Animé ou reggae, Christophien ou Samourai Flower : Obispo avec un grand « O » prévoit l’avalanche de sons pour le 8 janvier

S’il en avait fait une chanson à ses débuts, les paroles en l’air, ce n’est pas vraiment le credo de Pascal Obispo. Ses promesses il les tient. Ainsi, il y a un peu plus d’un (mais peut-être est-ce déjà un siècle, une éternité dans nos esprits), Pascal Obispo profitait de la conférence de presse organisée dans le cadre du festival (kézaco, ça ?) des Solidarités pour annoncer la couleur discographique de ces prochaines années. Il fallait s’attendre à une avalanche d’albums et de renaissances de projets anciens. De concerts enregistrés aussi. Il semblerait, en ces temps de lockdowns et de « dé-fêtes » de la musique et des concerts réels, que l’heure soit venue de dévoiler tout ça. Depuis le 6 novembre, l’artiste a commencé à teaser, vendredis après vendredis, ce grand oeuvre aussi attendu qu’inattendu, qui devrait débarquer le 8 janvier prochain.

« Notre métier n’est pas un long fleuve tranquille. Il est de plus en plus difficile pour nous les artistes d’exprimer ce qu’on est dans un système qui nous oblige à faire des disques tous les 2-3 ans… alors que je pourrais en sortir 10 par an. J’aime surprendre, être en décalage et provoquer des réactions. On aime, ou pas. Et si vous croyez que je vais sortir 3 albums jusqu’à mes 65 ans… vous pouvez le penser, vous allez voir que non ! (…) Je peux vous dire que j’enregistre tout. Et que tous les lives enregistrés à Forest sortiront un jour ! Ce n’est pas possible d’être autant frustré. Notamment pour l’incompris Captain Samouraï Flower qui a peut-être, désormais, son mot à dire en pleine lutte contre le réchauffement de la planète. Mais je ne peux pas vous dire quand ça se fera. » Ces propos venus d’un autre monde, insouciant et festif, ce sont ceux de Pascal Obispo, le vendredi 25 août 2019. Le soleil tapait, le papa de Lucie ne s’était pas encore métamorphosé en Joker. Bon enfant et bavard, pour mieux répondre aux questions des journalistes, nombreuses, le chanteur s’était prêté au jeu de la conférence de presse.

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Depuis, les temps ont changé, mais Obispo a sorti deux singles, J’ai compté et Ma Génération, encore gravés sur aucune galette. Mais ça ne saurait tarder. Après les paroles, place aux actes. Depuis le 6 novembre, dans un rendez-vous instauré tous les vendredis, Pascal Obispo dévoile, touche par touche, comme sur un piano ou sous les doigts de Picasso dont il est le parfait anagramme, ce qui formera son prochain projet.

Intégrale ?  Polyptique (si on tient compte du nombre de vendredis entre le 6 novembre et le 8 janvier, cela ferait neuf volets), ou plus ? Physique ou numérique ? En tout cas, l’ensemble, sous la lettre « O », devrait être multi-formats puisqu’il devrait y avoir de l’audio mais aussi de la vidéo. Le flou reste entier, mais des extraits de vingt secondes lèvent progressivement le voile sur la substance. Il y aura du Captain Samouraï Flower en live mais aussi en dessin animé (et quand on se souvient de la somptueuse scénographie de l’opéra rock écologiste, on ne peut que se réjouir), du karaoké et des chansons phares.

Mais, comme il le laissait présager, l’enfant terrible de la pop parfois très rock à la française reviendra aussi avec une flopée d’inédits. Dont des genres surprenants comme du reggae et du méditatif/zen.

Il y aura aussi des reprises dans un registre qui agira comme un héritage, une filiation : Christophe. Ainsi voit-on Pascal poser sa voix haut perchée sur Drone, du fascinant Les vestiges du chaos, dernier album studio de l’oiseau de nuit.

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D’ailleurs, lors du Taratata en prime du 12 décembre, on espérait en apprendre un peu plus sur ce qui nous attendait dans un mois, le mystère fut pourtant de mise mais Christophe fut bel et bien évoqué après un extrait le voyant reprendre de manière vertigineuse ses mots bleus. Face à Nagui, Pascal a ainsi évoqué, ému, les projets qu’il nourrissait avec l’homme aux lunettes bleues et son décès. « Je devais jouer un peu de basse sur son spectacle au Grand Rex. Il était venu deux-trois semaines avant… on avait bu un coup, comme d’habitude, on avait parlé musique. C’était quelqu’un d’extraordinaire parce qu’en dehors de tout, en dehors du ‘showbiz’, branché musique, branché la nuit et plein d’autres choses. Il était toujours positif et élégant, romantique. C’était pur. Ça fait ch…  Il manque vraiment énormément. » Nagui de le relancer sur l’immortalité de leur répertoire laissé en héritage. Guitare à la main, le Fan a alors repris Succès fou. À sa sauce mais avec l’âme. Nagui l’a bien perçu, Obispo compte bien rendre hommage à son mentor. « Au moment où il est parti, la première idée que j’ai eue, la seule, c’est de chanter ses chansons. J’ai envie de chanter des chansons de Christophe, c’est comme s’il y avait eu une transmission entre nous. Nous étions copains depuis quelques années. Pas dès le début, mais je l’ai rencontré en 1995… Je vais reprendre des chansons, de Vestige du chaos, mais pas que… »

Plus loin dans cette émission qui a également vu le showman reprendre Cherchez le garçon de Taxi Girl et un medley cinématographico-gainsbourien avec Olivia Ruiz, Nagui a bien essayé de le cuisiner sur ce fameux futur projet géant.

Dialogue.

– Il va se passer quelque chose en janvier pour toi ?

– Pour mon anniversaire.

– Le 8 janvier! Tu sais que c’est aussi l’anniversaire de Taratata, le 8 janvier ? Qu’est-ce qu’il se passera le 8 janvier 2021 ?

– J’ai préparé beaucoup de choses. Mais je ne peux pas en parler pour l’instant.

– Et le pire, c’est que je suis au courant mais je ne peux rien dire!

– Ben non, tu ne peux pas (rires).

– Je vais commencer des phrases et tu vas me dire stop dès que tu sens que je dérape. Jamais aucun artiste au monde n’a fait ce que tu vas faire.

– Ça, c’est vrai.

– Ça concerne la musique, les images, le live, tes rapports avec tes fans, ton public. Pas que tes fans.

– Oui, ça concerne la musique, en tout cas, toujours la musique. Tu sais la musique, c’est quelque chose d’important pour nous. Et je me suis aperçu, à un moment, que lorsqu’il n’y a plus de musique, que je n’en fais plus, que nous n’en faisons plus, nous sommes déprimés. Mais pas que nous, le public en a besoin. Music is the power, disait Youssou N’Dour, elle a un pouvoir étonnant, c’est un vide monumental [de ne pas l’avoir]. Alors, pour le combler, j’ai fait beaucoup beaucoup de musique. Mais ça, c’est rendez-vous le 8 janvier, tu le sais bien.

Voilà la conclusion taquine d’un gars qui déçoit rarement. Rendez-vous est donc pris pour le 8 janvier et pour un Taratata spécial fin janvier. Personnellement, j’ai hâte, d’en avoir plein les oreilles. Et, petit souhait personnel, comme j’aime les coulisses, je ne serais pas contre un volet consacré aux maquettes ou interprétation par Obispo des titres qu’il a confiés à d’autres (les incontournables Johnny, Pagny ou St Pier mais aussi Patricia Kaas, Daniel Lévi – Le coeur ouvert!! -, Garou, Delpech ou ses comédies musicales).

En attendant, l’entièreté de l’émission est disponible en replay et sur le site de Taratata. Elle a accueilli aussi Indochine (en ouverture et en clôture avec un showcase), Patrick Bruel, Mickey3d, Gaëtan Roussel, Catherine Ringer, Les Frangines, Barbara Pravi, Kimberose, Saint DX ainsi que les Belges Lous and the yakuza et Lubiana.

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