La guerre des bulles #2 : Albert Einstein, d’une première guerre mondiale chimique à une deuxième plus physique

Premier épisode | Du Pinard de guerre au goût de sang, du courage jusqu’à en être saoul, fou

Au fil des albums qui me sont passés entre les mains, j’avais un sujet tout trouvé pour un nouveau topic : la guerre ! Ou plutôt les guerres! Celles qui traversent les époques et reprennent toujours leur quota de cadavres, qui révèlent des sociétés dans leurs forces et leurs faiblesses, créent la solidarité ou la haine, façonnent la grande Histoire mais aussi les petites qu’on oublie mais que des auteurs rusés vont rechercher. Sans oublier la fiction pour laquelle, dans un décor solide et fort en ambiances, les champs de bataille sont des boulevards. Mais encore faut-il avoir les moyens. Ce pourquoi le cinéma, en dépit d’admirables réussites dans le genre, est plutôt frileux à porter sur écran ces univers désolés. Pas la bande dessinée, septième monde de tous les possibles pourvu que leurs auteurs soient imaginatifs, créatifs et sachent y faire. Certains personnages ont eu le malheur de connaître les deux guerres mondiales de ce XXe siècle, d’y être impliqué, contre leur volonté. Comme on le lit et le voit dans Les guerres d’Albert Einstein.

© Corbeyran/Chabbert/Marquebreucq chez Robinson

Résumé de l’éditeur : Pendant la Première Guerre Mondiale, Einstein, l’antimiIitariste, fut horrifié de voir  son grand ami, le chimiste Fritz Haber, mettre au point les gaz asphyxiants. Mais, au début de la Seconde Guerre Mondiale, c’est le même Einstein qui écrivit au Président Roosevelt pour l’inciter à mettre au point une bombe nucléaire… Un chimiste nationaliste, un physicien pacifiste, deux destins, pour une histoire extraordinairement romanesque.

© Corbeyran/Chabbert/Marquebreucq chez Robinson

Au coeur des sciences et de leurs progrès, pour faire avancer le monde ou le démolir, Einstein a été témoin (plutôt que héros… ou criminel) de faits historiques qui bousculaient les convictions, poussaient à des alliances contre-nature. Cette intégrale rassemble les deux tomes qu’Éric Corbeyran et Éric Chabbert ont adapté de la biographie écrite par François de Closets.

© Corbeyran/Chabbert/Marquebreucq chez Robinson

Loin d’être inintéressant dans l’ambiance et la reconstitution de trente ans de troubles politiques, socio-économiques, scientifiques et nationaux; quand des chasses aux sorcières obligent à fuir, collaborer ou à être arrêté pour être conduits dans la mâchoire de l’enfer. De quoi mettre à rude épreuve les amitiés mais aussi les convictions, dans les pires dilemmes qui soient: sauver le monde en lui ôtant une partie de son humanité ? Préservé dans ce qu’il est mais pas dans son amitié avec Fritz Haber qui fait une grosse connerie, en pleine première guerre mondiale, en donnant à « sa patrie d’adoption », l’Allemagne, le contrôle d’un gaz mortel, s’insinuant dans les tranchées ennemies. Fritz Haber, le pire ami d’Einstein le pacifiste. Un pacifiste dont les travaux ont pourtant servi, durant la 2e guerre mondiale, cette fois, à l’élaboration de bombes sans précédent, atomiques.

© Corbeyran/Chabbert/Marquebreucq chez Robinson

Einstein (personnage prisé par le Neuvième Art) est pris dans une spirale émotionnelle privée, avec le départ de sa femme qui risque de lui coûter cher et une course-contre-la-montre avec ses rivaux chercheurs qui, pour empocher le gros lot, risquent bien de dévoiler aux belliqueux l’arme ultime. Dans ces nombreuses scènes de discussions et de tentatives de faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, Éric Chabbert réussit, sous les couleurs toujours bien senties de Bérengère Marquebreucq, à ne pas lasser, à nous saisir d’horreur, même, quand le gaz tue avec une facilité déconcertante les poilus. Et à bien marquer les expressions et l’évolution des personnages.

© Corbeyran/Chabbert/Marquebreucq chez Robinson

Pourtant, ça ne fait pas tout et, dans cette histoire, le savant Einstein est surtout le prétexte à survoler trop rapidement et avec froideur l’Histoire, à scruter ses contemporains plutôt que lui-même, quasiment personnage secondaire jusqu’aux 30 dernières planches. Résolument, par rapport à ce qu’ils voulaient raconter, les auteurs en ont soit fait trop, soit pas assez, mais ce récit reste trop vague et trop commun que pour nous embarquer, sous un titre qui, qui plus est, semble nous avoir menti.

© Corbeyran/Chabbert/Marquebreucq chez Robinson
© Corbeyran/Chabbert/Marquebreucq chez Robinson

Titre : Les guerres d’Albert Einstein

Intégrale (2 tomes)

D’après le roman de François de Closets

Scénario : Arnaud Delalande

Dessin : Éric Chabbert

Couleurs : Bérengère Marquebreucq

Genre : Biographie, Drame, Guerre, Histoire

Éditeur : Robinson

Nbre de pages : 120

Prix : 19,99€

Date de sortie : le 03/11/2021

Extraits : 

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