Héroïque et fin, Rubén Del Rincón: « Après la disparition de mes récents albums en librairie, un artbook comme lien avec les lecteurs »

Privé de l’éditeur français qui lui a donné l’occasion de se laisser aller dans diverses directions graphiques et expressives, Rubén Del Rincón a fouillé ses archives, ses travaux, publiés ou non, pour retrouver le lien avec le public, l’entretenir même en plein confinement. Cela donne un artbook coloré et explosif qui fait frétiller les pupilles. Interview avec un Espagnol qui n’a pas son crayon en poche, profitons-en pour visiter son artbook (avec quelques extraits) et sa carrière d’auteur de BD et d’illustrateur.

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© Rubén Del Rincón

Bonjour Rubén, comment allez-vous ? Comment avez-vous vécu le confinement ?

Bonjour à tous ! Depuis ce qui nous arrive, j’ai l’impression d’assister à la fin d’une époque… Le confinement,  je l’ai mal vécu comme tout le monde, mais j’ai espoir dans le futur!

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? Vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Je prépare une histoire que j’ai pensée il y a déjà quelques années déjà, avec un personnage principal féminin. Ce sera un peu dans la lignée d’Insoumises, mais cette fois sans partager le scénario. En solo.

Naturellement, en ce moment, comme votre artbook vient de paraître, vous avez beaucoup de dédicaces et commissions à réaliser. C’est un exercice qui vous plaît ?

Oui, ça me plaît toujours d’avoir du contact avec les lecteurs, et c’est amusant de réaliser les dédicaces qu’on me demande… des fois très originales ! En plus mon Artbook est une compilation des meilleurs travaux réalisés pendant ces 22 années de carrière. Alors plutôt qu’un artbook 2020, c’est un Artbook de ma carrière jusqu’en 2020.

El Boxeador © Rubén Del Rincón

Quelles sont les principales demandes, les héros qui reviennent ? Des personnages à vous ou ceux d’autres univers ? Des super-héros ?

En temps normal, si le lecteur est français, il souhaite plutôt des personnages à moi, à part quelques exceptions… mais si le lecteur est espagnol, il va plutôt vers des versions d’autres personnages.

Quelle est la demande la plus spéciale que vous ayez eue ?

Rien de vraiment bizarre, juste un personnage des X-Men.

Planche d’une histoire de X-Men © Rubén Del Rincón

Et vous, quel est votre personnage préféré ? Parmi ceux que vous avez créé ? Et dans l’imaginaire populaire ?

Pour le côté graphique, j’ai une préférence pour d’Artagnan. Mais pour l’aspect création complète: c’est Caridad, héroïne des Insoumises que je préfère. Pour le personnage populaire, je crois que c’est d’Artagnan aussi !

Les trois mousquetaires © Morvan/Dufranne/Del Rincón

Vous nous revenez donc avec un artbook compilant extraits, illustrations parues ou inédites, croquis, recherches… Mais, au fond, c’est quoi un bon artbook ? Qu’y met-on ? Et que n’y met-on pas ?

Bonne question… J’ai essayé de miser sur des critères de qualité des dessins. C’est vrai que quelques-uns dataient un peu déjà. Alors s’ils passent le test du temps, ils sont inclus, sinon, non. Pour moi, un artbook doit proposer des inédits, des illustrations couleur, des esquisses, des encrages, des projets non aboutis, des couvertures chouettes et des petits plaisirs inconfessables, disons des versions de personnages, genre fan-art. On n’y met pas des planches de BD déjà publiées dans des albums, par contre… même si je n’ai pas résister à la tentation de mettre une case de l’Ombre de l’Aigle !

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn aux Éditions du Long Bec

Un artbook, n’est-ce pas une exposition que tout le monde peut avoir chez soi et pour une durée illimitée ?

Oui aussi, surtout parce que c’est un tirage petit et limité, maquetté, imprimé, signé et envoyé par moi, juste pour le plaisir de montrer mes travaux au lecteur.

Du coup, avez-vous retravaillé certains dessins ?

Il y en a quelques-uns que j’ai retouchés. Toujours un peu puisque je me sentais trop tenté de recadrer ou de jouer un peu avec les couleurs, afin d’avoir une jolie mise en page.

Et la couverture, comment l’avez-vous composée ?

J’avais deux versions. Je voulais toujours mettre en valeur mes créations, et la dernière illustration était ma deuxième idée. Après l’avoir terminé, ma copine qui travaille aussi dans le monde de la BD, m’a guidé vers la première idée, plus classe et plus « Artbook ». En fait elle m’a aidé aussi à la mise en page et à avoir une logique et une bonne variété.

Recherche de couverture pour l’Artbook © Rubén Del Rincón
Couverture finale

Au fond, vous aussi vous collectionnez les artbooks ? Lesquels sont vos préférés ?

Non, j’avoue que non… Moi je suis plutôt lecteur. Mais j’en ai quelques-uns, bien sûr : Alex Toth, Max (dessinateur espagnol), Frazetta…

Si vous avez souvent dessiné les aventures de héros masculins (Les trois mousquetaires, Napoléon, Max, El Boxeador), les héroïnes ne sont jamais très loin. Votre artbook est une ode à la diversité des femmes. Dans tous les états, plus ou moins vêtues, rayonnantes ou revanchardes. Au fond, n’aimeriez-vous pas plus dessiner les femmes plutôt que les hommes ?

J’ai toujours eu une prédilection pour les personnages féminins. En fait, s’il y a une femme dans l’Ombre de l’Aigle, c’est parce que je l’y ai rajoutée, elle n’était pas dans le roman original.

© Arturo Perez-Reverte/Rubén Del Rincòn chez El Corte Ingles

Et c’est moi qui ait proposé les Insoumises à mon co-scénariste telles qu’elles sont. Nassao, quant à elle, était la vraie protagoniste d’un récit érotique où les femmes sont complètement maîtresses de leurs choix. Mon prochain projet personnel parle d’une femme aussi, dans sa jeunesse et sa maturité.

Nassao © Rubén Del Rincón

En tout cas, alors que certains dessinateurs ne savent pas se défaire d’un type d’héroïne, en faisant des clones ou des sœurs jumelles, vous vous n’avez aucun problème à les diversifier, c’est facile ?

J’essaie, mais je ne sais pas trop si j’arrive à y réussir… au lecteur de le dire ! Mais j’espère que oui, je vraiment fait de gros efforts pour que ce soit comme ça, et ce n’est pas facile. On a tendance à dessiner toujours notre stéréotype de femme encore et encore. C’est pour ça que j’aime bien les femmes de Blain, particulièrement dans Socrate le demi-chien, il les dessine toujours différentes.

Nassao © Rubén Del Rincón

Le temps de quelques albums de Nassao, vous avez aussi fait dans l’érotisme ? N’est-ce pas un genre compliqué, et dont il faut contourner les pièges pour y mettre un réel intérêt et ne pas montrer une succession de corps nus ? Comment vous y étiez-vous pris ?

Oui, certainement. Mais, moi, à l’époque, les BD érotiques était mes premières créations de BD et je mettais déjà tous mes efforts au scénario, pour qu’il corresponde à des personnages crédibles, et une histoire intéressante autour du sexe. J’ai essayé de maintenir cette idée tout le temps où je publiais dans le magazine Kiss Comix, qui a prépublié Nassao, et aussi Messalina (jamais publié en France). Ainsi que quelques histoires d’ « Aux Puces » non publiées en France non plus.

Mesalina © Rubén Del Rincón

Nassao, qu’est-ce que ça racontait ?

Cela racontait comment on peut essayer de faire du bien d’un côte et faire du mal de l’autre. Cela racontait qu’il faut prendre soin de notre terre et aussi que le sexe doit être libre, détendu, et qu’il faut le vivre avec humour !

Quelles sont vos références érotiques ? Vos albums ou œuvres préférées ? Pourquoi ?

Plutôt le manga, que je trouvais très imaginatif, bien écrit, hyper dynamique et excitant… Même si c’est vrai que contrairement aux femmes qui pleuraient ou avaient honte d’un rapport sexuel, souvent montrées dans ce genre; j’ai toujours voulu montrer dans mon érotisme la femme qui s’amuse, et qui est maîtresse de sa sexualité. Aussi, comment ne pas citer Manara, et Giovana Cassotto.

Artbook © Rubén Del Rincón

Au fil de vos albums, et cet artbook en témoigne, on sent aussi tout l’amour du combat : avec des épées, des poings et de la boxe ou des fusil. Vous aimez faire la bagarre ? L’action ?

J’aime l’action dans la vie, mais pas le conflit. Même si j’ai fait de la boxe, de l’escrime ancienne ou du parapente, c’était dans un environnement sûr. La bagarre, la guerre, représente tout ce que je déteste chez l’être humain… Je ne la veux que dans la fiction.

Jolin La Teigne © Morvan/Del Rincón/Loïs

Quels sont vos souvenirs de bataille mémorables, préférées ? Les duels qui vous ont marqué ?

Pour moi, c’était très fort de réaliser la scène des Insoumises quand elles se prennent les mains et s’enfuient ensemble. Je l’ai pensée pour l’utiliser plusieurs fois dans l’histoire et la montrer du point de vue de chacune d’entre elles. Et c’est ça qui est fort : le sentiment d’union entre elles pour échapper de la mort qui vient les attraper. Dans les Mousquetaires, par exemple, mon moment de pure aventure était ce voyage à cheval de Paris à Calais… Ce sont deux de mes planches favorites.

La guerre est donc présente dans votre oeuvre, malgré qu’elle vous répulse. Qu’elle soit napoléonienne ou sur le sol espagnol. Une passion pour l’Histoire ?

Plutôt pour les bonnes histoires, et malheureusement la guerre en est truffée !

Max © Rubén Del Rincón

Mais, si vos héros sont badass, bien bâtis, le contraste est bien là : votre trait voltige, il y a de la finesse. C’était réfléchi dès le départ ? Y’avait-il une volonté d’adoucir la violence, d’en faire un art plutôt qu’un spectacle ?

C’est possible ! Je déteste tant la violence qu’inconsciemment je la cache sûrement dès que je peux…

Au fil des pages de cet artbook, on trouve aussi des extraits de carnets de croquis. Notamment à Rio de Janeiro. Vous avez toujours un carnet sur vous ? Vous aimez croquer la vie qui défile sous vos yeux ?

Seulement quand je fais un de mes « mois de voyage », sinon je n’en réalise jamais…

Artbook © Rubén Del Rincón

Outre les albums que nous avons souvent chroniqués sur Branchés Culture, on prend ici connaissance de projets inédits. Comme Don Quichotte ? D’où sortent ces planches ? Quelle était l’histoire que vous souhaitiez raconter ? Pourquoi cela ne s’est-il pas fait ?

Don Quichotte était un jeu vidéo : un jeu de l’oie de Don Quichotte. J’ai ainsi réalisé 60 dessins, prêts pour créer une petite animation… Mais ça n’a jamais marché.  L’éditeur (une grande entreprise multinationale) a été rachetée et tout a changé… les nouveaux venus ont probablement oublié ce projet. Mais je garde l’espoir que l’éditeur le sorte un jour !

Don Quichotte © Rubén Del Rincón

Comment se réapproprie-t-on des personnages aussi identifiés dans l’imaginaire populaire. Dont tout le monde a une idée graphique ?

J’essaie de rester fidèle au personnage original… en restant fidèle à ce que lui m’inspire.

Autre projet, mêlant robots, reptiliens et héroïnes : Clandestins en collaboration avec Thierry Gloris ? Quel était ce délire ?

Un projet de série qui n’a pas abouti. Mais tu as bien résumé l’ambiance ! Au lecteur d’imaginer ce que ça aurait pu donner de nos mains !

Clandestins © Gloris/Del Rincón
Clandestins © Gloris/Del Rincón
Clandestins © Gloris/Del Rincón

Et Fist of Jesus, dont on voit une affiche (ou une couverture?), ça racontait quoi ?

Ça, ça existe ! C’est le court-métrage d’un ami, qui est connu dans le monde entier. Même un producteur américain était intéressé de produire un film ! Je vous invite à chercher sur Youtube « Fist of Jesus », si vous aimez l’humour noir et le gore sauvage !

Visage que je ne vous connaissais pas : l’anthropomorphisme. Vous aimez dessiner les animaux humanisés ? Vous avez déjà eu des projets les mettant en scène ? À quoi faut-il veiller quand on crée des anthropomorphes ? Pour que ça tienne la route ?

Moi je suis grand fan de d’Artagnan (la série animée incarnée par des chiens) depuis tout petit, et de Sherlock Holmes de Miyazaki, qui est un petit bijou de l’animation, du même niveau que Mononoke, pour moi.

Making-of Right Bros © Rubén Del Rincón
Making-of Right Bros © Rubén Del Rincón
Making-of Right Bros © Rubén Del Rincón
Right Bros © Rubén Del Rincón

Je suis aussi fan de Pau, un bon ami à moi, et de sa saga « Atlas y Axis ».Lui, moi et d’autres amis avions inventé, il y a quelques années, une ville anthropomorphe nommée Melon City, où se passeraient nos histoires. La mienne c’est Right Bros, pionniers de l’aviation. Pau a déjà sorti la sienne, « Curtiss Hilll » sur les pionniers des courses de voitures, qu’il a finalement publié lui-même… Un bijou ! J’espère qu’un éditeur en France se décidera à publier un jour ce récit !

Curtiss Hill © Pau
Curtiss Hill © Pau
Curtiss Hill © Pau

Autre héroïne : Jaq Pirate du Roi. Vous nous la présentez ?

Un autre projet qu’on avait avec mon ami Salva Rubio, et on espère qu’il aura sa chance un jour… L’idée était de faire une série inspirée d’une pirate qui a réellement existé, mais nous allons bouleverser un peu sa vie selon nos ambitions aventurières.

Artbook: Jaq © Rubio/Del Rincón

Quel projet regrettez-vous qu’il ne se soit pas concrétisé ?

Tous prennent tellement de travail que tous sont douloureux quand ils n’aboutissent pas !

Au fond, y’a-t-il plus de projets dans les tiroirs, non aboutis, que de projets réellement aboutis ?

Beaucoup plus ! J’avais même une adaptation d’Alatriste à faire, mais, finalement, ça n’a pas été possible…

Capitaine Alatriste © Rubén Del Rincón

On trouve aussi dans ces pages des Tortues Ninja, Batman ou encore King Kong. On sait que beaucoup d’Espagnols travaillent pour le monde des comics. Vous avez essayé de passer l’Atlantique pour travailler sur des comics ?

Oui, j’ai essayé, mais on me disait que j’avais un style trop européen, ou humoristique… Je ne suis pas doué  pour les super-héros…

Artbook © Rubén Del Rincón

Oh je ne dirais pas ça ! On voit d’ailleurs un autre super-héros, ce blond moustachu et sa cape rouge, auprès de trains. Un héros de votre cru ? 

Ce sont des personnages de la SNCF, et ils ne sont pas de moi, c’est juste une version que j’en ai faite… Sauf la fille, que j’ai mise un peu plus à mon goût… C’est pour des affiches de festivals.

Parce qu’à côté de votre travail d’auteur de BD, vous avez aussi pas mal travaillé pour des affiches. Du cinéma, du théâtre… C’est un exercice différent ? Comment construit-on une affiche ?

C’est plus compliqué parce qu’il y a beaucoup des gens qui donnent leur avis, même si ce n’est pas forcément le meilleur, c’est ce que le client désire… Comme c’est une commande, on est d’habitude moins fier du résultat. Dans l’artbook, une des deux affiches n’a été jamais acceptée, par exemple…

Campagne de communication © Rubén Del Rincón

J’ai cru voir que vous aviez également été acteur pour votre frère. Vous êtes tous artistes dans cette famille, que nous avons déjà suivie dans Cachemire ?

Mon frère navigue plutôt dans le monde de l’image et de la vidéo, et il est vraiment bon. Je lui ai prêté un peu de mon talent d’acteur pour tourner nos courts-métrages, juste pour nous amuser. C’est notre façon de jouer encore comme quand nous étions enfants, mais en faisant quelque chose d’adulte… une excuse pour rigoler !

Recherches pour l’affiche du court-métrage Last Man© Rubén Del Rincón
Illustration pour l’affiche du court-métrage Last Man© Rubén Del Rincón
affiche du court-métrage Last Man© Rubén Del Rincón

Vous avez aussi travaillé pour des illustrations de communication ? Comme quoi ? Avec des demandes spéciales ? Des défis ?

Pas trop, plutôt des storyboards, affiches… Mais rien que ne méritait un espace dans cet artbook.

La dernière fois, nous vous retrouvions aux Éditions du Long Bec. Un éditeur qui a dû déposer le bilan. C’est triste. Le monde de l’édition est difficile ? Vous aviez d’autres projets chez eux ?

J’avais deux projets approuvés, mais rien de signé officiellement… Malheureusement, avec sa fermeture, j’ai du me réinventer encore une fois, mais chaque fois c’est pour être un peu plus meilleur, grâce à ces défis !

Extraits d’une histoire de Superman © Cosnada/Del Rincón

Verra-t-on un jour la suite de Max ?

Pour l’instant, j’en doute… Sauf si quelqu’un reprend la publication des deux premiers, puisqu’il a disparu des librairies…

Max © Rubén Del Rincón

Autre chose à signaler ?

Pas vraiment ! Je voudrais juste remercier cet espace que vous me donnez pour mon Artbook. Après la faillite du Long Bec et la disparition de presque tous mes derniers albums des librairies, je me sentais un peu éloigné de mes lecteurs. Cette parution me permet de les sentir de l’autre côté. Merci à  tous les gens qui m’ont soutenu avec mon artbook, et toi en premier !

El Boxeador © Rubén Del Rincón

Merci Rubén et longue vie à vos aventures!

Titre : Artbook 2020

Artbook

Auteur : Rubén Del Rincón

Genre : Aventure, Drame, Érotisme, Guerre, Super-Héros

Auto-édition

Nbre de pages : 92

Date de sortie : Octobre 2020

Commande par MP à www.facebook.com/ruben.delrincon/

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