Les chansons sans domicile mais tellement habitées, habillées, de Stephan Eicher

Monsieur Stephan Eicher je me sens de vous prisonnier. De vous et de votre nouvel album. Cela fait tellement de temps que nous nous étions donné rendez-vous à la rivière qu’on appelle Musique mais que gâtent et gâchent parfois celles qu’on appelle les maisons de disques… Ainsi, cela faisait quatre ans que cet album était prêt. En tout ou en partie, du moins les maquettes. Cet album dormait et n’a pu que mûrir ses si beaux atouts et atours. Dépouillés aussi, car ce sont des Homeless Songs.

À lire aussi | Coup de gueule: Stephan Eicher privé depuis un an de la sortie de son nouvel album

À lire aussi | Stephan Eicher et Traktorkestar à Den Atelier : en fanf’Art et en joyeux chambard !

À lire aussi | Stephan Eicher und die automaten, machines qui rêvent et font rêver

Après le déferlement de paillettes, toute fanfare hurlante sur le précédent album, il y a quelques mois, une explosion de joie comme pour dire que les ennuis étaient loin derrière, c’est au tour des papillons de s’envoler. Dans le ventre et dans le dos, pour mieux nous porter.

Chance, quelques heures avant sa sortie officielle, j’ai eu la chance de l’écouter, cet album. Plutôt dix fois qu’une.

De ces 14 chansons qui forment une collection toute saison, le magicien Eicher avait dit qu’elles seraient courtes. Il a menti, à moitié. Certaines sont courtes, le désarmant Broken et ses 5 mots et 43 secondes, d’autres très longues (Niene Dehei, 6’10 » et même du vocoder tellement bien placé). Aucune n’est à jeter, tout est à adorer, à faire briller. Dans nos yeux, nos oreilles.

Que ce garçon (et ceux dont il s’entoure: Djian et Suter mais aussi Gallop et Ouwehand, sans oublier Miossec et Axelle Red qui font un canon sur le troublant La fête est finie) a du talent. Celui de ne jamais faire la même chose et de faire plus que chanter en français, bernois ou anglais. Chanter avec le coeur, les rires et les larmes, les peines et les joies, les harmonies sublimes et les tas de surprises et de nuances. Toujours plus à chaque album. C’est formidable, intense, incontournable. Eicher, cet orfèvre. Sous le regard, témoin, de Greta Garbo, dont le portrait, remodelé, torturé mais rendu immortel par Gregor Hildebrandt, orne la pochette.

Il y a fort à parier qu’en live, cet album sera joué comme une apothéose, une libération après les années de doutes. Ça tombe bien, Stephan passera le 9 décembre 2019 au Cirque Royal.

Artiste : Stephan Eicher

Titre : Homeless Songs

Nbre de titres : 14

Durée : 38 min

Date de sortie : le 20/09/2019

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.