Michel Bussi et le Neuvième art sont loin d’être incompatibles, aussi vrai qu’on peut… Mourir sur Seine

Michel Bussi en BD, acte 1 ! Car si les Éditions Dupuis ont royalement lancé leur adaptation des Nymphéas noirs par Duval et Cassegrain, les premiers à s’y mettre étaient les Éditions Petit à Petit avec Gaët’s et Salvo. Chapeau la pas si petite maison d’édition qui offrait une première preuve que Michel Bussi (dont l’oeuvre fait l’objet d’une vague d’adaptations télé, également) et le Neuvième Art n’étaient pas incompatibles, loin de là. 

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© Gaët’s/Salvo chez Petit à Petit

Résumé de l’éditeur: Un meurtre… huit millions de témoins. Sixième jour de l’Armada 2008. Un marin est retrouvé poignardé au beau milieu des quais de Rouen ! Quel tueur invisible a pu commettre ce crime impossible ? Quel étrange pacte semble lier des matelots du monde entier ? De quels trésors enfouis dans les méandres de la Seine sont-ils à la recherche ?

© Gaët’s/Salvo chez Petit à Petit

Mourir sur Seine, à un homophone près, même Dalida n’en voudrait pas. Ça fait les affaires de Michel Bussi qui en a fait un bon polar parmi ses tout premiers romans qu’aujourd’hui Gaet’s (encore lui) et Salvo adaptent pour plonger entre Le Havre et Rouen en poussant une pointe jusqu’à Verdun et les Marais Vernier. Une plongée criminelle mais aussi historique, ne négligeant pas l’aspect documentaire que le géographe-écrivain sait si bien distiller dans ces écrits. Mais pas de quoi détourner non plus une enquête âpre et trouble. Si la Seine était claire, ça se saurait.

© Gaët’s/Salvo chez Petit à Petit

Il y a des endroits où il vaut parfois mieux ne pas être aussi bucoliques et automnaux soient-ils, des promenades familiales qu’il vaudrait mieux éviter… mais on ne peut pas tout prévoir et le hasard fait mal les choses, met les gens au mauvais endroit au mauvais moment. Muriel va en faire, sans avoir le temps de s’en rendre compte, les frais. Victime collatérale (?) d’un faux accident de chasse. Vingt-cinq années plus tard, la France a retrouvé le soleil, chassant le vent d’octobre pour fêter les marins de l’Armada; ce grand rassemblement de voilier tant prisé par les Rouennais. On ne sait pas s’ils ont passé 35 jours sans voir la terre mais pull rayé et plus ou moins rasés, ils viennent de débarquer et font le show. Un show très vite endeuillé par la mort de l’un d’eux, le turbulent et acrobatique Carlos Jesus du bâteau Cuauhtemoc. Et c’est tout un petit monde qui est mouillé dans ce dernier plouf. Faudra-t-il tamiser la Seine pour arriver au fin mot de l’histoire ?

© Gaët’s/Salvo chez Petit à Petit

L’écriture de Bussi transperce cet histoire séquencée en deux albums, son habileté à mener suspense de fiction et information de fond de front. En gardant un chapitrage, amenant à chaque étape un contexte historique et culturel, les auteurs font le bon choix sans que leur histoire dessinée en soit victime. Au contraire de certains acteurs de cette enquête, l’histoire originale n’est pas poignardée par ses adaptateurs du Neuvième Art et gagne dans l’affaire un côté décalé.

© Gaët’s/Salvo chez Petit à Petit

En effet, le dessin et les couleurs de Salvo évitent l’ultra-réalisme pour opter pour un surréalisme assez surprenant, un peu daté et dans des atours plutôt « jeunesse », naïfs. Peut-être un peu trop, au début, que pour avoir les deux pieds dans le polar et ses ambiances crues et acérées. Un pied est ailleurs, dans une certaine bonhomie souriante. C’est curieux. Il faut s’y faire mais certaines scènes comme la fiesta à la Cantina ou ce départ empressé d’un curieux motard sous la pluie sont très réussies et habitées. Et quand ce premier tome se referme sur un « Bienvenue en enfer », on ne demande qu’à voir la suite, d’autant qu’on est bien incapable de trouver la clé à cette histoire.

Titre : Mourir sur Seine

Tome : 1/2

D’après le roman de Michel Bussi

Scénario : Gaët’s

Dessin et couleurs : Salvo

Genre : Polar

Éditeur : Petit à petit

Nbre de pages : 80

Prix : 15,07€

Date de sortie : le 05/10/2018

Extraits : 

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