Dans Adelin et Irina, les Amazones au pouvoir ne font pas mieux (mais pas moins bien) que les hommes, et c’est jubilatoire

Projet de couverture © Nico

Le chanteur Daran avait Augustin et Anita pour mettre un coup dans la fourmilière et l’ordre établi; l’auteur de BD Nico, lui, a Adelin et Irina pour se livrer à des épopées médiévales échappant au politiquement correct après avoir mis le règne des femmes bien en place. Quitte à ce qu’elles ne fassent pas mieux que les hommes. La preuve dans le tome 3 où les menaces viennent de partout.

© Nico aux Éditions du Tiroir
© Nico aux Éditions du Tiroir

Résumé de l’éditeur : Tout le monde se réjouit ! La capitale de l’empire des amazones frétille d’allégresse : c’est bientôt l’anniversaire de son altesse, l’Imperatrix, qui va fêter ses 11 ans, pour le plus grand plaisir de ses sujets. Mais tout le monde n’a pas l’esprit à la fête : des amazones contestataires, les abolitionnistes, entendent bien faire un sitting devant la demeure de la Princesse Irina pour dénoncer les conditions de vie déplorables des esclaves qui sont affectés au chantier interminable du nouveau palais impérial. De l’autre côté de l’échiquier politique, la sinistre baronne Ulcéra, écoeurée par le délitement des traditions, compte bien renverser le pouvoir en place pour instaurer un régime fort qui restaurera la grandeur conquérante de l’antiquité. Les esclaves, quant à eux, n’ont cure de toutes ces préoccupations intellectuelles : on leur a promis du poulet pour l’anniversaire de l’Imperatrix, et c’est tout ce qui compte. Mais ils vont être bien déçus…

© Nico

Après avoir autoproduit ses deux premiers albums de la série (aujourd’hui remastérisés), Nico a eu le bonheur de se faire éditer par les Éditions du Tiroir et d’en devenir l’un des animateurs impliqués (il a ainsi repris des mains d’André Taymans les aventures de Caroline Baldwin en version prequel) sans pour autant lâcher du lest sur la série qui lui tient à coeur, rocambolesque et pleine de ferveur pour mettre à rude épreuve ce « couple » de héros parmi les plus atypiques que la BD nous ait offert. Déjà, parce qu’ils n’en sont pas, des héros, et qu’ils laissent volontiers du temps d’écran (ou de cases) à d’autres personnages. Puis parce qu’ils ont un sens moral plus que douteux, pour notre plus grand plaisir.

© Nico
© Nico

Dans ce troisième tome, autoconclusif mais qui laissera sans doute des traces pour la suite, ça se tire dans les pattes à tout bout de champ au royaume des Amazones. Des Amazones dont le caractère a été trempé dans le grand bain médiéval-fantastique et teinté de multiples références. Sorcellerie et luttes intestines de toutes parts sont ainsi au rendez-vous de la Révolte des esclaves.

© Nico

Plus que jamais, les hommes auront peut-être leur mot à dire dans ce qu’on pourrait aussi appeler « la guerre du poulet ». Et, par un concours de circonstances, le sexe fort devenu faible (comme dans Mondo Reverso, dans un autre genre) pourrait bien recevoir l’aide inespérée d’éminences grises et de fer qui vont tenter le hold-up, le coup d’état pour amener l’obscurité au pouvoir. Quitte, pour cela, à utiliser une géante, un Golem. Pour préserver cette citadelle féminine mais pas forcément féministe, il ne faudra pas compter sur l’impératrix qui, du haut de ses 11 ans, ne résiste à aucun enfantillage, et c’est peut-être ça qui fâche !

© Nico

Au milieu de ce méli-mélo vociférant et prêt à faire couler le sang, par décapitation, éventration ou encore gorges tranchées, il ne vaut mieux pas être touriste… pourtant il y en a. Au milieu de ce festival de tenues hypersexuées, plus personne ne sait à quel sein se vouer, Adelin et Irina agissent en électrons libres, les flèches et les épées viennent de partout, et Nico s’amuse comme un fou, ménageant des surprises. Dont la plus grande est sans doute le fond, complètement irrévérencieux et refusant de se plier aux modes de pensée de notre époque : les abolitionnistes finissent au fond de la mer, les esclaves n’ont qu’à bien se tenir puisque certains sont condamnés à mort pour l’exemple… Et les méchantes putschistes, auxquelles le lecteur pourrait même donner raison, ne s’en sortent pas si mal.

© Nico
© Nico

Cousu dans le fun et le sexy, la violence et le cynisme, l’humour et les sautes d’humeur, Nico tient un raisonnement par l’absurde et bouscule la société trop policée, et finalement polissonne, dont certains rêvent en dénonçant à tout bout de champ ce qui ne leur plaît pas. Et ce à quoi les producteurs de divertissement tentent de s’absoudre, quitte à se dissoudre.

© Nico
© Nico aux Éditions du Tiroir

C’est pour ça que le spectacle offert par Nico, ne respectant rien mais respectant surtout le lecteur, qui est assez grand pour faire le choix du premier, du second ou du millième degré, est une bulle d’air, déjantée et bien amenée. Dans cet univers d’Amazones (toutes différentes et de tous les gabarits, ne s’interdisant pas d’être bêtes, rusées, illuminées, laides ou belles, plates ou poumonées, avec un nez gracieux ou un fameux tarin, sans forcément que les méchantes aient tous les défauts), c’est sacrément couillu de la part de l’auteur.

© Nico

© Nico

Un défouloir que vous pouvez cautionner et même encourage, un crowdfunding est encore disponible pour quelques jours à l’adresse suivante : https://fr.ulule.com/la-revolte-des-esclaves/

L’auteur a plein de projets qui seront très vites publiés au Éditions du Tiroir :

Le prequel de Caroline Baldwin, intitulé Portage:

Un nouvel univers, Les captives de l’armée rouge :

Et le quatrième tome d’Adelin et Irina, La cité pétrifiée :


Série : Adelin et Irina

Tome: 3 – La révolte des esclaves

Scénario, dessin et couleurs : Nico Van de Walle

Genre: Aventure, Fantasy, Humour

Éditions: Éditions du tiroir

Nbre de pages: 64

Prix: 16€

Date de sortie : le 11/02/2022

Extraits :

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