Combien de temps une babybox peut-elle emprisonner une adulte, couleur de cheveux : coquelicot, dans l’incertitude de ses origines ?

Après avoir évoqué un héritage fun et space-westerno-flibustier de la nouvelle série de Tarquin et Tarquin, UCC Dolores, c’est d’un lourd tribut dont il est question dans le nouvel album de l’auteur de Couleur de Peau: Miel, Jung. Babybox, c’est l’histoire d’un drame intime, originel, vécu par des milliers de Sud-Coréens arrachés de gré, de force ou par l’irrépressible fatalité à leurs racines. Au prix parfois de silence et de non-dits qui font les êtres incomplets, prisonniers de l’incertitude et d’un questionnement perpétuel qui poussent à investiguer.

Résumé de l’éditeur : À l’âge de quatre ans, Claire a quitté la Corée du Sud et vit aujourd’hui en France. Elle a un petit frère, Julien, dix ans. Soudain, un drame se produit… Leurs parents ont un grave accident de voiture : leur mère décède et leur père tombe dans le coma. Claire découvre alors une boîte cachée au fond d’un tiroir. À l’intérieur : des photos de sa mère, jeune, un petit bracelet de naissance ainsi qu’un dossier médical. Tout se bouscule en elle : elle comprend qu’elle a été adoptée… À Séoul, les nouveau-nés peuvent être déposés, anonymement, dans une boîte encastrée dans un mur : la babybox.

© Jung chez Soleil

Bien dans ses pompes, Claire a les cheveux pourpres (la seule couleur utilisée dans cet album). Pour crier son identité, son assurance et son métissage de Sud-Coréenne bien intégrée en France, à la culture de celle-ci et à celle de ses parents. La complicité qui la lie à sa mère est indéniable. Jusqu’à ce qu’au prix d’un terrible drame, celle-ci parte avant d’avoir tout dit à Claire.

© Jung chez Soleil

Y compris le non-dit qui entoure sa naissance et son arrivée dans cette famille qu’elle pensait être la sienne mais est « juste » celle qui l’a adoptée après qu’elle ait été trouvée dans une babybox, abandonnée pour on ne sait quelle raison dans une ruelle de Séoul.

© Jung chez Soleil

Claire va devoir faire un voyage pour s’ôter la douleur et l’incompréhension, la rage et les larmes de ne plus savoir qui elle est.

© Jung chez Soleil

Quand un auteur a quelque chose dans les veines, il est parfois difficile de ne pas s’en acquitter à chaque nouveau chapitre de son oeuvre. C’est ce qui arrive à Jung.

© Jung chez Soleil

Après son Couleur de peau: Miel , l’artiste (et c’en est un, quel don de l’expression, de l’émotion, il met dans ses planches) raconte une nouvelle fois l’histoire qu’il a vécu sous un autre angle, avec d’autres protagonistes. Car, non, Claire, tu n’es pas seule.

© Jung chez Soleil

Et ça prend. Infininiment, intensément, Jung évite que le sujet tourne à l’obsession et a le don des nuances, de la justesse pour apporter à ce récit une autre épaisseur, complémentaire de son chef-d’oeuvre.

© Jung chez Soleil

Titre : Babybox

Récit complet

Scénario, dessin et couleurs : Jung

Genre : Drame, Initiatique

Éditeur : Soleil

Collection : Noctambule

Nbre de pages : 156

Prix : 19,99€

Date de sortie : le 17/10/2018

Extraits :

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