Léturgie et Luguy, maestros de l’he-roux-ic fantasy: « Percevan? La rencontre de deux adultes qui ne voulaient pas grandir »

Des chevaliers dans la BD, il y en a quelques-uns dont beaucoup sont passés à la postérité. D’un roux incendiaire, d’une posture téméraire, Percevan, le héros de Jean Léturgie et Philippe Luguy est sans doute celui qui, de sa lame virtuose, m’a le plus marqué et le plus suivi. Taillée pour passer à la postérité avec un bestiaire et une galerie de personnages, la série d’heroic fantasy médiévale et humoristique fêtera bientôt ses quarante ans et se relance dans un seizième album à tomber, hanté par le pouvoir de la lumière et de la table d’émeraude. L’occasion était trop belle, nous sommes partis à la rencontre, glaive à la main, sourire aux lèvres, de Jean et Philippe, comme des gamins face à ce héros mythique.

Bonjour à tous les deux. Comment avez-vous vécu cette drôle de période de confinement ? Il paraît que pour un auteur de BD, à peu de choses près, c’est déjà son quotidien ?

Jean Léturgie : J’ai la chance d’être dans une maison avec un jardin, ce qui est déjà mieux que d’être enfermé dans un appartement. Le quotidien d’un scénariste et d’un dessinateur est assez proche du confinement, en règle générale, c’est vrai. La limitation des libertés m’est par contre insupportable et c’est particulièrement dangereux pour l’avenir. Il nous faudra apprendre la désobéissance si nécessaire.

© Luguy

Philippe Luguy : Le confinement d’un auteur, comme le dit Jean, ne change strictement rien à sa vie de tous les jours. À savoir qu’il vit déjà dans un certain renfermement à longueur de journée. Personnellement, je reste une dizaine d’heures devant ma table à dessin en temps ordinaire. Ces derniers temps, j’y suis simplement resté un peu plus longtemps. L’impossibilité de sortir, et d’aller à la rencontre des amis, sans oublier les festivals le brouhaha et les rires de nos lecteurs que nous avons plaisir à revoir à chaque fois. Tout simplement aller acheter un pinceau, un crayon ou boire un café manquent. Mais je suis par contre très respectueux des consignes de sécurité vis-à-vis de moi et des autres.

© Luguy
© Luguy

Quel plaisir de retrouver Percevan, cela faisait longtemps. Huit ans en tout, même si diverses publications avaient laissé filtré ce à quoi pourrait ressembler ce seizième tome. Pourquoi cette si longue absence ? Le changement d’éditeur y est-il pour quelque chose.

Jean : Le temps entre le dernier Percevan et celui-là est dû au changement d’éditeur, bien sûr, mais aussi à diverses péripéties. Par exemple, ce seizième album devait être « La couronne du Crépuscule » mais, à peine commencé, il s’est trouvé que l’éditeur Danois de Percevan/Ridder Goodwill (NDLR. Percevan est traduit dans une douzaine de langues, dont l’anglais pour les États-Unis, l’allemand, l’espagnol ainsi que le castillan et catalan, le danois, le néerlandais etc.) nous a demandé une histoire courte pour marquer ses 20 ans d’édition. Dans la foulée nous avons poursuivi l’histoire pour faire un 46 pages. C’est un procédé que nous avions déjà employé pour « L’épée de Ganaël ».

Philippe : Il faut dire également que je ne me consacre pas qu’à Percevan. J’anime aussi les séries Sylvio, Guildwin etc…

© Luguy

Jamais deux sans trois. Vous êtes passés de Glénat à Dargaud, aujourd’hui place aux Éditions du Tiroir. Qu’est-ce qui explique ces changements ? Cela peut-il perturber la vision d’une série ?

Jean : Les raisons sont différentes. Nous sommes allés chez Dargaud France car le catalogue grand public de l’époque était cohérent avec la série que nous faisions. Depuis le rachat par le groupe Média Participations, Dargaud France s’est petit à petit orienté vers une bande dessinée différente et Percevan n’y avait plus sa place.

Philippe : Je ne pense pas que ce changement d’éditeur puisse perturber la vision d’une série, étant donné que nous avons toujours conservé la même ligne en terme de création par rapport à l’environnement des divers personnages de la série . La poursuite des aventures de Percevan va crescendo et ne s’arrêtera pas à ce 16e opus.

Percevan t.17 © Léturgie/Luguy/Rypert aux Éditions du Tiroir

Comment êtes-vous donc arrivés « dans le » Tiroir ? Les précédents albums restent-ils pour autant disponibles ?

Jean : Oui ils restent disponibles, si ce n’était pas le cas nous aurions récupéré les droits pour les éditer ailleurs. Aucune inquiétude, donc, pour les 15 premiers albums. Ils ont été et sont réédités depuis des années par les éditions Glénat et les éditions Dargaud.

Philippe : Effectivement, nos 2 éditeurs précédents Glénat, Dargaud poursuivent la réédition. Ces titres restent chez eux actuellement.

© Luguy

Nous avons eu le plaisir de choisir les Editions du Tiroir pour des raisons très variées. ll se trouve que les Editions Dargaud comptent désormais – par rapport à il y a plusieurs années – un catalogue moins grand public qu’auparavant. Aussi, la série était peut-être moins en raccord avec la politique éditoriale de Dargaud. Le fait de changer n’est pas un mal, une petite maison d’édition qui se crée, c’est plutôt sympa ! À partir de ce moment-là, il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Si tel ou tel éditeur fait bien sont travail de distribution et de communication, cela n’a aucune incidence sur la série. D’ailleurs, beaucoup de séries ont changé de maison d’édition. Et il me semble que le lecteur est attaché à la série, pas à l’éditeur.

Percevan t.16 © Léturgie/Luguy/Rypert aux Éditions du Tiroir

Les Éditions du Tiroir sont jeunes, vous nous les présentez ?

Jean : Ce sont des gens qui connaissent parfaitement le droit d’auteur et son statut, et, comme mon comparse, je suis heureux de participer au démarrage d’une jeune maison d’édition.

Philippe : Les Editions du Tiroir sont composées d’un véritable collectif de professionnels qui connaissent bien le domaine de l’Edition et la gestion qui l’accompagne. Dès lors, j’ai proposé à Jean Léturgie que nous les rejoignions. Ceci, également, parce qu’André Taymans fait partie de l’équipe et en était l’un des initiateurs. Ils sont dynamiques et entreprenants. Bien entendu, ce sont les premiers pas de cette aventure. Comme toute entreprise qui se crée, elle va traverser toutes sortes de péripéties … mais, elle est forte de motivations.

On y retrouve des gens que j’aime, Walthéry – Cossu – Wasterlain et tant d’autres. Cette équipe du Tiroir est vivante et dynamique. C’est une Maison belge. Et comme la Belgique est aussi à l’origine de la Bd dite franco-belge, c’est formidable. Je suis heureux de faire partie de l’Aventure au plein sens du terme, puisque c’est le nom de leur magazine.

Percevan t.17 © Léturgie/Luguy
Percevan t.17 © Léturgie/Luguy

Vous retrouvez aussi les joies de la prépublication dans L’Aventure ! Bien entourés, comme vous le disiez ?

Philippe : J’ajouterai que le Magazine « L’AVENTURE » des Editions du Tiroir est mené de mains de maîtres par Alain de Kuyssche et André Taymans. J’y suis entouré effectivement avec plaisir par ceux que j’ai précités. La prépublication est un atout de plus, toujours très important dans notre métier. C’est devenu rare de nos jours. Dans le temps, quand on démarrait une bande dessinée – avant que celle-ci ne soit éditée en album, elle paraissait en journal. Autres époques, autres temps ! Retrouver le plaisir d’une rédaction et de son atmosphère, la nécessité de fournir un certain nombre de pages programmées pour sortir à la date prévue, c’est stimulant. Je souligne que « L’AVENTURE » est de grande qualité tant par son contenu que par son aspect.

Un changement d’éditeur, c’est peut-être l’occasion de revenir à l’origine. Racontez-nous, comment est né Percevan ?

Jean : Il y a quelques années, je voulais faire une série moyenâgeuse jeunesse et j’avais remarqué le dessin de Philippe Luguy dans Schtroumpfanzine. Je suis donc allé toquer à sa porte pour lui soumettre l’idée. Je n’avais pas d’histoire à lui proposer mais il a tout de suite été d’accord pour travailler sur un projet de cet ordre. Je suis ensuite revenu quelques jours plus tard avec le synopsis de la première histoire de Percevan.

Philippe : Nous avions en commun, sans le savoir, notre ami Henri Fillippini que je connaissais depuis 1969, qui a donc suggéré à Jean de me contacter. C’est ainsi que Jean, étant bien élevé, après un coup de téléphone, s’est effectivement pointé chez moi, sans scénario. Nous avons tout de suite sympathisé et ce furent les prémices de Percevan.

© Luguy

Il se trouve qu’à l’époque je travaillais sur Sylvio pour Pif Gadget. Quelques années auparavant, j’avais déjà créé et animé un chevalier du nom de Syril (le Cyril avec un C est un autre héros qui fut mon premier album et que j’ai rebaptisé Karolyn par la suite) qui vivait des aventures fantastiques, merveilleuses et humoristiques – assez semblables à Percevan finalement…J’avais en tête de recréer un héro de ce genre: Jean est arrivé à point nommé. C’était le temps où la bande dessinée prenait gentiment un virage plus adulte. Souvenez-vous, dans les années 80, il y avait déjà François Bourgeon qui s’adressait aux lecteurs plus âgés avec Les Passagers Du Vent. Mais aussi Tardi, Druillet, Auclair etc.

© Luguy

Nous avions envie d’animer un peu le héros de notre enfance. Nous voulions retrouver dans ce Moyen Âge de Percevan, nos souvenirs de lecture d’alors, tout autant littéraires que BD. Voilà comment est né Percevan. La rencontre de deux adultes qui ne veulent pas grandir… Tiens cela me rappelle un certain héros du prénom de Peter…

© Luguy

Graphiquement, comment l’avez-vous conçu ? Il a mis du temps à venir ou pas ?

Philippe : Percevan est totalement imaginaire et la conception graphique d’un tel personnage représente toujours une alchimie assez difficile, et mystérieuse. Par exemple, pour le mage Scharlaan, j’étais parti sur un physique presque insecte, jusqu’au jour où, à la télé, j’ai vu une interview du chorégraphe Maurice Béjard. Ça a fait tilt, c’était lui mon personnage. Dans le cas de Percevan, il a fallu de nombreuses maquettes et il est apparu au fur et à mesure après de nombreux repentirs.

© Léturgie/Luguy

D’où vient sa rousseur ? Finalement, la bande dessinée n’est-elle pas le domaine où l’on trouve le plus de héros roux ? Vous avez une explication ?

Jean : Oui, il y a toujours une explication à avoir des personnages qui se différencient de la masse, la couleur de cheveux permet de remarquer immédiatement un personnage, Il est plus facile de le repérer dans une page où il y a du monde par exemple. Pour moi, scénariste, c’était aussi intéressant car, au Moyen Âge, le roux était vu comme le diable.

© Luguy

Philippe : La rousseur était la malédiction au Moyen Âge…Mais pas que… Par exemple, en Égypte, au temps des Pharaons, on brûlait les roux pour faire blondir les blés – l’horreur ! Je crois qu’actuellement être roux n’est pas si simple. Je l’ai surtout dessiné roux pour marquer sa différence, son originalité.

Albert Uderzo est décédé il y a peu. Mais Percevan, dans un univers totalement différent, ne doit-il pas un peu à Astérix ?

Jean : En tant que scénariste, je dirais plutôt qu’il tient de Johan et Pirlouit, car je suis un grand admirateur de Peyo. Astérix a un côté contemporain dans les histoires que n’a pas Percevan.

© Leturgie/Luguy

Philippe : Graphiquement, il y a des points communs graphiques effectivement, Et cela vient d’un attrait, probablement, pour les dessinateurs de chez Walt Disney et notre désir de faire du dessin animé. J’ai commencé par copier les dessinateurs de Walt Disney.

N’a-t-on pas dit, à un époque lointaine, qu’Astérix était le 8e nain de Blanche Neige. mes influences ne sont pas très originales…Uderzo bien sûr, mais aussi Hergé, Peyo, Franquin, Giraud etc…etc…On pilote et ce n’est qu’avec le temps et le travail que notre propre style émerge.

© Luguy

Polémic n’est-il pas une sorte de mix très réussi entre Acidenitrix et Détritus ?

Jean : Pour moi c’est juste le faire-valoir de Mortepierre. Ce sont deux imbéciles, l’un est méchant et l’autre passe son temps à essayer de faire que Mortepierre n’ait que des ennuis. Polémic n’a pas de machiavélisme, il ne complote pas, il est juste opportuniste.

Philippe : Polémic est un fielleux, hypocrite, lâche, lèche-bottes…On en connait dans la vie…Il est une espèce de quintessence.

Percevan t.16 © Léturgie/Luguy

Uderzo a-t-il lu Percevan ?

Jean : Je ne sais pas.

Philippe : Pour l’avoir rencontré plusieurs fois et être allé chez lui, je lui ai offert une collection d’albums. Les a-t-il lus ?! Je ne sais pas, compulsé…Oui ! En tous les cas, il possédait une planche originale de la série. Et il a eu la gentillesse de préfacer un portfolio que j’ai dessiné – sur les voitures de compétition. Et vous savez ce qu’était sa passion pour les bolides.

Parlons d’un autre géant. Jean, le fait d’avoir travaillé avec Morris sur Lucky Luke, ça vous a appris des choses ? On en voit des traces dans Percevan ?

Jean : Oui, ça m’a appris beaucoup. Morris était quelqu’un de particulièrement exigeant tant au niveau dessin qu’au niveau narratif. Les influences ? Elles se voient notamment dans le Percevan numéro 2, « Le tombeau des glaces » qui a un ton beaucoup plus humoristique que les autres, il « bénéficie » de la collaboration à Lucky Luke. Par la suite, le ton a changé, Philippe préférant faire un Moyen Âge fantastique plutôt qu’humoristique.

Poor lonesome cowboy ?© Luguy
© Léturgie/Luguy

Avec réussite, quelles sont les autres influences et les envies qui vous ont amené à créer cette série légendaire ?

Jean : Personnellement, c’est l’absence de Johan et Pirlouit. N’ayant plus mon Moyen Âge quotidien ou hebdomadaire, je me le suis inventé.

Philippe : Je me suis toujours senti attiré par le Moyen Âge à cause de la grande liberté de création qu’il offre. Il s’est étalé sur plusieurs siècles et il permet une grande étendue de situations, d’aventures – chaque Seigneur faisant régner sa loi sur son fief. C’est autant de sujets potentiels, auxquels il faut rajouter les superstitions, les légendes etc.

© Luguy

Quel personnage vous plaît le plus à animer et dessiner ?

Jean : À animer c’est toujours les personnages secondaires qui sont les plus faciles, j’ai un faible pour les mages et pour Shaarlan en particulier. Il a un caractère particulièrement complexe et on ne sait jamais s’il est du côté du bien ou du mal..

Philippe : Je n’en ai pas de préféré. J’essaie de me mettre dans la peau de chacun d’entre eux – un dessinateur, c’est aussi un metteur en scène, un éclairagiste, un costumier, mais aussi un acteur… De ce point de vue des auteurs, tels que Uderzo, Franquin et même Hergé sont fabuleux et leurs succès de sont pas que des hasards !

© Léturgie/Luguy

Quel personnage, par contre, vous a donné du fil à retordre ?

Jean : C’est peut-être Percevan. Il doit être un héros mais en même temps le lecteur doit s’identifier à lui, c’est compliqué d’avoir un personnage principal trop caractérisé. Donc, ça demande une adaptation de tous les instants.

Philippe : Hé hé hé !!! – ils me donnent tous du fil à retordre, pour les faire vivre au plus près de leurs réactions, attitudes, expressions etc. Le moins facile est Percevan, c’est vrai, il oscille entre un dessin réaliste et humoristique et il faut peu pour qu’il bascule graphiquement d’un côté ou de l’autre.

© Luguy

Vous affirmez, dans Percevan, la puissance et la force des femmes – ce qui n’est une nouvelle fois pas démenti dans ce 16e tome – comment se sont-elles invitées dans vos intrigues. Aussi, vous arrivez à mettre en scène des héroïnes très différentes. De quoi les avez-vous nourries ?

Jean : Personnellement j’aime les femmes et je trouvais qu’elles étaient cruellement absentes ou « creuses » dans la bande dessinée. Je ne sais plus qui a dit que « ce sont les femmes qui dirigent le monde », mais, effectivement, je crois, quelque part, que derrière chaque homme de pouvoir il y a une femme. C’est donc très naturellement qu’elles ont pris leur place dans Percevan, des femmes avec une identité forcément forte. En plus, Philippe dessine vraiment bien les femmes et c’est toujours agréable de croiser de jolies femmes dans une aventure.

© Luguy
© Luguy

Philippe : Pour corroborer ce que dit Jean, j’aime les femmes et je n’imaginais pas animer une série sans elles. Graphiquement, elles sont agréables à dessiner. J’y prends un réel plaisir. Dans les séries telles que la nôtre, il n’y avait pas de héros ayant des relations amoureuses. Percevan, lui, est un héros sexué… et pas très fidèle…

Ainsi le public l’a-t-il découvert dans les pages de Gomme ! C’était quoi Gomme ?

Jean : C’était un journal édité par Jacques Glénat qui se voulait un journal pour la jeunesse, et dans lequel Percevan avait totalement sa place. Le fait d’être prépublié est très stimulant.

© Léturgie/Luguy

Philippe : Le plaisir de faire partie d’une équipe. D’être là, à la création d’une revue et de participer à la prépublication. Comme le dit mon vénéré scénariste, très stimulant et passionnant aussi.

Dans les années 80, était-il plus facile ou pas de créer des héros de BD ? Y’avait-il plus de codes, de règles à respecter ?

Jean : Il y a toujours eu des codes à respecter : codes pour les séries jeunesse, codes pour la pagination… Ça pourrait être ennuyeux, mais c’est souvent des contraintes que vient la création. On se demande comment faire pour passer outre telle ou telle chose sans que ça se voie. La création d’un personnage est toujours compliquée car il doit trouver sa place auprès du public. En ce moment, le temps est au roman graphique, mais comme la BD suit les fluctuations du cinéma et que les séries tv ont le vent en poupe, on peut penser que la BD va revenir à ses grandes sagas.

Percevan t.16 © Léturgie/Luguy/Rypert aux Éditions du Tiroir

Philippe : Ça n’a jamais été un métier facile et la création d’une série n’a jamais été simple, pour ce qui me concerne. La chance que nous avions étant la multitude de journaux, revues dans lesquels nous pouvions publier. Parlant des codes, ils se sont élargis de plus en plus. La BD n’est plus réservée uniquement qu’aux enfants. Elle s’adresse à toutes et tous et dans tous les domaines. Elle est un mode d’expression au même titre que la littérature, le cinéma… Elle est, je crois une source d’inspiration pour bon nombre de créateurs, y compris dans la peinture.

Pensiez-vous, à l’époque, que 17 tomes et quarante ans plus tard, Percevan serait toujours là ? Comment expliquez-vous qu’une série dure ?

Jean : On n’a jamais pensé que Percevan pourrait s’arrêter, en tout cas. Quand on aime bien un personnage, qu’on a des histoires à raconter et que le public adhère il n’y a pas de raison de l’arrêter.

Philippe : Exact !… J’ai toujours eu cette ambition de la durée et je ne me suis jamais posé la question de savoir si cela serait. Tant que l’on s’amuse et que l’on a du plaisir sur la série, il n’y a aucune raison d’arrêter. Si nous donnons le meilleur de ce que nous savons faire – au moment où nous le faisons – le lecteur le ressent et vous suit… C’est une chance aussi !

© Luguy

Y’a-t-il eu, au fil du temps, des potentielles portes de sortie pour conclure la série en cas d’arrêt ?

Jean : Non ça ne nous est pas venu à l’idée.

Philippe : Non jamais !… Pas question !… À la vie à la mort (comme on dit) !

De même, y’a-t-il eu des scénarios abandonnés, des scènes coupées comme au cinéma ?

Jean : Il y a eu quelques scènes de censure… L’éditeur nous rappelait que nous étions dans une série grand public, alors… C’est idiot. C’est comme vouloir que le cinéma reste le même que dans les années 50.

Illustration pour le tirage de tête de Percevan t.16 © Léturgie/Luguy

Philippe : Pas de censure ! Sauf une fois, où j’ai dessiné une héroïne dont on voyait le pubis – HORREUR – crime de lèse majesté… Comment !?… Dans une série grand public !?…

Sur le moment, j’ai rué dans les brancards. Mais… J’ai quand même recouvert pudiquement la nudité de la douce créature. Ce que je ne referai jamais. Ce n’était en rien choquant. Par contre pour les éditions américaines, il a fallu que je réhabille toutes les héroïnes dont on pouvait apercevoir un sein ou une fesse bien galbée !!!

© Léturgie/Luguy

Au fond, dans cette saga, vous avez limité le nombre de personnages. Dans ce tome 16, vous n’en introduisez pas de nouveaux. Pourquoi ce choix ? Cela contribue, cela dit, à retrouve cette bonne bande d’amis. Même parmi les ennemis finalement.

Jean : C’est un grand classique de la BD d’avoir des ennemis récurrents, on retrouve ça dans Tintin, dans Spirou…. Il y a des personnages qu’on aime bien Philippe et moi… Dans le prochain album, de nouveaux personnages feront leur apparition, une façon de vous faire mentir.

Philippe : Oui ! Dans ce Tome 16, nous retrouvons bon nombre des protagonistes récurrents de la série. Il faut dire qu’au fil des albums, l’univers de Percevan s’est installé, développé et certains personnages se sont imposés à nous. Puis, le lecteur retrouve une complicité – une famille en quelque sorte – il y a attachement -. Par contre, pour le tome 17, il n’y a que des nouveaux personnages. Ce qui est arrivé tout de même dans bon nombre d’albums précédents de la série.

Percevan t.17 © Léturgie/Luguy

C’est évident ! D’ailleurs, Mortepierre et Polémic sont-ils vraiment des méchants purs et durs. Peut-être plus qu’un héros, cela ferait du mal aux lecteurs de les perdre définitivement, non ?

Jean : Oui, je pense que ce sont des éléments importants, humoristiques. Un ambitieux et une carpette, ils nous amusent beaucoup mais ne sont pas méchant méchant.

Philippe : Ce sont les deux chouchous de Jean. Il adore leur dualité. Et à dessiner, ils sont très sympas… Mais j’aime bien les abandonner quelques fois, également, pour mieux les retrouver ensuite. Ne pas être dans la routine, un système.

Percevan t.16 © Léturgie/Luguy/Rypert aux Éditions du Tiroir

Dans ce seizième tome, vous tuez un personnage emblématique. Nous ne dirons bien entendu pas qui c’est. C’est un choix facile à faire ?

Jean : Je ne donne pas tous les tenants et les aboutissants de l’histoire à Philippe et je lui ménage de temps en temps des surprises. Celle-ci était de taille mais était dans la logique du récit. Le choix n’a pas été facile.

Philippe : Il faut savoir ‘’tuer’’ (au figuré) ce que l’on aime pour repartir ensuite. Pour cet album, j’aurai aimé quelques pages de plus pour une mise en scène plus grandiose. Peut-être avoir plus d’amplitude… Mais nous n’avions que 46 pages et nos histoires sont riches en rebondissements.

© Luguy

D’ailleurs, pensez-vous au lecteur en écrivant les aventures de Percevan ou tentez-vous d’en faire abstraction pour aller au bout de vos idées ?

Jean : On pense que le lecteur a envie d’être surpris, donc ce qu’on fait avec Philippe, c’est que nous nous surprenons l’un l’autre. Nous essayons de nous faire plaisir en écrivant les histoires et nous espérons que le lecteur aura aussi du plaisir.

Philippe : Je ne pense pas au lecteur en me disant: « tiens, le public a tel goût donc allons dans ce sens… Par contre, j’essaie de surprendre, si c’est possible, mon premier lecteur: Jean! Il me semble qu’un scénariste doit magnifier le dessinateur pour lequel il écrit et un dessinateur doit faire la même chose inversement. De ce point de vue, pour moi, le tandem magique de la BD restera Goscinny & Uderzo.

Bien entendu, j’espère toujours surprendre le lecteur. C’est très agréable et confortable de savoir que l’on a un lectorat fidèle !

© Luguy

Avez-vous des anecdotes émanant de rencontres avec des lecteurs ? De demandes de dédicaces spéciales ? De ressentis par rapport à vos choix ?

Philippe : Il y en a tellement qu’il m’est difficile de n’en citer qu’une. Je tourne depuis bientôt quarante ans dans les festivals et séances de dédicaces. Les gens s’imaginent que nous pouvons tout dessiner. Parce qu’en dédicace, nous donnons une impression de facilité, d’aisance… Alors, il y a des demandes surprenantes… J’en ai eu un qui transpirait grave (sourire) lorsque je dessinais le téton d’une Elfette nue par exemple…Mais on me demande de dessiner Percevan jouant du saxo, ou du piano, faisant du golf etc.

Illustration hommage à Star Wars © Luguy

Ah, si !!! Je me souviens d’une personne qui a attendu longtemps dans la file pour avoir sa dédicace…Il pose une dizaine d’albums de la série devant moi en me disant : ‘’Je n’aime pas du tout ce que vous faites, mais je suis collectionneur et je ne peux pas faire l’économie de rien avoir de vous ! » Il a eu ses dédicaces, normal, puisqu’il avait acheté les albums…

© Luguy
Je pense qu’il y avait dans son chef peut-être un peu de défi ou de provoc’… mais je pars du principe que les dédicaces sont des dessins qui restent et mieux vaut les soigner… Je ne fais plus de dédicaces à l’arrachée. Mon record en une après midi, enfin presque – de 14 h à minuit -, fut la dédicace de 350 albums.
© Luguy

Carrément ! Au fond, ce seizième tome, il était écrit depuis longtemps ?

Jean : Non, comme je l’ai dit plus haut cette histoire vient d’une commande de notre éditeur Danois pour lequel on a fait un mini-album de 11 pages. Avec Philippe, nous nous sommes dit que c’était l’occasion de reprendre « La magicienne des eaux profondes » qui aurait du être le tome 4 des aventures de Percevan. L’histoire n’était pas vraiment écrite et je l’ai adaptée pour qu’elle s’insère en fait après la trilogie des Seigneurs de l’enfer.

© Luguy

Il est toujours question de cette mythique table d’émeraude, un texte fondateur de l’alchimie. Comment l’avez-vous découverte. Elle donnait une matière formidable à des aventures de BD ?

Jean : C’est un peu l’alchimie, je l’ai découverte dans des romans de fiction, je trouvais assez sympathique de retrouver cette table dont on ne sait pas si elle est quelque chose d’inerte ou de vivant, ça offrait beaucoup de possibilités au fantastique.

Philippe : L’Alchimie, du Moyen Âge à nos jours, est toujours pratiquée. Alors, il nous était difficile de ne pas l’intégrer dans la série. Elle a une dimension fantastique, qui correspond bien à cette période. Elle symbolise que ce qui est en haut est en bas, et inversement. Sa couleur verte est due au Mercure, hautement utilisé en Alchimie au Moyen-Âge.

Percevan t.16 © Léturgie/Luguy/Rypert aux Éditions du Tiroir

Elle a donné aussi une certaine esthétique à vos albums, non ? Vous jouez avec la lumière, les cristaux, la déformation… Avec des planches parfois plus proches de la science-fiction que du médiéval, non ?

Philippe : Oui, bien sûr, c’est l’opportunité de donner un côté science-fiction à la série, de jouer avec les éléments, de créer un décalage avec le monde extérieur, de passer dans un autre univers… En quelque sorte: ouvrir une porte et se retrouver dans un autre monde…

J’ai toujours été intéressé par la science-fiction, l’anticipation. Graphiquement, c’est un sacré voyage pour l’imagination.

Percevan t.16 © Léturgie/Luguy/Rypert aux Éditions du Tiroir

Ce sont des effets spéciaux qu’on voit souvent au cinéma mais qui doivent être très difficile à réussir en BD, non ? Comment vous y êtes-vous pris ? Y’a-t-il des effets numériques ? Les couleurs de Fabien Rypert sont folles. Je trouve ça fascinant en tout cas !

Philippe : Alors, pendant très longtemps, on pouvait revendiquer une avance graphique sur le cinéma… Puis, avec la technologie numérique, l’inverse qui s’est produit. Je n’utilise que ma tête, mes crayons, mes pinceaux … Et je ne travaille pas sur palette graphique. On est assez peu à dessiner encore de cette façon. Sur Les Sceaux de l’Apocalypse, j’ai fait quelques effets à la couleur, mais je ne suis pas convaincu du tout.

Donc, tout sort de mon imagination ! J’invente tout ! Sauf si, un jour par exemple, Percevan va en Chine où là je me documenterai pour qu’il y ait une base. Après quoi, je dessine d’après le souvenir que j’ai des choses ou des images.

© Luguy

Jean, quand vous écrivez, imaginez-vous le fil à retordre que vous pourriez donner à Philippe ? Ou foncez-vous, après tout, il saura se débrouiller ?

Jean : Je pense que Philippe est un super dessinateur donc il saura toujours se débrouiller. Comme dit précédemment, j’essaie surtout de le surprendre mais c’est aussi lui qui le fait. Ses dessins sont magnifiques..

Philippe : Merciii !… Mon bon et admirable scénariste…Il m’écrit : « Percevan arrive dans une grotte indescriptible »…Alors débrouille-toi !…

© Léturgie/Luguy
Percevan t.16 © Léturgie/Luguy/Rypert aux Éditions du Tiroir

Votre manière de travailler a-t-elle évolué avec le temps ?

Jean : Forcément. Au départ, nous habitions tous les deux Paris, j’étais tous les deux jours chez Philippe. Ça a dû lui casser les pieds au bout d’un moment car il a déménagé. Maintenant qu’il est loin, nous communiquons par mail, téléphone et parfois skype, mais forcément ça induit un changement dans la manière de collaborer.

Philippe : Jean venait gommer mes pages. Il adorait ça ! Comme moi, je n’ai jamais aimé le faire, cela m’arrangeait bien entendu !… L’éloignement, nous prive des petits cafés, restos et soirées au cours desquelles nous devisions sur le devenir des aventures de notre héros. Mais nous continuons quand même à communiquer et à nous voir. C’est un ping-pong permanent. Ce qui lui manque le plus en vérité, ce sont mes profiteroles au chocolat…(rire)

Percevan t.16 © Léturgie/Luguy

Vous inspirez-vous de certaines choses pour les décors, immenses, ou faites-vous appel à votre imagination ?

Philippe : J’ai une très bonne mémoire visuelle qui me rend vraiment service. comme je l’ai dit, si je veux faire un arbre fantastique et noueux à souhait, je vais puiser dans mes souvenirs pour le restituer. Pareil pour les châteaux et autres décors. Je ne peux pas me résigner à reproduire servilement une photo. Pour moi, c’est l’ennui total. Il faut que je gigote, que j’essaie de restituer ce qu’il y a dans mon petit crâne.

Dans le tome 17 que vous préparez, où allez-vous nous entraîner ? Où en êtes-vous dans la réalisation de cet album ?

Jean : Ça avance, il est bien entamé. L’histoire commence par un huis clos dans un château et, comme par hasard, au moment de mettre cela en place nous nous sommes retrouvés confinés, ce qui était idéal pour ressentir le côté oppressant d’un enfermement.

© Leturgie/Luguy

Philippe : Il est plus que bien entamé puisque j’en suis dans la seconde moitié de l’album – page 28 – exactement. La difficulté de la première moitié est dans le cadrage, et surtout l’animation d’une flopée de nouveaux personnages. Mais c’est ce qui est exaltant en même temps.

Nous allons vous entraîner dans la recherche d’une étrange « Couronne du Crépuscule », titre de l’album qui va réserver bon nombre de surprises aux lecteurs.

Page insatisfaisante, crobards satisfaisants © Luguy

Y’a-t-il déjà d’autres pistes pour le tome 18 ?

Jean : Nous nous concentrons, pour le moment, sur le tome 17, nous penserons au tome 18 lorsque nous en serons dans la dernière ligne droite.

Philippe : Alors, moi, j’y réfléchis pour soumettre ensuite quelques pistes à Jean, mais je ne dis rien, car je ne veux pas qu’il se détourne du scénario du 17… Avant qu’il ne reprenne souffle, je vais lui soumettre les fruits de ma cogitation. À son âge, il faut le stimuler, afin de reconnecter les neurones… Hé hé hé !!!…

Percevan s’arrêtera-t-il un jour ? 

Jean : Sûrement lorsque nous ne serons tous les deux plus là !

Philippe : Forcément, le jour où nous ne serons plus en mesure de la faire vivre, ce qui n’est pas demain la veille !

Votre progéniture fait aussi, depuis longtemps, de la bande dessinée. Vous leur avez refilé le virus ?

Jean : Je ne sais pas, disons qu’étant donné que nous sommes tous deux passionnés, il est logique qu’ils aient lu beaucoup de BD quand ils étaient enfant. Pour le reste, il faut leur poser la question.

© Luguy

Philippe : J’ai le souvenir de Simon…Petit, assis sur mes genoux, à ma table à dessin, il disait à Jean, son père, « plus tard, je serai un dessinateur à succès comme Philippe Luguy. » Nous finissions sur de grands éclats de rire, c’était trop mignon.

Quand à mon fils, Cyril, sa chambre à Paris m’a longtemps servi d’atelier. Il dormait donc au milieu des albums, des dessins, des pages etc… Ça a dû avoir quelques influences par la suite, demandez-lui !!!

© Luguy

Nous connaissions Cyril en tant que coloriste, nous l’avons découvert en scénariste de Sherlock Holmes. Vous l’avez lu, j’imagine. Qu’en avez-vous pensé ?

Philippe : Oui ! Cyril, je l’ai mis aux couleurs, après un passage à – Penningen – une école de dessin à Paris. Il a un super coup de crayon, mais finalement le scénario lui convient mieux. Pour le Sherlock Holmes, c’est super bien fait, avec une intrigue et une approche très originale, soutenue par le magnifique dessin de Benoît Dahan. J’ai beaucoup aimé et suis super heureux pour tous les deux…

© Lieron/Dahan chez Ankama

D’ailleurs, on peut parler d’un vrai succès… C’est génial !!! Je sais que Cyril a beaucoup de projet de scénarios, qu’il mûrit actuellement.

© Luguy

Dans L’Aventure, vous êtes publiés, notamment, aux côtés de Nico Van de Walle dont Augustin et Irina m’a rappelé un peu Percevan. N’est-ce pas chouette de percevoir une sorte d’héritage chez d’autres auteurs ?

Philippe : J’ai cette chance et ce bonheur de voir qu’à travers Sylvio et Percevan, mon dessin a fait rêver et a donné aussi envie à beaucoup de plus jeunes auteurs de faire de la BD. Ils me le témoignent et c’est une très jolie récompense… Faire rêver et divertir ses concitoyens – quel privilège !…Mais, c’est aussi très surprenant de réaliser l’influence que l’on a ou que l’on a pu avoir…

Menestia la sorcière © Luguy

Au fond, quel album de Percevan préférez-vous ? Pourquoi ?

Jean : J’ai un faible pour « Le sablier d’El Jerada ». Le ton de l’histoire est différent de celle des autres albums et Philippe a dessiné tous les grains de sable du désert.

Recherche de couverture pour Le sablier d’el Jerada © Léturgie/Luguy

Philippe : L’album que je préfère est celui qui est en devenir. Pour les autres, je ne vois que les défauts. Pour répondre plus directement, comme Jean – Le Sablier d’El Jerada -à cause du sujet. On y parle de la mort, vaste programme pour une série dite Jeunesse…

Sérigraphie pour Le sablier d’el Jerada © Léturgie/Luguy

Y’a-t-il un album que vous aimez moins ?

Jean : Ne comptez pas sur moi pour vous le dire !

Philippe : Celui que nous ne ferons pas, parce que nous serons morts !

Pour la suite, en dehors de Percevan, avez-vous d’autres projets ?

Jean : Nous avons tous des projets en cours heureusement, Philippe a ses propres séries et, de mon côté, nous reprenons Spoon avec Simon. D’autres projets me tiennent à cœur. Mais une collaboration reste avant tout une rencontre. Il faut être patient.

© Jean Léturgie/Simon Leturgie chez Vents d’Ouest

Philippe : Oui, j’ai d’autres projets mais je me demande si une vie va y suffire ? Plus sérieusement, je continue, à petite vitesse, La Mare Aux Nymphes sur un scénario de Corbeyran pour Dargaud. La Mare aux nymphes balance entre notre univers réel et un univers fantastique: le héros se retrouvera confronté à une situation qui va bouleverser sa vie. En couleur directe.

La Mare aux nymphes © Corbeyran/Luguy

Il y a aussi un Sylvio 6, un Gildwin 2. J’ai aussi un projet avec Daniel Bardet, une histoire qui se déroule à Venise dans un XVIIIe siècle de fantastique, si j’ose dire. Bref ! De quoi voir la vie en traits et en couleurs.

© Bardet/Luguy

Des coups de cœur BD récents ?

Jean : Oui, sans vouloir faire de publicité au fils de Philippe, je vous recommande Dans la tête de Sherlock Holmes, sorti chez Ankama, qui est très très bien. D’autres romans graphiques m’ont plu comme Un océan d’amour de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione édité chez Delcourt. Puis, Le port des marins perdus de Teresa Radice et Stefano Turconi chez Treize Etrange.

© Radice et Turconi chez Treize Étrange

Philippe : Toujours ! Le tome 1 de Spirits Of Scotland, Les Fantômes du Loch, de Frédéric Marniquet aux éditions Bruce et Wallace. Le tome 1 de Zibeline, Sur l’autre rive, de Régis Hautière, Régis Goddyn et Mohamed Aouamri chez Casterman. Le jour où le bus est reparti sans elle des Béka avec Marko et Maëlla Cosson chez Bamboo. Puis Les aventures de Betsy par Olivier Marin et Jérôme Phalippou chez Paquet.

En plus de ce formidable nouvel album de Percevan, nous voilà avec une belle pile à lire pour bien commencer l’été ! Merci à tous les deux pour cet échange passionnant ! 

Série : Percevan

Tome : 16 – La magicienne des eaux profondes

Scénario : Jean Léturgie

Dessin : Philippe Luguy

Couleurs : Fabien Rypert

Genre : Aventure, Heroic Fantasy, Fantastique

Éditeur : Les Éditions du Tiroir

Nbre de pages : 46

Prix : 12€

Date de sortie : le 26/06/2020

Extraits :

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