Comme à la télé, NObody fait sa saison 2 et Christian de Metter récidive de manière implacable dans l’Italie de Plomb

Après une première saison fracassante, Christian de Metter en offre une deuxième à NObody, son entreprise forte et anthologique qui offre aux lecteurs une plongée dans le monde criminel. Pas besoin de faire la tête de cochon comme en devanture de ce nouvel opus, on ne boude pas notre plaisir face à cette intrigue qui débute dans la gueule du loup avec un esthétisme toujours aussi fou et soigné.

© Christian De Metter chez Soleil

Résumé de l’éditeur : Cette nouvelle intrigue se déroule lors des « années de plomb » en Italie. Au coeur de cet haletant récit choral : l’enlèvement de Gloria, une jeune fille de la haute société romaine. Deux policiers que tout oppose tenteront l’impossible pour la retrouver, tandis qu’en toile de fond évoluent une famille dans la tourmente, un spécialiste américain de la prise d’otage, un berger, un tueur fan d’Elvis, du football… sans oublier un certain M. Nobody qui semble tirer les ficelles. C’est l’histoire d’un plan qui se voulait simple mais dont la mécanique s’est enrayée à cause de quelques grains de sable…

© Christian De Metter chez Soleil

Soyez bien accrochés à votre album, ça commence tout de suite ! Pour débuter cette trilogie (le volet précédent comptait quatre tomes), Christian de Metter a la malice de commencer cette première partie par sa fin. Nous sommes le vendredi 22 novembre 1974 dans une forêt des Apennins, et une jeune fille apeurée semble fuir le diable, des hommes masqués, terrifiant dans la nuit tombée qui masque tous les dangers de ce terrain de fuite rocailleux. Mais l’histoire a en réalité commencé le 15 novembre, à l’aube romaine, sur des temps troublés. Terrorisés.

© Christian de Metter

Prenant pour victime la famille d’un juge d’instruction assigné aux affaires de terrorisme, Christian de Metter crée la tension bien avant l’action. Dans cette belle maisonnée, luxueuse, on ne vit plus, on craint. Chaque jour, pour ses déplacements, Gloria est véhiculée dans une voiture de ministre. Une garde du corps a même récemment été engagée. Les menaces ne sont pas à prendre à la légère et elles intègrent votre vie, à différents niveaux de protection. Malgré tout ça, de son cerveau criminel et malin (il n’aurait pas été auteur de BD, on est sûr qu’il aurait été l’ennemi public numéro 1), de Metter la fait enlever, de manière spectaculaire, mortelle, ingénieuse. Commence alors un chassé-croisé entre flics, malfrats et cocon familial explosé.

© Christian de Metter chez Soleil

Avec de quoi tirer vers la lumière, parfois, et de quoi plonger dans l’obscurité, souvent. Dans ce premier opus de sa nouvelle ère, le dessinateur soigne les ambiances et ferme les visages, les aggrave. Exploitant le jeu des différences entre les strates de la société qu’il explore, plombée, il réussit l’équilibre, l’alchimie puis le grand déséquilibre. Il y a des films, souvent des policiers (ceux d’Olivier Marchal, par exemple), où l’on suffoque dans des pièces enfumées par les cigarettes. Dans L’agneau (le nom de ce premier tome après lequel viendront Les loups et Le berger), c’est dans une ambiance noire, pesante que de Metter nous fait suffoquer. Et halluciner devant tant de puissance, cruelle mais addictive.

© Christian de Metter chez Soleil

Par ailleurs, en parallèle, le toujours très occupé auteur s’apprête à dégoupiller Couleurs de l’incendie, adapté de Pierre Lemaître. La suite d’Au revoir là-haut que Christian de Metter avait aussi adaptée. Ce sera chez Rue de Sèvres, dès le 2 janvier.

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Série : NOBody

Saison : 2

Tome : 1/3 – L’agneau

Scénario, dessin et couleurs : Christian de Metter

Genre : Polar, Thriller

Éditeur : Soleil

Collection : Noctambule

Nbre de pages : 96

Prix : 17,95€

Date de sortie : le 06/11/2019

Extraits :

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