La maison Winchester a croisé les portoloin d’Harry Potter, pour faire vivre les rêves et non les vocations ordonnées par les parents

Comme un arbre dans la ville, Max Baslavsky a planté dans l’univers urbain une drôle de maison, fantastique dans tous les sens du terme. Aux côtés des buildings et des grands axes, la maison dessinée par l’architecte (malgré lui) Georges-Edmond D’Eyquerre. Disparu après cet étrange fait d’arme… ou plutôt de crayon. Et d’équerre, cette drôle de bâtisse, semblant venue de la campagne pour passer ses vacances en ville, ne l’était pas du tout. D’autant plus qu’entre ses murs, il y a un espace imaginable de dépaysement et d’imagination. Chaque jour est différent quand on habite là, et chaque nuit un peu plus perturbée.

© Braslavsky chez Delcourt
© Braslavsky chez Delcourt

Résumé de l’éditeur : Dans la ville, ce n’était pas une construction ordinaire. Trop grande pour être un pavillon, trop petite pour être un immeuble. On avait fini par l’appeler « La maison » et cette dernière avait un secret : elle rêvait ! Aucune fenêtre ne s’alignait sur l’autre et on eut été bien en peine d’en compter les étages. Une seule chose était sûre : des gens y habitaient. Mesdames Judith Pinson et Anne-Marie Fauvette, des commères de première, ressentaient chaque nuit des choses, entendaient des bruits. Ce qu’elles ne savaient pas, c’est qu’une fois toutes les lumières éteintes, la maison s’endormait et elle rêvait…

© Braslavsky chez Delcourt

En plus merveilleuse qu’horrifique, elle ressemble à la Maison Winchester (à découvrir ici ou ), cette drôle de bicoque qu’a construite à la force de sa créativité et de son huile de coude Max Braslavsky. En effet, ne fût-ce qu’en apparence extérieure, on y voit des balcons se transformer en escaliers ne menant à rien, des fenêtres non alignées. Et à l’intérieur, pour peu qu’on en ait percé tous les secrets, il y a un fatras d’anomalies : des portes au plafond, des couloirs sans issue, des paliers qui se marchent de dessus. Rien à faire, dans cette demeure irrécupérable, son créateur ne devait pas être à son affaire, distrait et rêveur. Au point de laisser cette dernière qualité contaminer les plans puis les briques et les parquets de ce logis. Et c’est l’histoire que Baslavsky nous conte dans un album entre deux eaux : album jeunesse et BD. Et même décor de jeu de société. Avec de grandes illustrations, beaucoup de récitatifs et de temps à autre des dialogues. Mais les personnages n’y ont rien perdu, ils sont hauts en couleur.

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Si ce n’est peut-être le fameux architecte, Georges-Edmond D’Eyquerre, un peu éteint tant son destin est contrarié par son bâtisseur de père qui le force à prendre sa relève. Mais GE veut voyager. Et c’est ce qui a forgé le caractère de sa seule et unique oeuvre qui fait cauchemarder les locataires.

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Dans ce petit conte de la vie réelle qui bascule dans l’irréel, on sent toute l’envie de Baslavsky de nous offrir un beau et court récit. Mais, peut-être, s’est-il emballé sur son sujet tant il le mine de répétitions, livrant dans plusieurs parties de son album sa maison à des excursions impromptues, d’une page à l’autre, dans le désert ou à la montagne, sous l’océan ou en haut d’un arbre. En un clin d’oeil, de quoi réveiller et chatouiller les références des récits d’aventure passés à la postérité, de Tarzan au Capitaine Némo, dans un esprit contemplatif et sans méchant. L’idée originale et très chouette quand on la voit mise en image manque finalement de fond dans l’esprit de l’auteur. On aurait pu aller plus loin. Osons même dire que le concept était fabuleux pour concevoir une saga au long cours.

© Braslavsky chez Delcourt

Voilà néanmoins un petit album tout à fait convenable comme histoire avant d’aller au lit puis pour nous dépayser en ces temps confinés. De moins en moins, heureusement.

© Braslavsky chez Delcourt

Titre : La maison qui rêvait

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Max Baslavsky

Genre : Fantastique, Jeunesse, Onirique

Éditeur : Delcourt

Nbre de pages : 56

Prix : 13,50€

Date de sortie : le 17/02/2021

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