Vives et Quenehen font l’effet d’une bombe sur le Quatorze Juillet : « Tous les personnages, héros ou méchants sont ambigus »

Renaud chantait les rondes de nuit de Willy Brouillard, le flicard. Jimmy, pourrait être son cousin, dans le brouillard lui aussi. Dans un roman graphique intitulé Quatorze Juillet, Martin Quenehen et Bastien Vivès lui donnent vie et questionnements. Là-haut sur la montagne, la vie est tranquille, les gens sont dociles, jusqu’au jour où un peintre parisien vient y faire son deuil et que le spectre du terrorisme se fait pesant, à quelques jours de la fête nationale française. Interview, lors de la dernière foire du livre de Bruxelles, avec le duo.

Bonjour Bastien, bonjour Martin, à l’heure où nous nous parlons, nous sommes chanceux, le livre n’est pas encore sorti.

Bastien : Hé oui, c’est une avant-première…

Martin : … mondiale.

Bastien : Pour la foire du livre belge.

Pourtant, c’est une histoire au titre on ne peut plus français.

Martin : D’emblée, nous voulions assumer le fait que nous racontions une histoire très française. Et parce que très française… avec quelque chose d’universel. Ce sont souvent les histoires les plus singulières, particulières qui sont les plus universelles. Si on les réussit.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Justement, ce titre, Quatorze Juillet, il s’est imposé ou vous avez mis du temps à le trouver ?

Bastien : Le titre, c’est ma femme qui l’a trouvé !

Martin : Rendons à César…

Bastien : Au début, nous n’avions pas de titre. Enfin si, mais rien qui nous plaisait. Demain, la France ou d’autres absurdités. Nous avons beaucoup cherché jusqu’à ce que ma femme me propose, simplement, Quatorze Juillet. C’était très bien puisque c’était l’objectif à atteindre, qui générerait le suspense. Tout d’un coup, avec Quatorze Juillet comme titre, nous indiquions d’emblée au lecteur que quelque chose allait se passer à cette date. Ce qui nous permettait d’éviter de trop appuyer dessus dans l’intrigue.

Martin : La menace était formulée dès le titre. C’était chouette et ça nous permettait de repenser à la méthode Hitchcock. Il vous montrait la bombe. La question était : quand va-t-elle exploser ? Ici, la bombe était dans le titre. Une partie de la tension naissait déjà du compte-à-rebours.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Martin, c’est votre premier album. Comment vous êtes-vous lancé dans cette aventure ?

Martin : Un malentendu, le hasard des mauvaises rencontres. J’avais interviewé Bastien plusieurs fois lors d’émissions de radio sur France Culture.

Quand j’ai commencé à imaginer cet album, il y a eu une sorte d’alignement des planètes. Ou une météorite. Bastien s’est imposé à moi. Je lui en ai parlé et il a mis le doigt dans l’engrenage.

J’imagine que le Neuvième Art avait semé ses petites graines depuis longtemps.

Martin : Oui, j’ai un amour depuis l’enfance pour la BD. Du coup, je n’ai pas arrêté d’embêter Bastien avec mes références. Ce qui l’insupportait puisqu’il avait son propre panthéon (rires).

Un choc des mondes ?

Bastien : Il y avait des passerelles. Mais ce qui me plaisait dans ce projet, c’était la connaissance que Martin avait de la BD, du médium. Forcément, pas celles, techniques, qu’un dessinateur peut avoir. Mais, au moins, il savait quelle panoplie d’émotions on pouvait faire passer. Ce qui est beaucoup moins palpable dans ces histoires que leurs auteurs ont voulu faire au cinéma, puis au roman puis se retrouvent à les faire en BD. Au bout d’un moment, tu sens que c’est pensé… mais pas pour la BD.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Ici, Martin savait qu’on pensait la BD en images, en images fortes mêmes. Il fallait les amener et les images – ce gendarme, un père et sa fille qui quittent Paris et essayent de retrouver une sorte de paradis – sont arrivées très vite.

Comment se met-on dans la peau d’un flic, à l’heure où après avoir été des héros, il n’est pas rare que des faits de violence resurgissent ?

Bastien : Si on se remet dans le contexte, les événements de 2015, Charlie, le Bataclan, les forces de l’ordre sont des héros. Je me souviens de cette vague d’émotion, cette folie, les défilés… Et un ou deux ans plus tard, ce sont les Gilets Jaunes. Quelque chose a cloché. Comment a-t-on pu passer de J’ai embrassé un flic à toutes ces violences ? Tout d’un coup, le personnage censé représenter l’état tout en défendant le peuple, c’était intéressant de le traiter dans un petit village. Notre personnage va avoir l’aubaine de voir le spectre des attentats débarquer chez lui. Et c’est une victime qui le lui amène. Alors qu’il n’avait qu’à descendre dans la vallée, Grenoble par exemple, s’il voulait se confronter les durs.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Martin : Nous avons commencé cet album dans un moment post-attentats, en particulier de l’année 2015. Les forces de l’ordre avaient très bonne presse, bien avant qu’on se mette à parler des violences policières aussi massives. Nous, d’emblée, notre personnage était super-ambigu. Nous ne savions pas ce qu’il allait faire de l’usage légitime de la force qu’il a entre ses mains.

C’est ce qui est assez fascinant en France. Il est beaucoup question de se faire vengeance, c’est évident que ce soit un tabou, que l’exercice de la violence soit réservé aux forces de l’ordre. Et pourtant… Quand on est face à un climat de tension actuelle, qu’est-ce qui vous anime et jusqu’où pouvez-vous aller quand vous représentez l’ordre ? Ce qui faisait la richesse de notre personnage, capable de plonger dans le bien ou dans le mal et d’avancer sur une ligne de crête.

© Quenehen/Vives chez Casterman

C’est facile d’avoir un héros ambigu ?

Martin : Il n’y a rien de mieux ! Plein de gens vous diront qu’un bon méchant, c’est hyper-bien, je le crois. Un bon gentil, sans doute. Mais faire un super-héros sans peur et sans reproche… Même dans les comics, les héros ont des doutes.

Bastien : Moi, je crois que tous les personnages, héros ou méchants sont ambigus. Regardez les personnages de John Wayne. Après, c’est le réalisateur ou scénariste qui choisit d’éclairer la zone d’ombre. La simple volonté de vouloir protéger et aider les gens, c’est déjà ambigu. « Je n’t’ai rien demandé! »

© Quenehen/Vives chez Casterman

C’est là que le lecteur, en essayant d’amener des motivations au début, voit vivre le personnage et se demande dans quel camp il est et ce qu’il peut ou pas cautionner. Après les attentats, on a demandé aux gens de choisir un camp: « Vous n’aurez pas ma haine » ou « On va tous les flinguer! » L’idée est de se demander où est notre place là-dedans.

De plus en plus, dans tous les milieux, les affaires Me Too, Polanski, le Dr Raoult… on demande aux gens de prendre position, non ?

Martin : C’est ce qui nous intéressait dans ce personnage au coeur d’une société, qui peut être belge ou française, où tout a tendance à se fracturer, où tout fonctionne comme un archipel, chacun est sur son île et y reste. Le personnage du gendarme, bon gré mal gré, est celui qui rencontre les différentes catégories de la société, ces communautés qui refusent de se regarder et se parler. Lui-même, ça ne l’empêche pas d’avoir des a priori, des préjugés, des intentions bonnes ou mauvaises. Mais, au moins il fait cette traversée. C’est une odyssée et il rencontre les uns et les autres. Et il ouvre les yeux sur cette société qu’il ne connait pas. Il est gendarme factionné dans son village. La rencontre avec ce peintre parisien va l’entraîner dans un voyage au cours duquel il rencontre des gens qui ne veulent pas se voir.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Le titre pouvait laisser entrevoir une grande ville: Marseille, Paris… Pas du tout, un village et son gendarme dans la vie de tous les jours. Plus habiles à régler des conflits de voisinage que des actes terroristes. Ce n’est pas une traque. Tout continue de tourner autour.

Bastien : Quand on commence un polar, en général, il y a une victime et il faut trouver le meurtrier. Là, on a une victime, la femme du peintre, déjà morte, et les meurtriers, déjà morts. Il n’y a rien à faire, ils se sont fait exploser, en mille morceaux. Il n’y a pas de traque, en effet. Il était plutôt intéressant de voir comment le gendarme va appréhender Vincent, va le considérer ou non comme un danger parce qu’il veut se rendre justice lui-même. Le sermonnes-tu ? Vincent va obliger le gendarme à prendre position alors que Vincent n’est guidé que par un acte de désespoir, suicidaire. Il y va, pose une bombe foireuse. Rien ne fonctionne, il ne sait plus quoi faire, il a juste besoin d’une nouvelle épaule sur laquelle se reposer un peu. Il est dans le mal total.

C’est là-dessus qu’on interroge notre gendarme sur ce qu’il va décider de faire ? Et toi, si c’était ta femme ? Si tu connaissais ce genre de drame ? Que ferais-tu ? Vincent fabrique une bombe artisanale et va la poser, même si c’est foireux, ça fait drôle de se demander si c’est crédible ? On lui a pris sa femme, il va tuer des gens dans l’explosion d’un HLM. Tu réfléchis à la question, tu grattes une partie de toi et tu te rends compte que tu ne sais pas trop comment tu réagirais. Alors que les terroristes dont il est question sont tous morts. À quel point Salah Abdeslam continue-t-il à faire vivre l’image du Bataclan ? S’ils étaient tous morts, aurait-on fait le deuil ? Ou pas ?

© Quenehen/Vives chez Casterman

Ces gens phagocytent en effet l’attention. On connait ça en Belgique avec un Marc Dutroux. Ou Fourniret. Alors qu’il y en a tellement d’autres. On incarne le mal, finalement. Les médias s’en servent comme des épouvantails.

Martin : Il y avait aussi, ici, un écho d’un événement historique raconté par Gillo Pontecorvo dans La bataille d’Alger: un moment où Alger commence à être ensanglanté par des attentats du FLN. Il me semble que le point de départ en était la police française qui, par dépit de ne pas trouver les responsables d’une attaque, trouve l’adresse – par torture d’un suspect – d’un immeuble et le fait exploser. Faisant énormément de victimes civiles qui n’avaient rien à voir avec l’affaire. Comme une vengeance.

Pour ce qui est du village, ce décor était très important pour une série de raisons. J’avais, par exemple, adoré les planches que Bastien avait réalisées pour la revue Pandora. Cela s’appelait Le Peintre et prenait place dans la nature, sur des petits chemins, les buissons battus par les vents. En imaginant ce récit, j’ai directement pensé à la montagne, la campagne que je connaissais. J’ai rêvé que Bastien s’en emparait. Il y avait une sorte de plaisir esthétique.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Puis, le petit village est un microcosme, tout est cristallisé dans une unité de lieu spectaculaire. On pouvait y rassembler les questions qui concernent l’ensemble de la société, de l’Occident, du monde même, dans un tout petit village, une zone de périphérique comme on les oublie.

L’aspect western est également présent : le village, le gendarme, les pieds-tendres de la ville qui débarque. Là, le plaisir était narratif, dramatique. Je voulais qu’on ressente l’aspect du BD-reportage tout en se laissant entraîner et en n’ayant pas la fin de l’histoire. Une vraie fiction.

Comme c’est un premier scénario, y’a-t-il eu des tâtonnements ?

Martin : Ah mais je suis arrivé avec un projet de scénario, Bastien a tout mis par terre. Nous nous sommes installés à une terrasse, on a bu je-ne-vous-dirai-pas-quoi et on a réécrit toute l’histoire.

Bastien : Quand je repense au premier scénario de Martin, nous avons fait un énorme détour pour, petit à petit, retomber sur ce qu’il avait fait. Nous avons mis un an pour faire intervenir un second personnage féminin, Stéphanie, déjà écrit dans la première mouture avec la barmaid du café et que j’avais dégagée en disant que nous n’en avions pas besoin et que cela embrouillerait tout le monde. Non, nous en avions besoin. Ce grand tour a été nécessaire pour apprendre à travailler ensemble. Depuis le début, j’ai toujours pris l’habitude de bosser avec des gens qui étaient scénaristes mais aussi dessinateurs. Martin ne l’était pas, lui. Il a fallu prendre le temps de bien se cabrer, de s’adapter.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Martin : Il faut savoir que sous l’album qui fait 250 pages, il y en a un autre. C’est un iceberg que personne ne verra jamais. 400 planches que Bastien a dessinées, des tas de scènes alternatives.

Ah oui, c’est comme dans les films, il y a eu un gros montage.

Bastien : Carrément.

Martin : Il a tombé énormément de planches extraordinaires, abouties.

Bastien : Avec les dialogues et tout.

Martin : Mais que nous avons sacrifiées.

Bastien : Il y a aussi toutes ces séquences pensées pour deux personnages avant que nous ne décidions d’en inclure un troisième. Il ne faut pas juste redessiner derrière, il faut réajuster tout: les dialogues, le positionnement, les attitudes…

© Quenehen/Vives chez Casterman

Martin : Nous avons eu le plaisir de densifier et complexifier l’histoire d’un point de vue scénaristique pour que le thriller soit plus fort et rude. Mais il y a eu aussi – et c’est ce qui nous a fait tenir jusqu’au bout – la dimension politique. On ne s’en empare pas comme de n’importe quoi de ce sujet. On ne s’en lave pas les mains. Nous avons creusé les motivations, les actes de chaque personnage jusqu’au bout.

Bastien : Ce n’est pas évident de ne pas tomber dans du militantisme ou d’essayer de faire croire à une réponse, un espoir. Au début, nous faisions un constat. Nous avons mis un peu de temps à dépeindre le tableau général. Après, nous nous sommes demandé comment non pas donner une solution mais vivre avec la situation.

Il y a parfois plusieurs prises de vue?

Bastien : Ce fut très compliqué. Nos intentions, nous les pensions claires depuis le début mais elles étaient floues. Nous n’arrivions pas à nous positionner. Tout l’album, c’est ça, en fait : ne pas se positionner et laisser cette place-là au lecteur. Il ne faut pas lui dire que penser de tel personnage à un instant précis. Nous devions être flous. Le problème était d’être flou dans du polar : parfois, certaines choses ne passent pas. Il y a des risques d’incompréhension. Ça va vite quand on lit une BD. Nous avons donc du revenir, éclaircir des scènes. C’était très subtil. Ça peut être l’affaire d’un dialogue ou alors tout refaire.

C’est comme ça sur tous les albums, ou juste pour celui-ci ?

Bastien : Non, celui-ci. J’avais aussi galéré sur Polina qui est beaucoup plus carré. Mais je m’attaquais à un 200-pages pour la première fois, j’avais des problèmes de rythme. Ici, au-delà du rythme – qui n’a jamais été un problème, cette ambiance latente était là depuis le début -, nous devions arriver non pas à arnaquer le lecteur mais à ne pas le perdre.

Polina © Vives chez Casterman

Martin : Certaines choses nous paraissaient évidentes parce que nous commencions à connaître nos personnages, à les aimer, mais en relisant et en faisant lire les premiers essais, nous nous sommes rendu compte que des éléments n’étaient pas faciles à saisir. Nous aimons ne pas tout dire sur nos personnages, qu’on ne sache ce qu’ils ont derrière la tête – encore heureux que tout le monde a ses petits secrets – mais il fallait que le plaisir de l’aventure, de la course-poursuite et -la-montre se ressente sans que le lecteur ne décroche parce qu’un passage n’est pas clair.

Comme premiers lecteurs, nous imaginions un bon thriller. Bastien a ce talent pour les scènes d’action, les grandes séquences quasiment muettes. Il crée une mise en scène diabolique.

Il y a beaucoup de vie là-dedans, il faut le dire!

Martin : Nous y tenions même si l’histoire est sombre, comme si nous la regardions avec des lunettes noires, nous voulions voir en face la réalité.

Bastien : Une des scènes-clés de ce livre, c’est le barbecue avec Vincent. Tous les deux revivent comme si rien ne s’était passé. Tout d’un coup, ils se comprennent et se rendent compte qu’ils ne s’entendent peut-être pas tant que ça. Que le temps de l’union nationale est passé, nous sommes à l’époque des gilets jaunes. Tout le monde se déteste. Et même s’ils s’éloignent et perdent peut-être l’amitié, cela nous importait de leur trouver un sujet sur lequel ils se retrouveraient, ils seraient bien.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Il y a vraiment des choses qui nous unissent, une fraternité. J’espère qu’en France, on peut quand même toujours s’appuyer sur ça.

Martin : Comme en Afghanistan, la diplomatie de la tasse de thé, quand les militaires vont boire une tasse avec les Talibans et discutent.

Bastien : À un moment, si les gens ne sont pas d’accord, on dispute et… ce n’est même pas un consensus à trouver, juste un respect de l’opinion. Je me suis rendu compte que ce la faisait très longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un dire: « Ah oui, sous cet angle-là, t’as peut-être raison. »

Martin : Aujourd’hui, tout le monde a des certitudes, des camps. Nous, le plaisir, c’était de mettre le bordel là-dedans avec un personnage insaisissable. Des personnages, même, qui font des choix discutables dont nous ne comprenons pas les tenants et les aboutissants. Mais tous ont une façon de s’accrocher à la vie. Et c’est là qu’est la vie. Certains font des choix haineux, d’autres de fuite ou de dépression. Et toi, lecteur, dans la vie de tous les jours, quel choix vas-tu faire ? C’est une question que tout le monde se pose, on ne nous a pas attendus.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Ils s’accrochent à la vie, aussi parce qu’ils ont connu la mort. Votre gendarme, Jimmy, pareil, son père vient de mourir. Vous ne vous épanchez pas sur le sujet d’ailleurs.

Martin : J’ai une vague idée de ce qui a pu se passer, ce n’est pas Jimmy qui l’a tué ! Dans la fiction, on pousse un peu les curseurs dans les drames vécus par les personnages mais ça résonne aussi par ce qui nous a tous frappés. La violence terroriste n’a épargné personne. La perte d’un proche est une expérience malheureuse mais universelle.

De la même façon, Bastien pousse le dessin. Jimmy, par moments, possède une musculature impressionnante, grand comme une montagne, alors que Vincent, le peintre, va être, dans certains passages, minuscule, fragile et ressembler à un enfant. Jouer avec l’intensité, l’exagération, oui, mais dans le bon sens du terme. Nous espérons que, même si la dramaturgie du trait et du scénario a été poussée, notre histoire reste vraisemblable. D’autant plus que nous avons aussi voulu un côté naturaliste et quasi-documentaire. Il nous importait d’utiliser à la fois quelque chose de très vrai et la liberté de la fiction.

Au niveau des traits physiques, nous commençons à vous connaître Bastien, vous ne trouvez pas toujours important de dessiner certaines parties du visage, comme les yeux.

Bastien : Les yeux et le regard sont quelque chose qui peut vraiment parasiter le coup d’oeil du spectateur, du lecteur. Quand j’ai juste envie de m’appuyer sur le langage corporel, je préfère parfois les épaules qui tombent aux yeux. La plupart du temps, c’est une histoire de silhouette. Je crois beaucoup à l’attitude dans le dessin. Il y a aussi une histoire de distance. Si je dessine d’assez loin, je ne vois pas les yeux, ou je les distingue mal. Alors, je m’en passe.

© Quenehen/Vives chez Casterman

C’est toujours très compliqué, les yeux, ce sont eux qui procurent le plus gros contraste. Alors j’en use avec parcimonie. Je réfléchis mes bandes dessinées comme si je remplaçais les cases par des photos, ce qui rendrait l’ensemble vite indigeste parce qu’il faut prendre en compte les photos, tous leurs détails, les bulles… Tout mon travail est d’orienter, de pousser le réalisme sur certains détails. Quand Vincent est dépité et s’assied sur le canapé, je ne veux pas qu’on regarde son visage, je veux qu’on fasse attention à ses mains. L’oeil passe super-vite, tu ne peux pas le retenir inutilement.

Après, il y a Liberatore par exemple. C’est incroyable. Chaque case de Ranx est faite pour que tu t’arrêtes. Il a tellement tout poussé à l’extrême et son monde est tellement génial. Si Liberatore avait raconté une histoire du quotidien à La Poste, à un moment, on aurait eu envie de passer à autre chose. Tandis que dans Ranx, chaque détail, la ville, les têtes des gens… Bilal, pareil, tout participe à l’univers. Dans Quatorze Juillet, l’univers n’est pas très important, c’est plus une histoire d’ambiance.

© Liberatore

Dans ce même format, on a vu précédemment Une Soeur ou Le Chemisier que vous signiez seul. Qu’est-ce qui fait, Bastien, que vous avez accepté une collaboration ?

Martin : J’étais armé !

Bastien : Les deux ou trois fois où j’étais passé sur France Culture, je m’étais retrouvé devant quelqu’un qui connaissait bien mon travail et la BD en général, dans la compréhension de tout le travail qui menait à faire un album.

Le chemisier © Vives chez Casterman

Je me suis aussi rendu compte que, seul, je ne quitte pas mon atelier, je pourrais raconter la même histoire toute ma vie, je ne m’en rendrais pas compte et ça me ferait toujours plaisir. Un mec qui aime regarder une meuf. Ici, j’avais envie de raconter autre chose, quelque chose de policier. J’avais les images dans la tête mais je ne savais pas quoi raconter. Avec Martin, j’avais quelqu’un qui pouvait me documenter, avec qui parler et réfléchir à l’histoire pendant que je la dessinais.

Tout seul, j’aurais fait la première version et ç’aurait été une approche trop brutale.

Martin, aviez-vous senti son envie de faire du policier ?

Martin : Tout de suite. Je suis arrivé par ce projet, c’était une nécessité. Pour lui, c’était une évasion de l’atelier; pour moi, une évasion du travail à la radio. Je voulais écrire une fiction. Il n’y avait qu’elle qui pouvait dire le moins mal possible les sentiments qui nous traversent quand on est face à l’expérience d’un attentat, cette atmosphère sourde de violence qui monte, de fragmentation de la société, de montée du populisme… Je suis allé voir Bastien, je pensais que ça le botterait. Mais il m’a dit : je ne bosse jamais avec des scénaristes… mais maintenant que t’es là, installe-toi.

© Quenehen/Vives chez Casterman

J’ai commencé à lui raconter mon polar, avec ses références de cinéma français très singulier des années 70-80, avec le cinéma de genre américain qui m’a aussi nourri. Moi, je venais avec mes propres références, cinématographiques comme BD. Il y avait un double-désir dont nous n’étions pas conscients. C’était du speed-dating et Bastien a embrayé. Il avait déjà en tête la fin.

Bastien : Ce n’est pas du tout innocent, je crois beaucoup au puzzle en matière d’écriture. Tu passes ton temps à assembler les choses. Il y a un instinct, tout d’un coup à force de discussions, tout s’imbrique. Il faut saisir l’opportunité quand on tient le truc. Après, ça peut être chaotique aussi, il faut arriver à caser une pièce qui apparaît brutalement, tout en ne sachant pas toujours comment tout s’imbriquera au final.

Dans les ingrédients amenés par Martin, on tenait quelque chose. Puis, nous avions l’air de parler la même langue. C’est important dans une collaboration.

Pourquoi lui avoir dit, au début, ne pas travailler avec des scénaristes ?

Bastien : Je ne veux pas qu’on m’emmerde (rires).

Martin : Nous sommes coscénaristes sur Quatorze Juillet, il ne s’est pas laissé emmerder tant que ça! Il a mis son grain de sel, sa zone.

Bastien : Ou alors il faut une émulation avec des gens qui dessinent aussi, comme dans Last Man. En réalité, je revois un peu ma copie. En fait, le scénario, ce n’est pas une science. Martin ne travaillait pas par actes.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Martin : Au début, l’idée était : vous êtes touché par les attentats, vous avez une réaction qui peut être de vouloir fuir et trouver un lieu en sécurité. La montagne – j’ai choisi ce cadre parce que je le connais -, et tout d’un coup les montagnes deviennent des volcans. Vous croyez être à l’abri mais c’est tout le contraire, vous êtes dans l’épicentre du séisme.

Bastien : Ce n’est pas « acte 1, acte 2, acte 3 », « le héros récupère ça puis il fait ça ». Non, à aucun moment, je n’ai senti qu’il y avait besoin de trouver un truc : « Le héros ne parle pas assez », « ses intentions ne sont pas claires ». Je pense qu’un vrai scénariste prend la copie de Quatorze Juillet et nous renvoie au travail en nous disant « ça c’est raté », « ça, ça ne fonctionne pas »…

Martin : Même si ça fait super-pompeux, c’est pour ça que j’aime bien ce terme de roman graphique, le plaisir de lire une BD tout en rappelant que c’est un alliage entre la main, même sur tablette graphique, et la littérature. C’est le moment du carambolage, de la déflagration, entre le geste et la littérature. Comment ? Ce n’est pas du cinéma, ni du roman, ni de l’illustration. Il y a toute une ambiguïté et cette richesse-là. Ce n’est pas balisé. On ne sait pas où on va ni où on est. Un bon roman n’est pas construit sur des règles d’école. Un bon roman, c’est quelqu’un qui a quelque chose dans les tripes et vous emmène le vivre avec lui.

C’est ce que j’aime chez Bastien, il a des tripes, on sent qu’il a une voix.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Bastien : Je suis curieux de voir comment les lecteurs vont appréhender cet album. Peut-être qu’ils diront « vous nous faites chier avec vos histoires ». Des attentats, on en a tellement bouffé pendant deux-trois ans. On verra.

Et s’il avait refusé ?

Martin : Je l’aurais pris en otage. Ça aurait tourné au Stephen King! Pour moi, c’était évident, je ne l’aurais pas proposé à quelqu’un d’autre. Il n’y en a pas beaucoup des dessinateurs qui me font vraiment aimer la BD. Je n’en lis pas pour me délasser, je ne lis pas pour lire. Quand j’ai découvert le travail de Bastien, ce fut un choc. Quel que soit le sujet, il avait une façon rien qu’à lui, différente d’un album à l’autre, de dire les choses. Le plaisir de l’étonnement. C’est important de s’étonner, de nos jours. Alors, je me suis étonné d’aller lui proposer le projet et j’ai été étonné qu’il accepte.

À partir du moment où il a commencé le découpage, les croquis, il n’y avait rien à voir, c’est illisible. Des formes, des ronds, des patates. Mais Bastien, lui, voit déjà ce qu’il y a dans la case. Je l’ai vu comme un révélateur dans un labo photo, au fur et à mesure les planches apparaissaient. C’était incroyable. Je n’imaginais pas ce qu’il avait en tête.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Bastien : Mes découpages sont vraiment des patates, on n’y comprend rien. C’est du sous-sous-sous-storyboard. Je me suis retrouvé devant Martin comme un enfant de maternelle qui explique ses dessins à son papa. Martin était dubitatif.

Alors que d’autres auteurs font parfois des storyboards très poussés sur lesquels il n’y a quasiment plus rien à faire pour avoir la planche. Les patates, c’est pour se laisser toute la liberté d’inventer ?

Bastien : C’est la magie et la force de la BD, une patate et trois dialogues : je peux prendre mon album et le lire, je sais si ça va être bon ou pas. D’une certaine manière, dans un roman ou au cinéma, tu ne peux pas vraiment procéder de la sorte. Un croquis de roman, ce n’est pas possible. En BD, en deux jours, t’as découpé tes 200 pages et tu sais ce qui va marcher ou pas, là où tu t’embêtes là où tu vas avoir la bonne émotion au bon moment.

Le problème, c’est quand tu commences tes planches mais que l’histoire continue d’évoluer dans ta tête et te rattrape. Heureusement, on peut changer. Sinon, j’ai fait plein d’albums comme ça, un découpage en deux jours, et je n’ai du refaire qu’une ou deux planches.

Les précédents albums du même format étaient présentés sous des couvertures blanches. Ici, place au noir!

Bastien : Il fallait que j’essaie le moins possible de polluer le travail de Martin. Je ne voulais pas qu’on se dise que c’était un truc de Vivès. « Oh, y’a un autre gars, ça doit être le coloriste… » Je voulais qu’il y ait la patte, la continuité de ce que j’avais mis en place dans Le Chemisier, mais que le lecteur sente que nous voulions aborder quelque chose de différent. C’était important pour moi de marquer cette étape, d’être avec quelqu’un d’extérieur au dessin, de mettre plus les mains dans le cambouis.

On parle de polar en BD, c’est parfois une zone de test qui permet de jouer avec le découpage, les cases verticales. Ici, vous restez dans ce que vous savez faire.

Bastien : Il y a plein de choses que je n’arrive pas à faire. Maintenant, je parviens à glisser quelques onomatopées. Juste là pour faire comprendre quelque chose d’important. Mais je ne vais pas faire le bruit de la pluie.

De mon point de vue de découpage et de mise en page, tout ce qui casse la mise en page rappelle au lecteur qu’il est en train de lire de la BD. Comme si, tout d’un coup, dans un roman, une phrase était écrite en diagonale. J’ai du mal, alors je reste dans un gaufrier très classique.

Martin : Je le rapproche toujours d’Hugo Pratt qui a cette efficacité-là, cette simplicité et cette évidence. En tant que lecteur, si je dois prendre trente secondes pour faire une mise au point et comprendre que la page est éclatée et qu’il y a un effet de style incroyable tenté par l’auteur, avant de reprendre le cours de l’histoire…

© Quenehen/Vives chez Casterman

Bastien : Il y a des BD pour dessinateurs, c’est sûr.

Martin : Après, ça dépend des goûts et une question d’habitude.

Il n’est pas rare, même en étant habitué au média, de ne pas trouver le sens de lecture.

Martin : C’est ce que j’aime chez Bastien, que l’étonnement soit, dans le fond de l’histoire mais aussi dans le choix du dessin, de la mise en scène, du cadrage, de la composition. Nous n’avons pas voulu faire une histoire impossible à comprendre. Un journaliste nous disait : « On peut la lire en cinq minutes ». Oui, on peut se bombarder pour avoir vite l’issue de cette histoire. Chacun peut la lire à son rythme, mais ça se lit.

On parlait tout à l’heure de la pression de choisir un camp. Il me semble avoir connu ça lors de la sortie de Petit Paul.

Bastien : Ce n’était même pas une histoire de choisir un camp, pour moi, mais de devoir me justifier. Même pas me justifier, me défendre. C’est dur. À Charlie certains ont payé le prix fort et maintenant les artistes doivent se justifier. Un artiste n’a de compte à rendre à personne. Il te montre quelque chose, tu peux dire que tu n’es pas content…

Petit Paul © Vives chez Glénat

Martin : Pour moi, ça renvoie le lecteur à sa propre responsabilité. Les gens qui veulent absolument des justifications ou ranger dans des cases, c’est qu’ils ne sont pas assez assurés de leur libre-arbitre, de leur goût, de leur liberté de choisir et de leur intelligence. Faites-vous confiance! Et du coup, vous ferez confiance aux gens qui vous entourent. Et si quelque chose vous est insupportable, vous aurez le droit de le crier ou de le bannir de sa propre bibliothèque. Nous, nous faisons appel à l’intelligence de chacun. C’est le moment, plutôt que de ramener les gens vers le bas en prétendant qu’on va leur expliquer. Nous ne sommes pas là pour tenir la main. L’être humain est capable de choix, de faire le bien et le mal, allons-y.

Comment ressort-on néanmoins de ce genre d’expérience ?

Bastien : J’étais adolescent quand j’allais sur internet, que je découvrais les forums. Je sais à quel point il ne faut pas prendre tout ça au pied de la lettre. Je me suis fait cracher dessus par des gens qui me détestent. Et comme je les déteste aussi.

Toute une partie de moi s’est toujours éclatée à les emmerder. Par contre, en tant qu’étude sociologique, ce fut très intéressant, ça m’a permis de prendre la température et de voir comment les gens sont montés au créneau. Au début, c’étaient les féministes et LGBT rejointes par les catholiques, l’extrême droite… Drôle de couple que ces petits groupuscules qui s’associaient et qui se sont mis bien ensemble.

Tu te rends alors compte que les mecs qui ont buté Charlie ont gagné. Maintenant, on va rechercher des gens qui ont dessiné des nanas à poil dans les années 70 pour qu’ils se justifient. C’est n’importe quoi. Je crois que c’est une mode, arrivée parce que les réseaux sociaux sont passés par là. Mais quand ils auront disparu, d’ici quelques années, les choses retomberont. Ça montre juste, une fois de plus, que la pudibonderie n’a pas changé. Les gens qui censuraient, on disait que c’était des vieux, sauf qu’ils étaient jeunes avant, déjà pudibonds. On ne le devient pas, je pense. Tu ne deviens pas moralisateur.

J’ai été accusé de pédophilie alors que je ne l’étais pas, que du contraire. Je fais confiance à la justice et c’était assez agréable de pouvoir me dire qu’au pire je pouvais compter sur elle. « Vous pouvez y aller », mais je n’ai rien à me reprocher. Sinon, j’aurais été hyper-mal. Ici, j’ai vécu les choses tranquille.

Martin : Ça a finalement rejoint ce qu’on voulait dire avec notre album, dans une période où la haine se déchaîne. Ce n’était pas un programme politique d’écrire cet album – pas du tout – mais c’était une réponse. Nous voulions renvoyer les gens à ce que la haine pouvait provoquer d’incontrôlable et leur dire de se garder de ça. D’ouvrir les yeux sur la haine qui nous entoure partout autour : celle qu’on ne veut pas voir, celle qu’on veut débusquer chez l’autre… Je pense qu’il est temps de prendre ses responsabilités. En tant qu’auteurs, nous en avons évidemment, tout comme le lecteur. On peut jouer avec ça: les bons romans, les bons films sont ceux qui vous grattent un peu et vous obligent à vous poser des questions.

La suite, pour vous deux ? Individuellement ou en commun ?

Bastien : Nous allons nous remettre sur un prochain livre. Là, ces six prochains mois, je ne vais pas faire grand-chose… enfin si, une petite BD érotique pour me vider un peu la tête.

Martin : Il est donc question qu’on retravaille ensemble… jusqu’à ce que la mort nous sépare.

© Quenehen/Vives chez Casterman

Bastien : Nous ferions une BD historique.

D’autres projets de scénario pour d’autres ?

Martin : Oui, Quatorze Juillet fut un moment-clé de ma vie professionnelle. Il est question de continuer.

Et Lastman ?

Bastien : C’est fini. J’ai beaucoup appréhendé la fin. Arriverions-nous à faire une belle fin, qui arriverait à boucler tout ce que nous voulions raconter et à faire le pont ? Quand j’ai commencé Lastman, je me disais « mince, les années 80 sont finies, on n’aura plus jamais ça. J’étais triste. » Quand j’ai fini Lastman, je me suis dit que les années 80 étaient finies et heureusement, c’était l’horreur ! Je suis bien content d’avoir tiré un trait sur ce rapport à la pop culture hyper glauque que j’entretenais. Je pense que beaucoup de monde l’entretient encore. Nous étions abreuvés, infantilisés par les mêmes choses en permanence. Avec Balak et Michael Sanlaville, Lastman nous a permis d’enfin faire notre deuil, une catharsis. J’y retournerai en faisant un Lastman Stories. Puis, il y a la saison 2 en animé qui arrive. C’était une incroyable aventure. Je n’en revivrai peut-être pas des comme ça, sept ans et douze albums.

Last Man © Balak/Sanlaville/Vives chez Casterman

Mais cela ne devait pas être une collection avec d’autres aventures du genre ?

Bastien : Éditorialement, ça a finalement semblé compliqué à gérer. La création était là mais pas le budget. Lastman a bien fonctionné mais ce ne fut pas Harry Potter. Ça aurait été le cas, sans doute les éditeurs se seraient lancés sur ce type d’histoire, ce format. C’est trop ténu aujourd’hui. Si tu n’as pas une série animée qui te pousse, c’est compliqué de faire du manga en France. Nous, c’est la série animée qui nous a sauvés. Ce qui n’enlève rien à la qualité de l’album. Mais il fallait que la série existe pour que lecteurs de manga l’aient en mains. Et c’est comme ça au Japon, aussi.

Des coups de coeur récents en BD ?

Bastien : Le Loup de Jean-Marc Rochette, un incroyable album. J’ai beaucoup aimé Mécanique Céleste de Merwan. C’est justement dans cette pop-culture que j’évoquais mais Merwan est un super-auteur. Je suis trop content qu’il se soit lancé dans un si gros album.

© Merwan chez Dargaud

Sinon Errance d’Inio Asano, c’est incroyable, là encore. Il y a de très beaux livres qui continuent de sortir.

Martin : J’ai très envie de découvrir le Fauve d’Or d’Angoulême, Révolution t.1 de Florent Grouazel et Younn Locard. Après, c’est la magie de la BD, un bon album ne meurt jamais. J’ai relu À la recherche de Peter Pan de Cosey. Comme Bastien dessinait des montagnes, je suis reparti lire Cosey, c’est génial. Le scénario, le dessin, la mise en page, pour le coup, avec des sorties du gaufrier superbes tout en étant facile de naviguer. La BD, c’est moderne et increvable.

© Cosey

Bastien : J’ai beaucoup aimé le Blueberry de Sfar et Blain, il a fait jaser je sais, mais ça m’a plu. J’aime beaucoup Moebius, mais Blain est très fort dans sa narration. S’emparer du truc et le rendre aussi digeste.

Martin : Je n’ai pas encore osé. Je suis dingue de Blain, j’adore Gus.

Bastien : Ce qui est bien, c’est qu’il n’a pas pris ça à la légère. Il s’est mis dedans, le niveau était haut. Sfar aussi a joué le jeu. C’est un bel album, il devrait y en avoir plus des comme ça.

Merci à tous les deux et, un peu en avance, bonne fête nationale, alors ! 

Titre : Quatorze Juillet

Récit complet

Scénario : Martin Quenehen et Bastien Vivès

Dessin : Bastien Vivès

Noir et blanc

Genre : Drame, Polar

Éditeur : Casterman

Nbre de pages : 256

Prix : 22 €

Date de sortie : le 11/03/2020

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