Glacé en BD : hypocondrie, hypothermie, paranoïa dans un coin des Pyrénées qui n’a rien d’une carte postale… sauf pour les psychopathes

© Thirault/Mig

Après avoir adapté Thilliez (qu’il a depuis laissé aux mains du tandem Runberg-Brahy, aussi chez Philéas), Mig passe à Minier, et Philéas continue de diversifier les enquêtes et les auteurs adaptés. Bien sûr, il n’y en a pas que pour des polars et les chasses aux serial-killers mais force est de constater que, comme on le voit dans le genre surexploité par les séries du petit écran, ça reste un fer-de-lance et – si les protagonistes sont charismatiques (ou du moins ont un truc, qui cloche parfois) et que la sauce prend – la promesse d’une série foisonnante.

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© Thirault/Mig chez Philéas

Résumé de l’éditeur pour Glacé : Dans une vallée encaissée des Pyrénées, au petit matin d’une journée glaciale de décembre, les ouvriers d’une centrale hydroélectrique découvrent le corps sans tête d’un cheval, accroché à la falaise. Ce même jour une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée quand l’ADN d’un des détenus les plus notoires de l’asile, Julian Hirtmann, accusé d’avoir tué et violé plusieurs femmes, est retrouvé sur le corps du cheval… et quelques jours plus tard, le premier meurtre a lieu. Une histoire sombre de folie et de revanche semble alors se dérouler. Le commandant Martin Servaz, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier l’enquête la plus étrange de toute sa carrière. Aidé par la capitaine de la gendarmerie Irène Ziegler, il doit utiliser toutes leurs compétences pour résoudre ce mystère et mettre fin aux agissements d’un des criminels les plus diaboliques qui soit.

© Thirault/Mig

Je n’ai pas lu les romans de Bernard Minier mais, évidemment, j’ai lu à quel point notre chroniqueuse Marie-Sophie avait été emballée par sa rencontre avec le commandant Martin Servaz, autre limier avec des failles qui risquent bien de le mener à sa perte plutôt qu’à la résolution du mystère. Il est fini le temps des enquêteurs blindés, indestructibles, et c’est tant mieux. Donc voilà, pour sauver des vies et arrêter le diable, il ne faut pas avoir trop peur de la mort. Encore plus dans un univers hostile comme ce mont des Pyrénées où l’on ne vous conseille pas de passer vos vacances de ski.

© Thirault/Mig chez Philéas
© Thirault/Mig chez Philéas

Dans cette autre mystère d’une chambre d’asile bien grise, il y a une bombe à retardement. Arrêter un criminel en libérera sans doute un autre, comme les erreurs de jeunesse et les drames du passé peuvent générer après coup une envie de vengeance saignante. Et Martin Servaz qui ne voulait pas mettre ses pieds dans cette vallée… Il va être servi.

© Thirault/Mig chez Philéas
© Thirault/Mig chez Philéas

La personnalité de ce personnage qui a la tête en micmac se révèle par petites couches de poudreuse (on le connaîtra sans doute plus si cette neige n’est pas son linceul) au coeur d’une drôle d’enquête qui amène les frissons et les sensations fortes (une fameuse scène de téléphérique, où l’on n’a pas envie de se retrouver comme Jean-Claude Duss. Sans avoir lu le matériau de base, j’ai passé un bon moment dans cette adaptation réalisée par Philippe Thirault et Mig, à l’économie de couleur, jouant de sépia mais aussi de bords noirs qui réussissent à nous retenir dans cette énigme qui semble intangible. L’esthétique de Mig lorgnant vers le manga peut déstabiliser au premier abord, mais se révèle diablement efficace.

© Thirault/Mig chez Philéas

Voilà un album à lire au coin du feu, en une journée pas trop sombre. Car les regards sont froids, les scènes criminelles font claquer les dents. Et l’argent ne protège de rien.

© Thirault/Mig chez Philéas

À lire chez Philéas.

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