Paperback #5 : Au temps des reptiles et comme un dinosaure dans une jungle de porcelaine

Depuis un an, presque jour pour jour, les Éditions Casterman peuvent compter sur une collection de comics, brandie sous le label Paperback. Soit, littéralement, livre broché. Une collection ramenée principalement des États-Unis et qui fait la part belle aux expérience de science-fiction ou de fantasy, avec ce qu’il faut de robots, de créatures pouvant sortir directement du Seigneur des Anneaux, mais aussi des dinosaures et quelques autres réjouissances. Des séries ou des one-shots indépendants et jouant l’économie des intervenants (à l’opposé de ce qui se fait dans le monde des super-héros) avec, le plus souvent, un scénariste, un dessinateur et un coloriste quand le dessinateur ne fait pas ses couleurs lui-même. Et, de temps en temps, un lettreur. La diversité des comics s’implante en France grâce à pas mal de volontés (Kinaye, Snorgleux, Reflexions, Radiant) et Casterman entre dans la danse. Ouvrage par ouvrage, nous allons décortiquer cette nouvelle collection. Cinquième arrêt: Au temps des reptiles.

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Résumé de l’éditeur: Dans une nature sans paroles, il n’y a ni bien ni mal. Seulement la survie.
Ils ont régné sur la terre, dans les eaux, et dans les airs durant des millions d’années. Depuis la découverte des premiers fossiles, ils ont enflammé notre imaginaire. Parmi ces fous de dinosaures, on compte Ricardo Delgado, artiste et storyboarder de génie. Grâce à l’inspiration cinématographique et à la passion méticuleuse d’un maître graphique, découvrez la sauvagerie, la cruauté, et la beauté des créatures qui ont peuplé l’Afrique à l’ère du crétacé. Sans dialogues, sans un mot, Ricardo Delgado raconte les dinosaures.

Paperback, c’est pas du Disney, pas du Spielberg non plus. La preuve en est avec l’album le plus incatalogable de cette sélection, comme en relief d’une époque révolue, sans le son mais avec l’image qui fait l’équivalent du Dolby Stéréo.

Plus que le cinéma, Au temps des reptiles prouve à quel point la BD peut être immersive. Et, sur un coup de pouce du dessinateur, peut donner tous les pouvoirs au lecteur. Comme dans un magasin de jouets terrifiants mais fascinants. C’est le lecteur, ici, qui anime ces monstres. Sans pour autant s’identifier à ces dinosaures. C’est peut-être là que le bât blesse. Si l’homme est un loup pour l’homme, n’exagérons pas, il n’est pas un tyrannosaure pour l’homme ! Quoique…

Toujours est-il que ces grosses bêtes de la Préhistoire ne vivaient pas d’amour et d’eau fraîche. Et qu’ici, il n’y a pas de place pour l’âme, juste pour l’instinct de survie, froid, reptilien. Celui qui tue Arlo sans pitié, Denver aussi. C’est cru et vorace, comme histoire. Dans les eaux, sur la terre, dans les airs; en collectif ou en solitaire. De titans en tyrans, dans ce western naturel, déjà crépusculaire, Ricardo Delgado réussit, comme Mathieu Burniat récemment, à mettre des mots graphiques sur le silence, à lancer le cri de l’extinction lente, irrémédiable, mais captivante.

Titre : Au temps des reptiles

Récit complet

Scénario et dessin : Ricardo Delgado

Couleurs : Ryan Hill

Genre: Animaux, Aventure, Muet

Éditeur: Casterman

Collection : Paperback

Éditeur VO : Dark Horse Comics

Nbre de pages: 136

Prix: 16€

Date de sortie: le 02/05/2018

Extraits : 

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