Dans N.É.O., une poignée d’enfants a survécu: L’Hermenier et Djet adaptent le Bussi de Notre-Dame et d’un Paris futuriste, sur lequel la jungle a repris ses droits,

Michel Bussi sur tous les fronts. Vous le savez, nos chroniqueurs, Marie-Sophie et Pascal ne sont jamais avares de partages concernant le géographe à l’imagination fertile et plébiscitée par le public comme la critique. En octobre dernier, après avoir été aux commandes de quelques livres illustrés pour la jeunesse, le romancier best-seller relevait un double-challenge : initier le début d’une saga tout en s’adressant plus spécifiquement au public jeunesse, adolescent. Quelques mois plus tard, voilà que déboule l’adaptation BD de cette oeuvre futuriste cultivant pourtant le retour en arrière avec, comme héros, uniquement des enfants. Maxe L’Hermenier et Djet sont à la manœuvre.

Résumé de l’éditeur : Dans un monde où les adultes ont disparu, il existe deux refuges pour les deux bandes rivales qui ont survécu au cataclysme : le tipi et le château. Les uns chassent pour se nourrir, les autres vivent reclus et protégés. Bientôt, une étrange maladie fait peser un risque de famine sur le clan du tipi, le privant de ses proies. Et si ceux du château étaient à l’origine de cet empoisonnement ? L’heure de la confrontation est venue : la guerre entre les deux tribus peut-elle encore être évitée, alors que la nature est plus menacée que jamais ? Zyzo, l’espion au grand coeur du tipi, et Alixe, la reine du château, sauront-ils unir leurs forces pour déjouer les mystères, les intrigues et les trahisons ?

Paris est un village, vous n’allez pas le reconnaître. Si Notre-Dame est toujours debout, la nature a partout repris ses droits. Le temps a passé, l’humanité s’est éteinte. Toute, non, une petite partie survit encore et toujours en devant tout apprendre. Il reste sur ces quelques arrondissements, quelques kilomètres carrés, une poignée d’enfants. Tous ont le même âge à peu de chose près. Leurs frères et soeurs, leurs parents ont succombé à la maladie.

© L’Hermenier/Djet/El Parada chez Jungle

Seuls les foetus, protégé dans le ventre de leurs mères ont eu la vie sauve une fois qu’ils ont vu le jour. Leurs premiers mois ont bien été encadrés par les derniers adultes survivants avant que ces enfants du second et peut-être dernier souffle ne soient livrés à eux-mêmes. Pour certains, une mère par procuration, Marie-Lune a laissé un programme de vidéos diffusées parcimonieusement aux moments qu’elle croyait importants. Pour d’autres, il a tout fallu recréer, survivre à la sauvage.

© L’Hermenier/Djet/El Parada chez Jungle

En effet, pour une raison qu’il reste à éclaircir, deux camps ont polarisé ce monde d’après pas si apocalyptique jusque-là. Deux camps bâtis en opposition l’un de l’autre. Il y a le Tipi, la tour Eiffel, et le Château, Le Louvre, témoin de la grandeur de l’Histoire humaine et des arts. Les premiers vivent comme des hommes préhisto, chasseurs-cueilleurs, à l’abri des progrès technologiques, tandis que les seconds n’ont pas tout perdu et passent leurs jours moyenâgeusement: ils ont toujours l’électricité, des écrans, leur accordant un certain confort et une certaine innocence. Le pouvoir qui régit le Château se gagne par la compétition et des jeux d’enfants. Oh, a priori, l’entente et même l’alliance pourraient être concevables entre les deux quartiers, mais il y a là quelques prédicateurs, voulant susciter la mésentente, le fossé si pas la guerre, le sang et un peu plus de mort. Quitte même, à envoyer un espion, Zyzo, au coeur du monde des autres.

© L’Hermenier/Djet/El Parada chez Jungle

C’est un premier tome généreux, de 68 planches, que Maxe L’Hermenier et Djet initient cette grande aventure futuriste grandeur parisienne et pourtant nature. Déjà rodés à l’exercice de l’adaptation (ils ont tous deux signé La rivière à l’envers d’après Jean-Claude Mourlevat et Maxe L’Hermenier est devenu le spécialiste passeur du roman jeunesse à la BD chez Ankama, Glénat, Bamboo et désormais chez Jungle), les deux auteurs trouvent dans les écrits de Michel Bussi (lui aussi fort apprécié en BD comme à l’écran) un univers fort graphiquement: un Paris qui a bien changé et qui, en l’absence du tyran humain et de son béton, a vu la forêt reprendre ses droits. Ses animaux plus ou moins sauvages, aussi. D’ailleurs, il se murmure qu’une créature mi-homme mi-bête hante les bois. Il y a bien des mystères déjà dans ce décor crédible où il n’y a d’ingrédient fantastique que cette course vers le déclin qui anime toujours l’homme moderne, pas prêt à entendre les avertissements de sa Terre.

© L’Hermenier/Djet/El Parada chez Jungle

Peut-être s’aventurera-t-on ailleurs que Paris mais ce premier album fait la part belle à cette ville plus que jamais lumière et verdoyante dans laquelle se meuvent deux systèmes de survie. L’écrin semble réduit pourtant la réinvention de la ville par Bussi permet à Djet (créateur magistral notamment sur la série Croquemitaines) d’assurer le spectacle autant que la contemplation dans ce récit bourré d’action et de retournements de situation. Car si tout semble facile et naïf pour nouer le premier contact entre les deux bandes rivales, Bussi et donc L’Hermenier ne font que tendre un piège pour mieux surprendre leurs lecteurs. Travaillant la psychologie, le Normand puis le Nordiste n’ont pas pensé une histoire de gamins écrite par des adultes. Non, ils ont vraiment laissé l’aventure, ses élans et ses tensions être menés par ces gosses en perte de repères, sans aucun grand pour leur dire quoi faire (même s’ils essayent de s’y substituer), ainsi que leur croyance, leurs doutes, leurs instincts, leurs rêves et leurs cauchemars, leurs peurs et leurs forces. Chacun est différent dans cette communauté scindée et les interactions ne peuvent que mener sur des déroulements surprenants.

© L’Hermenier/Djet/El Parada chez Jungle

L’action mais aussi nombre de dialogues, prouvant que cet univers est bien posé et que ce sont ceux qui le vivent qui en parlent le mieux pour exprimer sa complexité, sont dispatchés entre les multiples protagonistes qui gravitent autour des deux héros principaux: Zyzo et Alixe. Voilà des débuts riches, menés quasiment en parallèle de la sortie des romans, pour une série qui commence de fort belle manière, dynamique et enlevée, mystérieuse et tiraillée entre les intérêts de chacun. Le dysfonctionnement du système solaire et sommaire qui protégeait ce petit peuple jusque-là comme l’arrivée d’une nouvelle maladie qui décime les animaux et menace donc les humains ne vont pas arranger les choses. Aussi excitant qu’inquiétant.

© L’Hermenier/Djet/El Parada chez Jungle

L’aventure BD de Michel Bussi ne s’arrête pas là. Alors qu’il a déjà donné lieu à des adaptations de Mourir sur Seine, Nymphéas noirs et Gravé dans le sable, voilà qu’Un avion sans elle, déjà adapté pour la télévision, pointe le bout de son nez chez Glénat. Fred Duval (déjà scénariste pour Nymphéas noirs) s’est associé à Nicolaï Pinheiro pour mettre en images ce polar sur fond de drame familial. Résumé : Crédule Grand-Duc veut mourir. L’enquête de sa vie a échoué… Depuis dix-huit ans, il cherche l’identité de Lylie, la miraculée du mont Terrible, une petite fille rescapée du crash du vol Istanbul-Paris survenu le 23 décembre 1980. Car deux bébés étaient à bord ! Les Carville et les Vitral, deux familles que tout oppose — les Carville, issus de la haute bourgeoisie industrielle française, et les Vitral, vendeurs de frites sur la côte normande — se disputent celle que la presse ne tarde pas à surnommer « Libellule ». La justice finit par confier l’éducation de Lylie aux modestes Vitral. Engagé par les Carville, le détective s’est lancé dans un périple de dix-huit ans d’interrogations, d’hypothèses, de coups tordus et d’échecs… Et puis… alors qu’il va presser la détente, Crédule observe une dernière fois la une du journal de l’époque… Soudain, tout est clair… 176 pages à paraître le 26 mai. Aussi dans un tirage limité.

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Série : N.É.O.

Tome : 1 – La chute du soleil de fer

D’après le roman de Michel Bussi

Scénario : Maxe L’Hermenier

Dessin : Djet

Couleurs : Diego El Parada

Genre : Anticipation, Drame, Jeunesse

Éditeur : Jungle

Nbre de pages : 68

Prix : 14,95€

Date de sortie : le 29/04/2021

Extraits : 

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