Des polars au coin du feu et au creux des cases de BD #1 : RIP, une enquête fascinante, du trash qui tache, une intrigue qui fait mouche…s

En BD, comme au cinéma, les genres passent, se chassent et reviennent à la charge. Les valeurs sûres ne sont pas légions mais le polar met tout le monde d’accord, toujours aussi prisé dans les récits de fiction qui entendent donner au lecteur des sensations fortes et glaçantes. Cette fin d’année ne fait pas exception et à l’heure où les poêles sont rallumés et les cheminées font des signaux de fumée, voilà quelques histoires à lire confortablement installé mais sans négliger son esprit affûté. Et comme le monde du polar est généreux et touffu, il y en aura pour tous les goûts. On commence en force avec le premier tome d’une série ambitieuse et qui donne un peu plus de galon à un éditeur qui, Petit à petit, à de la suite royale dans les idées.

Résumé de l’éditeur : Des gens meurent parfois dans l’indifférence générale. Ces gens qui n’ont pas de famille, pas d’entourage, pas d’ami. Ils vont parfois rester longtemps chez eux avant qu’on ne les découvre. Heureusement, la société qui emploie Derrick et ses collègues est chargée de faire le ménage avant que toute la famille ne défile. Ce qu’ils découvrent n’est pas toujours beau à voir…

© Gaet’s/Monier chez Petit à Petit
© Gaet’s/Monier chez Petit à Petit

Oh oh oh, on se calme, laissez la tapette à mouches là où elle est : a priori l’atmosphère pestilentielle qui baigne ce premier tome au nom formidablement choisi et surréaliste (Je ne survivrai pas à la mort) ne devrait pas s’étendre à votre salon… sauf si vous mourez d’envie, à la fin, de découvrir la suite. RIP nous explose à gueule, nous dégomme toutes nos idées préconçues pour varier les plaisirs autour d’une idée brillante, de génie née dans l’esprit farceur et fauteur de troubles de Gaet’s, pilier de Petit à Petit, qui s’évade un peu plus des chansons illustrées en BD pour trouver sa voie dans un monde pas banal pour un sou… mais pour un bijou, par contre.

© Gaet’s/Monier chez Petit à Petit

Et tant qu’à jouer les orfèvres, autant le faire à deux et c’est avec Julien Monier que Gaet’s pénètre un univers qui pue le polar et l’énergie du désespoir à plein nez. Pour l’incarner, le duo a choisi Derrick. Pas le nazi du petit écran qui essaie de se faire plus propret qu’il ne l’est, hein ! Non, une espèce de hipster raté qui porte la casquette et compte ses chicots comme autant de témoins de sa vie de merde. Oh, mieux vaut ça qu’une mort de merde, vous savez. Et des cadavres, Derrick s’en est fait des amis.

© Gaet’s/Monier chez Petit à Petit

Avec une poignée de collègues qui n’ont plus rien à perdre pourvu qu’ils gagnent un brin leur vie, notre héros nettoie les scènes morbides, dans des domiciles oubliés où vivaient des personnes déjà mortes depuis longtemps aux yeux de la société. Éboueur, ça paie bien, paraît-il; nettoyeur… c’est pas la gloire… D’autant que s’ils trouvent des trésors sous les lits des dépouilles, nos effaceurs n’ont absolument aucun droit d’y toucher, encore moins de les empocher. Pourtant, c’est tentant.

© Gaet’s/Monier chez Petit à Petit

En 110 planches, chapitrées de manière imparable, les deux auteurs envoient du pâté et organisent notre rencontre avec Eugène, Albert, Mike ou encore Maurice, les membres de cette équipe qui a toutes les chances de paraître sinistre. Pourtant, le dessin de Julien Monier leur conserve leur capitale sympathie avec quelques séquences trash qui tachent et font mouche mais aussi un trait caricatural et torturé qui fait de ce premier opus un album convenant à un public aussi barge que large.

© Gaet’s/Monier chez Petit à Petit

Car il faut être un peu fêlé pour s’aventurer là-dedans, dans la rage et le désespoir qui rendent inhumains et pourtant si humains. Derrick, c’est un opus d’ouverture incroyable par ses rebondissements, des bonnes idées graphiques (Mickey badass qui se promène s’est un sacrée scène de crime, c’est notre plaisir coupable ultime) et sa justesse de ton décalé, qui ouvre la voie à une suite prometteuse.

© Gaet’s/Monier chez Petit à Petit

Oui, c’est la surprise, RIP est une série d’anthologie et chorale dont tous les tomes devraient pouvoir se lire indépendamment mais dont la somme donnera une hexalogie anthologique. On le souhaite et on y croit, c’est glauque, ça poutre et ça nous rend inconditionnels. Une sacrée découverte qui, en bonus, nous a donné la formidable envie de lire le reste de la bibliographie de Julien Monier, un as sorti, pour nous, de l’anonymat avec l’art, la manière et sans faire dans le détail.

© Monier
© Monier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Série : RIP

Tome : 1 – Je ne survivrai pas à la mort

Scénario  : Gaet’s

Dessin et couleurs : Julien Monier

Genre: Polar

Éditeur: Petit à Petit

Nbre de pages: 92

Prix: 16,02€

Date de sortie: le 14/09/2018

Extraits : 

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