Paperback #6 : Magnus, la fin d’un monde d’esclaves trop sages et une enquête psychologique sur le soulèvement des robots

Depuis un an, presque jour pour jour, les Éditions Casterman peuvent compter sur une collection de comics, brandie sous le label Paperback. Soit, littéralement, livre broché. Une collection ramenée principalement des États-Unis et qui fait la part belle aux expériences de science-fiction ou de fantasy, avec ce qu’il faut de robots, de créatures pouvant sortir directement du Seigneur des Anneaux, mais aussi des dinosaures et quelques autres réjouissances. Des séries ou des one-shots indépendants et jouant l’économie des intervenants (à l’opposé de ce qui se fait dans le monde des superhéros) avec, le plus souvent, un scénariste, un dessinateur et un coloriste quand le dessinateur ne fait pas ses couleurs lui-même. Et, de temps en temps, un lettreur. La diversité des comics s’implante en France grâce à pas mal de volontés (Kinaye, Snorgleux, Reflexions, Radiant) et Casterman entre dans la danse. Ouvrage par ouvrage, nous allons décortiquer cette nouvelle collection. Sixième arrêt: Magnus.

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Résumé de l’éditeur: Nous les avons conçus autonomes. À présent, ils réclament leur indépendance. Dans un avenir proche, des robots domestiques extrêmement perfectionnés peuplent notre quotidien. Mais cette sophistication n’est pas sans conséquence. Lorsqu’un majordome synthétique massacre son maître, expert en robotique, la police se tourne vers Kerri Magnus, une psychologue pour intelligences artificielles. Magnus possède un don unique : elle seule peut naviguer dans l’espace numérique dans lequel les IA se réfugient. Dans ce paradis artificiel, les robots peuvent rêver, se sentir libres l’espace d’un instant, vivre l’amour et se reproduire. Et gare aux humains qui menaceraient leur unique espace de liberté.

Quel est le meilleur moyen de faire du documentaire, de décrypter un monde, que de le faire par un genre qui aime gratter et recueillir des infos pour mieux résoudre des mystères: le polar. C’est la voie choisie par Kyle Higgins, Jorge Fornès et Chris O’Halloran même si c’est pour mieux nous faire pénétrer dans un Inception imaginaire dédié aux Intelligences Artificielles et de plus en plus prégnantes. Pour ressusciter, également, l’essence d’un vieux héros quinquagénaire qui a changé de sexe et troquer le métal pour la chair dans ce comeback inattendu : Magnus Robot Fighter.

Avec le charme et l’efficacité des grands anciens pour un sujet brûlant, Kyles Higgins, Jorge Fornés et Chris O’Halloran s’engouffrent dans le New York de 2050, c’est dire si ce n’est pas si loin et même très proche. Plus loin que le film L’homme bicentenaire qui a une place particulière dans mon coeur cinéphile. Au fil du temps et de leur asservissement (ultramoderne solitude et esclavage), les robots, quelle que soit leur forme (les progrès de la technique!) se sont rapprochés des humains, les ont (in)compris et peuvent un peu plus ressentir les émotions. Jusqu’à commettre l’irrémédiable et pousser chaque clan, humain ou robot, dans ses retranchements et exacerber les tensions et la violence. Et même le monde que les esclaves mécaniques se sont construits sera bientôt trop petit. This town isn’t big enough for both of us! Irréparablement, Frederick a tué la famille dont il était le majordome, il ne compte pas s’arrêter là et c’est la face de deux mondes qui va être changée. Pour l’enrayer, le seul salut est incarné par Kerri Magnus, psychologue au passé trouble et mystérieux qui peut circuler d’un monde à l’autre et sonder les humains comme les robots. Avec un pouvoir déflagrant, une tonne d’amis et autant d’ennemis.

Dans cette minisérie (qui pourrait appeler une suite, pas à l’ordre du jour) très incarnée et aux partis pris graphiques très forts, les auteurs avancent sur des versants glissants entre politique, psychologie et thriller d’anticipation. Tout se mêle dans cette histoire implacable où la machine est plus désespérée que l’homme et ça veut tout dire. L’album le plus impressionnant parmi la salve de cette première année. Un véritable coup de coeur.

Titre : Magnus

Récit complet

D’après le héros créé par Russ Mannings

Scénario : Kyle Higgins

Dessin : Jorge Fornés

Couleurs :Chris O’Halloran

Traducteur : Emmanuel Gros

Genre: Psychologique, Thriller

Éditeur: Casterman

Collection : Paperback

Éditeur VO : Dynamite

Nbre de pages: 144

Prix: 16€

Date de sortie: le 29/08/2018

Extraits : 

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