Des adaptations BD oui mais des polars #1 Nestor Burma dans le Paris souterrain, entre Moynot, Ravard et les rats de Montsouris

Caméléon et phasme à la fois, François Ravard est capable de tous les styles, de s’inscrire dans des couleurs de dessin très différentes. Héritier de Sempé, entre autres influences, le voilà en descendant de Tardi et d’Emmanuel Moynot qui cède le flambeau et chapeaute son poulain pour une nouvelle adaptation de Léo Malet et de son détective particulier, Nestor Burma. Le 14e arrondissement de Paris va se révéler riche en péripéties, en allers-retours, pour notre as de l’enquête dans le brouhaha parisien.

À lire aussi | Mais que fait la police ?! Elle investit le neuvième art #3 : les jolies femmes l’appellent Nestor

À lire aussi | Le premier Nestor Burma de Moynot reprend des couleurs: « J’étais là pour servir le roman, pas pour me faire plaisir à ses dépens »

À lire aussi | Nestor Burma, amour roux et ligne rouge pour quelques lingots de plus

À lire aussi | Nicolas Barral: « J’étais en pays connu dans le Quartier Latin de Nestor Burma »

© Moynot/Ravard

Résumé de l’éditeur : Paris, été 1955. Burma est engagé simultanément par deux clients résidant dans le 14e arrondissement. L’un, Ferrand, un ancien compagnon de captivité pendant la guerre, demande l’aide du détective pour une histoire de cambriolages en série. L’autre, un riche bourgeois du nom de Gaudebert, veut découvrir qui s’amuse à le faire chanter. À première vue, rien de commun à ces deux affaires. Pourtant, il n’y a pas de hasard et Dynamite Burma va vite découvrir qu’elles sont en fait liées toutes les deux à la tristement célèbre bande des Rats de Montsouris, un gang de cambrioleurs spécialisés dans les caves parisiennes.

© Moynot/Ravard
© Moynot/Ravard/De La Fuente chez Casterman

C’était il y a 65 ans seulement et c’était pourtant un tout autre monde. Sans nouvelles technologies, sans calcul ni gestion de risques que l’on soit bon ou mauvais. Ou entre les deux. Pour un mauvais coup ou pour les yeux doux, on y allait. Pour un peu d’argent et de confort, cela dit, aussi. Ainsi, sous une superbe couverture, comme dans un western, dans laquelle tout le monde se toise; se cache une enquête à double tranchant et à deux vitesses pour notre héros au flair intact. Entre le chantage d’un ancien notable et un ancien « serpent », compagnon d’infortune du Stalag XB, qui refait surface dans une drôle d’affaire qui peut rapporter gros, a priori, il n’y a aucun lien. Mais c’était sans compter une rousse moins incendiaire qu’incendiée, à l’eau de feu, plus bourrée que la pipe de notre Nestor, qui va précipiter les choses, entre scène de crime et cadavre le long des voies.

© Moynot/Ravard
© Moynot/Ravard

Dans sa fuite en avant, quitte à se faire passer à tabac, le limier va aussi être amené à remonter le temps, à tirer les indices dans la chronologie pour mieux évincer le mystère et les secrets et créer la surprise. D’un bout à l’autre de l’arrondissement, d’un café populaire à une bien belle (trop?) baraque. Tirant son épingle du jeu dans les rares planches qui lui laissent tout l’espace de s’exprimer (deux scènes cruciales dans le noir, éclairées à l’allumette ou la lampe à huile, d’une efficacité redoutable), François Ravard jongle parfaitement avec les textes et phylactères (toujours nombreux dans ce genre d’histoire, pour faire la part entre ce qui fait avancer les recherches ou les égare), suivant la ligne Tardi sans en être le faussaire.

L’un des premiers essais dans une fausse couverture © Ravard
Illustration © Ravard
© Moynot/Ravard/De La Fuente chez Casterman

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Couverture alternative © Ravard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le trait qu’on lui connaît habituellement © François Ravard

On sent sa patte, généreuse, et son humour, dans les expressions et la manière de camper les héros. Avec deux dessinateurs à la barre, Moynot et Ravard, la crème de la crème est réunie pour que cette nouvelle reprise démarre sur les chapeaux de roue. Du sur-mesure. Pan!

© Moynot/Ravard/De La Fuente chez Casterman

Série: Nestor Burma

Tome: 13 – Les rats de Montsouris

D’après le roman de Léo Malet

Scénario : Emmanuel Moynot

Dessin : François Ravard

Couleurs: Philippe de la Fuente

Genre: Polar

Éditeur: Casterman

Nbre de pages: 64

Prix: 16 €

Date de sortie: le 09/09/2020

Extraits: 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.