On n’est pas seul sur la Terre et Obispo est loin de l’être sur la scène pour près de 3h de concert sans avoir le temps de freiner

Personne ne le remplacera ! Pascal Obispo est en Belgique, cette semaine. Lançant sa tournée, sold out un peu partout, l’artiste a investi le Cirque royal qui ne pouvait l’être plus. Propulsé par un album stratosphérique, l’ancien coach de The Voice est revenu aux affaires, taulier et humain, insatiable et infatigable. Un début en fanfare, plein de surprises. Après les concerts du18/01 au Forum de Liège et du 19/01 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, le papa de Lucie et de tant d’autres mélodies qui ont élu domicile dans nos têtes reviendra en Belgique pour le Festival Les Solidarités et à Forest National, le 29 novembre.

L’un des plus grands kifs de sa vie. Avant que ce diable d’Obispo n’entre en scène, Antoine Galey (annoncé par le maître de cérémonie himself avec toute la bienveillance qui le caractérise) voulait faire du bruit. Il en a fait faire au Cirque Royal qui n’a pas tardé à se répandre en nombreux applaudissements. Avant un concert fort attendu, dont il n’est jamais aisé de faire la première partie, le jeune survivant du rock et de The Voice France 2016 a converti son immaturité en charisme et une certaine animalité. 

Sans band mais avec une guitare, une lampe de chevet, une bande-son et l’incapacité de tenir en place, Antoine a fait le show seul mais avec énergie gargantuesque et contagieuse. Un rien écorché et d’une voix grave et assez bestiale, celui qui est la star du clip Rien ne dure de son hôte pour deux soirs, s’est révélé à Bruxelles. Une ville qu’il rêvait de voir live et dont il a marqué les planches.

Je rentre, je retourne à l’enfance, à mon adolescence, je reviens te chercher 

Le temps de la mise en place et c’est reparti pour un tour. Pour une tournée même ! Pascal Obispo clamera un peu plus tard que c’était son choix d’ébranler la machine à rock, à pop, à nostalgie et à rêver, une première fois à Bruxelles. « Vous êtes plus indulgents« , sourit-il. Il n’en faut pas plus au public pour déjà exulté devant ce chanteur qui n’est jamais vraiment parti mais qui revient à la bas(s)e, qui rentre.

Une première chanson pêchue, un featuring avec Philippe Pascal incontournable du dernier album, qui donne déjà le ton à cette soirée électrique. Le band est en fusion et chaque mot du chanteur idéal fait mouche. Tonitruant. S’ensuit un nouvel hymne fan, Allons en fan, digne et logique successeur de Fan (qui viendra plus tard, ne vous inquiétez pas) mais aussi de Les fans et les chansons d’abord. Et ça fait son petit effet. De son dernier album éponyme (le onzième studio, flamboyant et renouant avec l’esprit nostalgique mais pas mélancolique, avec des relents de jazz bien senti des Fleurs du bien), Obispo nous fait découvrir live des morceaux dont on ne se lasse pas, riches et fiers de leurs héritages.

« On ne remplace jamais personne, on prend juste la relève »

Car oui – sans parler du public, nombreux et comme un homme sous le même drapeau – ils sont six sur scène (Pierre Jaconelli, Max Pinto, Sam Stoner, Olivier Reine et Romain Bachelard), plus à l’écran (Calogero, Philippe Pascal, Christophe sortent des limbes) et encore plus dans les chansons. D’univers en univers, Pascal ne se prive pas de piocher et d’entrer en collision avec des artistes, qu’ils soient chanteurs, femmes et hommes de lettres ou d’idées, peintres… tous plus inspirants les uns que les autres. Pas d’albums de reprise (si, un vinyle, bonus, En fan du rock, à la setlist (d)étonnante et accrocheuse, disponible au merchandising) pour le gars de Bergerac mais des chansons distillant les références sans trahir le style Obispo qui, résolument, préfère « rendre hommage aux gens encore vivants plutôt que de faire des lettres aux morts« . Même si pour certains, la vie trop rapide n’a pas laissé le choix au chanteur déconneur mais aussi à fleur de peau et de Mô. Maurane à qui il rendra un magnifique hommage et dédiera ce premier concert. Un hommage sincère, dépouillé et tellement prenant. Avec des larmes mais sans être larmoyant. Puis, plus souriant, il y a Les chansons de Voulzy et Souchon. D’ailleurs, Alain, égal à lui-même, vous a laissé un message. « Entre chanteurs, on s’aime tous bien, il faut en profiter« . Le contre-pied total de Couscous. Bref, Pascal Obispo s’est créé par eux et nous recréent avec eux, en communion. Car rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Sans mimétisme, une identité profonde et sans compromis n’empêche pas d’avoir des racines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au fil du concert, les montagnes russes se succèdent (comme la scénographie de Personne, transformé en hymne adole-puis-scent par excellent), les chansons s’entrechoquent, réinventées parfois. Comme D’un Ave Maria qui commence comme Un homme heureux et se fait cousine de Goodbye Marylou avant qu’un trompettiste (Max Pinto) joue sa vie comme dans les BO de westerns dans un final ascensionnel. La même cuivre qui exhume Assassine d’une boîte de jazz enfumée et donne du supplément d’âme. S’ensuivent Sa raison d’être bodybuildé et speedé, un Millésime dans un vestiaire de rugby. Puis Lucie. Et si Pascal Obispo avait promis de ne pas trop parler, sa nature de showman le rattrape.

Sept ans de réflexion

La participation du public est requise… et il ne se fait pas prier. «Hier, je me suis dit: ‘Tiens, quel âge a Lucie’. Vingt-trois ans! C’est moche, hein?, analyse le papa, hilare de cette jeune adulte. Y’en a qui ont pris un sacré coup de vieux! Alors, cette année, pour fêter les 23 ans de Lucie, je me suis dit qu’il y en avait forcément une dans la salle.» Où est l’élue? Les bras se lèvent un peu partout dans la salle, les décibels augmentent au fil des cris hystériques, parfois trop masculins que pour être honnêtes. «Y’a Sébastien qui va descendre dans la salle et contrôler les papiers car j’ai eu des trucs bizarres: des Lucien, des Luciole… »

«Qui est né à cause de cette chanson », interroge le Bergeracois. Un cri supplante tout. «Moooooiiiiiiiii ». «C’est vraiment le cas?» Moment d’hésitation avant un petit… «non» dans l’hilarité générale. «Mais j’ai dansé sur ta chanson à l’école », ne se démonte pas l’apprentie-Lucie. «Non, non, c’est pas le truc, là. […] Les gens se disent que c’est l’anniversaire de Lucie et qu’il y a peut-être un deuxième tabouret là sur la scène. Et que Lucie va monter sur scène. » Après quelques échanges encore et l’arrivée de Sébastien, «chercheur de Lucie », un contrôle de papiers en bonne et due forme permet de révéler une vraie Lucie. Qui n’a pas 23 ans mais… 30 ans. «Donc, ils ont attendu sept ans, tes parents? », insinue le chanteur comique. Et après encore quelques échanges dignes d’un one-man-show, la lucky Lucie monte sur scène et la chanson peut commencer.

C’est tendre, sympa, humoristique, décalé et surtout à visage humain pour une chanson qui a dépassé bien des destinées. Comme quoi il ne faut jamais oublier ses papiers pour aller à un anniversaire.

Après quoi, le concert a repris son look électrique et pêchu pour emmener les spectateurs, en boîte ou en club, à la rencontre d’un homme de fer bouleversant (« On n’est pas seul sur la terre me dit un jour l’homme de fer, On n’est pas seul au monde dans nos nuits vagabondes, Croix de bois, croix Lucifer, Si je mens j’irai aussi en enfer, Même s’il nous marche sur la tête, Même s’il nous envoie en l’air, on n’est pas seul. On n’est pas seul. On n’est pas seul. Me dit un jour l’homme de fer ») jusqu’à minuit ou presque. Plus qu’une chanson d’anniversaire, Pascal Obispo a livré une réelle surprises-party, faite de nuances et de beaucoup d’amour pour son public.Dont certains en redemandait: en témoigne un cri dans la nuit, « À demaaaaaaaaaainnnn ». L’important, c’est d’aimer, Obispo ne l’a pas chanté mais tout son concert extra-large portait ce constat. L’effluve du bien.

Pascal Obispo jouera encore ce 18/01 au Forum de Liège et le 19/01 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Toutes ces dates sont sold out. L’artiste reviendra le 29/11 à Forest National ainsi qu’aux Solidarités (du 23 au 25 août), cet été, à Namur.

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