Humans or Robots after all? La BD laisse la question en suspens mais propose différentes pistes #1 : Malcolm Max 2 & 3

Bien sûr, il y a les zombies, les super-héros et quelques autres créatures qui restent des valeurs sûres de la culture populaire, mais les robots aussi tiennent le haut du pavé. Tout en traînant, malgré des exemples transcendants et positifs, une sale réputation. Face à quelqu’un qui nous en demande trop, n’aurions-nous pas tendance à répondre: « Hé ho, je ne suis pas un robot, hein! ». Un robot, ne serait-ce que ça? Tout dans les biscotos bien huilés, rien dans l’âme? Les robots fascinent, en tout cas. Visez le retour en grâce de Goldorak par une équipe de Frenchies, et vous aurez une idée du phénomène: les êtres mécaniques ne sont pas des vieilleries. Encore faut-il savoir renouveler, réinventer, réenchanter ou réensorceler le thème. La BD a su le faire, ces derniers mois, naviguant entre steampunk et futur proche, entre les camps des alliés et des ennemis, la programmation et les émotions. Pêle-mêle, pour les adultes ou pour le tout public, voilà une petite sélection de lectures sympathiques, remuantes aussi. Je vais vous parler de Malcolm Max, de RUR, de Rev, des Coeurs de ferraille, de Love Love Love ainsi que de Yojimbot. Avec des boulons mais aussi bien plus de chair qu’on ne se l’imagine. Le robot est un animal social, a presque dit l’autre. Commençons avec les deux tomes qui concluent la première trilogie de Malcolm Max.

Résumé de l’éditeur : Bienvenue aux origines de la fin du monde, où Malcolm Max et Charisma ont affaire à une armée d’hommes mécaniques indestructibles dont la colère dévastatrice va se répandre dans les rues de Londres comme une traînée de poudre. Ces créatures ont pour objectif l’annihilation de la race humaine. Meurtre, carnage et chaos.

© Mennigen/Römling chez Delcourt

Après un premier chapitre-album comme entrée en matière spectaculaire et originale, comme peuvent l’être deux Allemands qui s’attaquent à l’Angleterre de Victoria et de Sherlock Holmes, Malcolm Max monte en puissance et en horreur dans les deux tomes qui concluent cette histoire spectrale et démoniaque.

© Mennigen/Römling chez Delcourt

Ça a commencé dans les cimetières, sur la piste d’un déterreur de morts, puis d’un serial killer s’en prenant aux femmes de la haute société, ça s’intensifie dans les rues de Londres, connues ou moins, dans une entreprise a priori désaffectée, dans les chantiers qui peuplent la perfide Albion, à la bibliothèque ou dans les sous-sols, les égoûts, d’où émerge la pire engeance. Voilà le programme de ces deux tomes (cent pages de pure bonheur et des annexes) taillés sur mesure pour la grande aventure, urbaine et steampunk.

© Mennigen/Römling chez Delcourt

Malcolm et Charisma devront compter sur eux-mêmes, ce qui n’empêchera pas quelques disputes incandescentes, pour résoudre le mystère et empêcher le complot qui veut l’extermination des humains. Tout juste, le duo pourra-t-il bénéficier de l’aide de quelques enfants et des fantômes des victimes, qui fixent un ultimatum que Malcolm est bien tenté de respecter sous peine de devoir partager sa tête avec les esprits de ces femmes, jamais sur la police qui a plus à coeur de trouver des preuves pour les enfermer que d’ouvrir les yeux sur le danger imminent qui guette Londres et dont des signes évidents commencent à se voir. Comme ces créatures mécaniques, ces Golem, qui semblent à deux doigts de se rebeller. Tandis qu’un autre monstre fait cavalier seul!

© Mennigen/Römling chez Delcourt

Dans ces deux histoires pour le prix d’une, croquant une époque merveilleuse pour les créateurs d’histoires mais aussi désastreuse socialement, car la misère explose à chaque coin de rue, Peter Mennigen et Ingo Römling transforment tout ce qu’ils touchent en or. En aurait pu se demander comment, sur un canevas déjà vu, ils allaient tenir trois tomes, ils répondent à la question haut la main, avec moult rebondissements et des héros qui se mouillent et sont parfois laissés dans un sale état. Cette course-poursuite pour empêcher le cauchemar les marquera durablement. Et si l’environnement est noir et horrifiant (le méchant a une de ces trognes!), le duo manie parfaitement l’humour et les situations cocasses. C’est très causant mais aussi très dynamique. Merveilleuse découvert que ces héros et cet univers qui existe diablement parmi les références qu’ils utilisent. En espérant une suite après cette trilogie âpre mais délicieuse.

Et en effet, les auteurs planchent sur le 4e!

À lire chez Delcourt.

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