouvoir la raconter en bande dessinée. Et, avec un peu de chance, elle est appréciée et ça m’invite à continuer, maintenant que je n’ai plus besoin d’autant travailler pour gagner ma vie. L’objectif, désormais, c’est d’en refaire, d’autant plus que des dessinateurs gravitent désormais autour de moi. Je peux offrir mes histoires.

Dans les projets BD que je reçois, je me rends compte que pas mal d’auteurs ont du mal à écrire. Tout ne va pas toujours dans le bon sens, les personnages ne sont pas toujours typés, on ne sait pas ce qu’ils veulent. Il faut parfois tout remettre à plat, redonner du caractère et des objectifs, et dire les choses aux bons moments.

© Lallemand/Tangi aux Éditions du Tiroir

Quel est ton parcours artistique?

J’ai fait l’Académie des Beaux-Arts Jean-Jacques Gaillard à Saint-Gilles, dans les années 90. En fait, j’ai un diplôme d’illustrateur BD. Je dessinais un petit peu à l’époque mais j’ai préféré trouver un autre travail pour gagner ma vie. Je n’ai jamais vraiment fait de BD mais je sais ce que c’est, comment on crée une planche, un découpage.

Il y a de la personnalité en tout cas dans le dessin de Tangi.

Oui, c’est graphique, anguleux.

© Lallemand/Tangi aux Éditions du Tiroir

On se retrouve dans un esprit proche ou loin de la première version ?

Non, la version de Martin Viot était plus en rondeur.

Et toi, qu’imaginais-tu? On a forcément des visions quand on écrit un scénario, non?

Oui, mais elles évoluent parce que de toute façon il faut un compromis avec le dessinateur. On doit accepter sa vision des choses. Dans ce cas-ci, le storyboard de Martin Viot, son découpage, ses croquis, déjà poussés, Tangi les a eus en mains pour s’aider ou s’en dégager. Il a changé des points de vue, voulait affirmer plus la personnalité de Jodie.

Pour lui comme pour moi, il était hors de question d’en faire une bimbo. Nous voulions un personnage normal, ne pas jouer sur le côté sexy de la jeune femme en détresse comme certains l’ont fait par le passé. Nous avons même sucré une scène de baiser volé.

Avec Tangi, nous nous sommes aussi mis d’accord pour changer l’ordre de certaines planches qui risquaient de trop vite mettre la puce à l’oreille du lecteur.

© Lallemand/Tangi aux Éditions du Tiroir

Dans le cas de Jodie, il y a donc son amnésie du moment mais aussi les secrets liés à la mort de ses parents. Elle se retrouve face à une double perte de mémoire, et une double-enquête.

Oui, les personnes qu’elle rencontre lui racontent des choses mais elle prend de la distance. Elle fait l’enquête sans le vouloir, se rend compte qu’on lui a caché des choses mais n’en est pas certaine. Elle reste quand même perturbée et ne s’imagine pas qu’il puisse y avoir autant de méchanceté autour d’elle et de non-dits. Cette histoire est très compliquée pour Jodi. Dès le début, par son amnésie, elle revit la mort de ses parents. C’est-ce qu’elle dit au cultivateur voisin de sa maison de famille.


Parlons un peu des Éditions du Tiroir. Dès le départ, vous avez amené là une écurie de stars mais aussi, de plus en plus, des petits jeunes que vous lancez dans des styles différents.

C’est aussi pour ça que Lettres Mortes est un album particulier pour les Editions du Tiroir. C’est un one shot un peu graphique, sans prétention mais intéressant, une chronique de vie, pas hyper-sexy. Il peut faire évoluer une ligne éditoriale et faire passer le message aux lecteurs: les Éditions du Tiroir, ce ne sera pas que du patrimonial. Nous avons aussi des séries comme MacGuffin et Alan Smithee, Adelin et Irina ou Rubine.

MacGuffin et Alan Smithee © Viau/Duguay
Adelin et Irina © Nico Van de Walle

Qui sont les nouveaux Illustrateurs qui vont arriver?

Il y a Tyef qui est en train d’adapter Luc Dassault d’Henri Vernes en BD. Il a déjà publié plusieurs albums, je vais le rencontrer pour la première fois en vrai au festival de Saint-Malo (l’interview a eu lieu la semaine avant la tenue de l’événement). Il a déjà réalisé une dizaine de planches et les illustrations du second roman. Tyef est dans le réalisme plutôt dans la rondeur et du muscle. Il mettrait parfois trop de détails, que nous lui avons demandé d’enlever. Et ses originaux en noir et blanc sont vraiment très beaux.

Luc Dassaut d’Henri Vernes – tome 2 des romans illustrés © Tyef aux Éditions du Tiroir
Luc Dassaut d’Henri Vernes – tome 2 des romans illustrés © Tyef aux Éditions du Tiroir
Luc Dassaut d’Henri Vernes – tome 2 des romans illustrés © Tyef aux Éditions du Tiroir
Luc Dassaut d’Henri Vernes – tome 2 des romans illustrés © Tyef aux Éditions du Tiroir
Luc Dassaut d’Henri Vernes – tome 2 des romans illustrés © Tyef aux Éditions du Tiroir

Il y a aussi une jeune Italienne, Elisabetta Barletta, qui va adapter Singleton, autre héros d’Henri Vernes. Ce sera là aussi très graphique, classique et fort réaliste.

Singleton d’Henri Vernes en BD © De Kuyssche/Barletta aux Éditions du Tiroir
Singleton d’Henri Vernes en BD © De Kuyssche/Barletta aux Éditions du Tiroir
Singleton d’Henri Vernes en BD © De Kuyssche/Barletta aux Éditions du Tiroir

Puis, il y a Foerster.

Oui, lui va illustrer un roman particulier d’Henri Vernes, La belle nuit pour un homme mort. C’est le roman qui a marqué l’aspect noir de son auteur.

Roman illustré La belle nuit pour un homme mort d’Henri Vernes © Foerster aux Éditions du Tiroir
Roman illustré La belle nuit pour un homme mort d’Henri Vernes © Foerster aux Éditions du Tiroir
Roman illustré La belle nuit pour un homme mort d’Henri Vernes © Foerster aux Éditions du Tiroir
Roman illustré La belle nuit pour un homme mort d’Henri Vernes © Foerster aux Éditions du Tiroir

Comment se portent donc les Éditions du Tiroir?

Le problème est toujours le même, nous devons gagner en visibilité. En Belgique, ça va, surtout parce que nous faisons beaucoup de festivals et que nous disposons de notre propre réseau de distribution. Nous allons chez les libraires, avons des partenariats. Les amateurs de BD commencent à bien nous connaître.

En France, c’est plus compliqué. Nous passons par Makassar, c’est plus laborieux. Pour un petit éditeur, trouver un gros distributeur, c’est compliqué et risqué. Parce que ces distributeurs ne cherchent pas forcément de petits catalogues et il y a tellement de contraintes que plusieurs sociétés n’en ont pas réchappé. Nous faisons très attention.

On se souvient, il y a quelques mois, d’un article qui parlait de la relève de l’édition franco-belge en Belgique. Vous y aviez été oubliés.

Oui, l’article citait Kennes qui est en train de couler. Je ne sais pas s’ils vont survivre. Les gros éditeurs (Dupuis, Dargaud, Le Lombard…). sont désormais aux mains des Français. En fait, en Belgique, il y a les éditeurs de classiques comme nous, Kamiti, Anspach, BD Must. Nous passons tous par du financement participatif. Puis, il y a les éditeurs de romans graphiques et toute la panoplie, qui en fait fonctionnent surtout grâce aux aides de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ça a du mal à se vendre.;

Au Tiroir, vous avez donc quand même réussi à récupérer quelques gloires de la BD. Percevan, Rubine, Le p’tit bout de chique, Jeannette Pointu.

André Taymans et moi nous sommes super bien complétés. André est auteur depuis très longtemps comme moi je suis dans la gestion culturelle depuis très longtemps. À nous deux, nous avions toute l’expérience pour créer une maison d’édition. Nous sommes tous les deux arrivés avec des auteurs. André connaissait bien Walthéry et Luguy, qui n’avait plus d’éditeur francophone. Wasterlain, lui, n’a pas voulu venir tout de suite avec un Jeannette Pointu ou un Docteur Poche. Il a donc fait Tucker dont nous attendons le deuxième tome.

© Luguy/Wasterlain/Van De Walle/Di Sano

Au début, nous avons donc rassemblé des auteurs de renom pour nous permettre d’ouvrir des portes et de faire vivre le magazine L’Aventure comme Benoi, Nico, etc.  Ce sont tous des auteurs belges qui nous ont propulsés. On ne leur fermera la porte pour rien au monde. Mais, maintenant, l’objectif, enfin le mien, est donc  de faire rentrer de nouveaux auteurs avec des scénarios poussés ou des projets que nous leur proposons. Sans oublier qu’il faut pouvoir financer les avances sur droits.

Il faut jongler pour avoir la stabilité. Quels sont les albums attendus, ces prochains mois?

La première intégrale de Jeannette Pointu sort ces jours-ci. En décembre, il y aura une histoire très sympa, le retour de Margot et Oscar Pluche (aussi connu sous le titre Sac à puces). Nous retrouverons Margot à l’adolescence. Le chien est devenu vieux mais leur relation est toujours là. Au départ, nous imaginions une seule histoire mais la créatrice, Carine De Brab aimerait bien faire trois histoires, aux dernières nouvelles. Margot à 14 ans, Margot à 17 ans, etc. Là aussi, il faudra voir le résultat commercial du premier. Mais c’est touchant, c’est un petit album jeunesse, 64 pages en couleur. Avec un changement de style un petit peu plus graphique, léché.

Margot et Oscar © Falzar/De Brab aux Éditions du Tiroir
Margot et Oscar © Falzar/De Brab aux Éditions du Tiroir
Margot et Oscar © Falzar/De Brab aux Éditions du Tiroir
Margot et Oscar © Falzar/De Brab aux Éditions du Tiroir
Margot et Oscar © Falzar/De Brab aux Éditions du Tiroir
Margot et Oscar © Falzar/De Brab aux Éditions du Tiroir

Début d’année prochaine, il y aura le premier tome (mais nous ne savons pas encore si cela fera une série) de Sofia Stromboli, pour janvier.

Sophia Stromboli © Taymans/Walthéry aux Éditions du Tiroir
Sophia Stromboli © Taymans/Walthéry aux Éditions du Tiroir
Sophia Stromboli © Taymans/Walthéry aux Éditions du Tiroir
Sophia Stromboli © Taymans/Walthéry aux Éditions du Tiroir
Sophia Stromboli © Taymans/Walthéry aux Éditions du Tiroir

Puis, en mars, un album one shot de 48 pages par Bruno Bazile, Ronds rouges. C’est une chouette histoire basée sur un fait divers des années 70.

Rond Rouges © Bazile aux Éditions du Tiroir
Rond Rouges © Bazile aux Éditions du Tiroir
Rond Rouges © Bazile aux Éditions du Tiroir
Rond Rouges © Bazile aux Éditions du Tiroir
Rond Rouges © Bazile aux Éditions du Tiroir
Rond Rouges © Bazile aux Éditions du Tiroir
Rond Rouges © Bazile aux Éditions du Tiroir

Nous commencerons aussi à publier L’Heure H en BD. Nous avons signé un contrat avec la RTBF pour adapter les podcasts de Jean-Louis Lahaye, du même nom. Deux fois par an, nous éditerons un album sur un épisode de L’Heure H. C’est aussi pour ça que nous avons lancé notre appel à dessinateurs. Le choix sera vaste, il doit y avoir près de 200 podcasts. Chaque auteur pourra choisir l’histoire qu’il veut et dans laquelle il se sent mieux pour un 48-pages.

L’Heure H – L’espion qui a piégé Hitler © De Kuyssche/Valdeira aux Éditions du Tiroir

Puis, il y aura les albums de Luc Dassault et Singleton pour continuer les adaptations d’Henri Vernes.

Comment son catalogue est-il arrivé chez vous.

Le secrétaire particulier, en quelque sorte, d’Henri Vernes a reçu toutes les œuvres autres que Bob Morane en succession. À la mort d’Henri Vernes, il est venu vers nous pour nous demander si on voulait travailler le répertoire. Nous avons dit oui, d’autant plus qu’André avait déjà été approché pour Don (ndlr. finalement sorti il y a quelques semaines).

Un catalogue inépuisable?

On pourrait en avoir l’impression mais non. Certaines choses ne sont plus éditables. Nous tournerons, je crois, autour d’une vingtaine de romans intéressants à publier. Il y a une dizaine de Don, deux Luc Dassault, deux Singleton. Le Karga d’André Beautemps et illustré en roman par Jérôme Ého. Il y a La porte ouverte avec Louis Paradis. Le Désir rode, par Alain Poncelet. Quand nous serons arrivés au bout de ces romans illustrés, nous travaillerons sur l’adaptation en BD.

Après, il y a aussi des écrits plus documentaires, mais les adapterons-nous en romans? Je ne sais pas encore.

Et puis, il y a la Revue L’Aventure.

Qui est arrêtée, maintenant. C’est suspendu par manque de ressources humaines. Ce n’est pas un souci financier mais, en même temps, nous ne pouvons pas engager. Nous nous sommes rabattus sur un numéro spécial de L’Aventure, chaque année, qui rendra hommage à un auteur. Le dernier en date est consacré à Daniel Desorgher. C’est aussi l’occasion de montrer des travaux qui n’avaient jamais été publiés, qui sont restés inachevés.

Nous n’avons pas parlé de Rubine.

Oui, un nouveau tome classique est sorti, dessiné par Bruno Di Sano, sur scénario de Mythic.

Rubine t.15 © Mythic/Di Sano aux Éditions du Tiroir

Puis, il y a un autre album, hors collection, réalisé par Nico, toujours sur scénario de Mythic. Ce sera Rubine dans les années 90, avant qu’elle ne devienne flic. Ce sont ses premières enquêtes.

Rubine – The 90’s © Mythic/Van De Walle
Rubine – The 90’s © Nico Van De Walle aux Éditions du Tiroir
Rubine – The 90’s © Mythic/Van De Walle
Rubine – The 90’s © Mythic/Van De Walle
Rubine – The 90’s © Mythic/Van De Walle
Rubine – The 90’s © Mythic/Van De Walle

Avec la possibilité d’une série?

Cela dépendra de la manière dont cet album est reçu par le public.

La suite dans l’évolution de votre structure.

Ça passera par une bonne représentation à la prochaine Foire du livre de Bruxelles. Nous aurons un stand avec de quoi attirer l’attention sur L’Heure H dont le premier album sera sorti et le Singleton. Nous essayerons d’avoir des conférences, nous voulons faire une grosse opération.

Qu’as-tu donc désormais comme scénario dans tes tiroirs? 

Je vais finir d’adapter Luc Dassault. Sinon, j’ai un scénario un peu dans la même veine que Lettres Mortes, une chronique familiale avec un petit suspense.

Merci Christian et longue vie au Tiroir! Pour se tenir au courant de la suite de vos aventures, rendez-vous sur votre page Facebook ou votre site internet.

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