Mais que fait la police ?! Elle investit le neuvième art #3 : les jolies femmes l’appellent Nestor

Sorti plus vif que mort de la guerre et ses bombardements, Nestor Burma est tout de même toujours un peu pâlot. Pas de quoi ralentir la cadence et puisque les affaires reprennent, voilà le chef de l’agence Fiat Lux qui joint l’utile à l’agréable à Cannes, alors que se trame doucement mais sûrement le tout premier festival de cinéma qu’on ne présente plus, aujourd’hui. Sauf que, loin de Paris et des arrondissements qui lui sont chers, notre détective ne va pas franchement avoir le temps de prendre du bon temps sur la promenade des Anglais. Même sous d’autres lumières, le meurtre et la criminalité ne sont pas en vacances.

À lire aussi | Le premier Nestor Burma de Moynot reprend des couleurs: « J’étais là pour servir le roman, pas pour me faire plaisir à ses dépens »

À lire aussi | Nestor Burma, amour roux et ligne rouge pour quelques lingots de plus

À lire aussi | Nicolas Barral: « J’étais en pays connu dans le Quartier Latin de Nestor Burma »

À lire aussi | Emmanuel Moynot: « L’Original, c’est le constat de la fin du monde »

© Moynot/Quillec chez Casterman

Résumé de l’éditeur : Quand un aristo de province lui propose une simple surveillance, Burma n’hésite pas et saute dans le premier train. Faut dire que monsieur le comte réside à Cannes et qu’en cette fin d’été 1946, voilà une mission qui fleure bon le farniente…

© Moynot/Quillec chez Casterman

Le rendez-vous n’aura pas lieu. Pour la bonne et simple cause que le client est mort. Même si celui-ci, s’étant donné la mort – ça ne fait aucun doute -, a dédommagé généreusement Nestor Burma, croyez-vous que celui-ci va rentrer en vitesse à Paris ? Ou profiter de quelques vacances amplement méritées dans la perle des palaces ? S’il a retrouvé d’anciennes connaissances, Nestor va bien entendu s’adonner aux plaisirs du pastaga mais pas que… Aussi malmenée soit-il par les excès alcooliques, sa capacité à déceler des énigmes reste intacte et fait mouche.

© Moynot/Quillec chez Casterman

Comme si le mystère le suivait à la trace, Nestor Burma n’a pas son pareil pour importer de Paris à Cannes toute l’ambiance et les rencontres (parfois improbables, comme les auteurs Jean-Luc Cornette et Nicolas Barral, lui-même adaptateur de Nestor Burma dans Mic-mac au boul’mich, dans la peau, respectivement, d’un chauffeur de taxi – le seul de Cannes ? – et d’un docteur au coeur du mystère) qui font le sel de ses enquêtes, bien plus que le suspense à couper le souffle. Avec Nestor, c’est parfois brutal mais jamais expéditif… sans non plus être des enquêtes au long cours.

© Moynot/Quillec chez Casterman

Ça se joue parfois dans un mouchoir de poche mais toujours au-delà des apparences et des éléments trop élémentaires au soleil de Cannes (comme le titre de cet ouvrage qui reflète toute la facétie de Nestor face aux autorités qui n’auront de cesse de se demander : pourquoi un homme au sang bleu ?). Cannes où la fripouille ne court pas que sur la pellicule. Les malfrats, ce n’est pas du cinéma. Nestor en sera témoin dès son arrivée avant de se lancer à la poursuite, à tâtons, d’une bande de faux-monnayeurs qui semble faire son ménage.

© Moynot/Quillec chez Casterman

Une fois encore, Emmanuel Moynot est à la hauteur du héros de Léo Mallet. Loin de l’austérité et de l’obscurité de la ville pourtant lumière, l’auteur nous fait prendre nos quartiers d’été à Cannes, sous les lueurs de Chantal Quillec. Et, plus que jamais, c’est un festival… de gueules toujours très causantes qu’Emmanuel nous invite à rencontrer dans les pas et la fumée de la pipe de son héros. Un labyrinthe de potentiels coupables dont l’auteur négocie habilement les culs-de-sac et les égarements. Comme il y a (beaucoup) à lire, il y a à voir, ce qui prouve que cette adaptation à ses raisons d’être par rapport au roman et que Moynot, une nouvelle fois, survole les difficultés pour animer ce héros authentique et vintage (là où les éditions Pulp ont de le ranimer à notre époque, quelle drôle d’idée), fort sympathique.

© Moynot/Quillec chez Casterman
Série: Nestor Burma
D’après le roman de Léo Malet et l’univers de Jacques Tardi
Scénario et dessin: Emmanuel Moynot (Page Fb)
Couleurs: Chantal Quillec
Genre: Polar
Éditeur: Casterman
Nbre de pages: 76
Prix: 15€
Date de sortie: le 01/11/2017
Extraits:

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.