EMJI, Je Tu Elles comme une polyphonie de femmes : « Ce sont de réelles aventurières, avec des super-pouvoirs »

Lors de son passage au Nandrin Festival, j’ai eu l’occasion, et du coup la chance, de rencontrer EMjI quelques semaines avant que ne sorte son nouvel album, Je Tu Elles. L’occasion d’en parler. Une première interview pour moi qui m’a donné l’envie d’en faire plus!

Au bord d’une pièce d’eau, en backstage à Nandrin, EMJI et moi avons pris le temps de discuter de « Je tu elles » que Branchés Culture avait déjà eu l’occasion d’écouter en exclusivité et pour lequel j’avais écrit un article assez détaillé, titre par titre. Ce genre d’analyse ne se faisant pratiquement plus, l’article avait pas mal tourné. Voilà le temps des réponses à nos interrogations.

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Bonjour EMJI. Avant même d’écouter cet album, le titre nous a fait tilter. Y’a-t-il une référence à un album de Zazie, « Je, tu, ils ».

C’est une surprise pour moi car je ne l’ignorais. En tout cas, non, il n y a pas de lien ou de cause, c’est juste un coïncidence amusante. Il y a bien un sens à ce choix de titre, mais rien à voir avec la sympathique Zazie.

Dans le clip Végas, mais aussi sur la pochette de l’album qui y fait parfaitement écho, vous vous démultipliez, vous avez plusieurs femmes en vous ?

L’idée était de parler de différentes femmes, de différents profils de femmes, du vécu de chacune d’elles, de leur force et de leur faiblesse. Mais aussi, pas seulement des femmes en prenant en compte la part de féminité que les hommes ont en eux. L’occasion de parler également des orientations sexuelles ou des trans. Mais cet album véhicule surtout l’idée de parler de la Femme au sens très large du terme.

Des femmes il y en a toujours trop peu sur les scènes des festivals. Ce n’est sans doute pas facile de se faire  sa place ? Me too, c’est aussi valable dans le monde de la musique ? 

Franchement, l’effet Me too, je m’en fous. D’ailleurs, j’ai mis du temps à comprendre ce que c’était (elle sourit). Puis, je ne suis pas vraiment l’actualité. Ce sont des effets de mode et je m’y sens assez étrangère. J’ai fait cette album pour rendre hommage à des femmes que j’ai rencontrées dans ma vie. Et ce très simplement, en partant de ma mère, des femmes de caractères, mais et aussi d’une grande diversité: celles que  j’ai croisées ces dernières années de carrière.

Je voulais parler aussi un petit peu plus des sujets comme l’ homosexualité qui restent encore très tabous et sont parfois mal assumés. Ce sont des sujets traités de façon plus concrètes je crois, dans le sens où j’ai fait cet album sur base de mon vécu, d’un ressenti très personnel. C’est autobiographique, écrit rapidement , auto-produit. Pas de lien avec les sujets d’actualité particulièrement .

Parlons un peu de quelques chansons de l’ album et notamment Hurt me qui ouvre l’ album, ça sonne Madonna dans les années 90 ça vous va comme comparaison ? En tout cas, sur le refrain en anglais. 

Oui oui pourquoi pas , peut-être Sia aussi. Quant au refrain, il sonnait vachement mieux en anglais, c’était plus une question de feeling entre les notes et la diction. Juste ça, c’était plus joli.

Trente ans déjà. Entrer dans la trentaine, ça vous a mis le cafard, un coup de blues?

Alors, non. Tout le monde pense à ça mais non, c’est juste un bilan tantôt positif, tantôt négatif de ce que j’ai déjà fait en 30 ans . Bien sûr il y a parfois des moments aussi de cafard, mais sans plus. C’est un constat, je suis dans cette période qui me pousse à regarder derrière mais aussi devant moi. Je suis déjà capable de faire un bilan de ce que j’ai fait et de ce que je pourrais encore faire.

C’est aussi l’idée de voir ce que j’ai appris et ce que cela m’a permis et permettra de construire pour plus tard. J’ai fais pleins de choses en trente ans? J’ai appris aussi, et mes connaissances je peux commencer à en faire quelque chose c’est juste waw .

Ce n’est pas Végas, chantez-vous dans le premier single. Pourquoi avoir choisi cette ville? Elle incarne l’idéal, ou tout le contraire?

C‘est la ville où l’on s’autorise tous les excès, c’est l’ histoire d’un homme qui se fait « griller » car il ne se rend compte de rien et se croit tout permis. Éh bien, justement, ce n’est pas Végas et c’est ce que raconte la chanson. Stop les Mecs, c’est pas Végas, on ne fait pas tout ce qu’on veut.

Cet album, ce sont aussi des voyages et des sonorités d’ailleurs. Où les avez vous puisé . Vous voyagez ?

Je n’ai pas voyagé énormément, jamais assez en tout cas. Mais, non, tout cela résulte surtout de recherches de sons en particulier.

Emji @ Le Rideau Rouge – 14/06/2018 © ManuGo Photography

Nona, que vous évoquez, qui est-elle ?

C’est une femme ! Mais je voyais plus un transexuel danser là-dessus. Nona, c’est une présence, une beauté, une richesse, frappante. Je trouve que ce sont des personnes belles et authentiques et je voulais me l’imaginer comme ça. Des gens très très lumineux

Vous êtes plus séductrice que jamais, non ?

Non, par contre, c’est plus assumé. La séduction, c’était peut-être le cas sur Folie Douce. Mais là, non, c’est juste une femme plus assumée qui chante.

Enfin, quand on parle de séduction, c’est au naturel, sans futilité. Vous questionnez d’ailleurs l’intérêt des réseaux sociaux, qui nous font passer pour plus beau qu’on ne l’est ?

Cela dit, c‘est une étape obligatoire dans un parcours d’artiste actuel. Et c’est génial, grâce à cette proximité, de rester en contact avec les gens qui vous apprécient. Donc, oui, c’est certainement très utile dans ce genre de métier.

Clichés Cachés, comment naît ce genre de chanson ? Chaque mot y est important, il faut bien les choisir ?

C‘est une chanson écrite très spontanément, il y a des chansons comme çà. Celle-ci a été très vite, une heure. J’ai même vu, en revisitant la chanson le lendemain, qu’il y avait aussi plein de double-sens, des jeux de mots, des choses venues au moment de l’inspiration. Cette chanson me plaît vraiment énormément. C’était vraiment génial, comme expérience de création.

Et Leto ?

C‘est de l’ordre de la mythologie grecque, ça vient de là, encore une fois. Je voulais faire écho aux histoires de ces femmes qui se sont battues pour défendre leur amour, leur enfant, etc. À travers les temps, ces femmes ont un réel pouvoir, sont de réelles aventurières. C’est une démonstration des super-pouvoirs qu’ont les femmes. Ce qui est drôle, c’est qu’en cherchant la composition de la chanson, j’ai écrit Leto, sans savoir qui c’était. Et j’ai gardé ce nom. Puis, j’ai cherché et je suis tombé sur cette histoire. C’était assez dingue: sans que tu ne t’en rendes compte, parfois, les sujets viennent à toi. C’est trop chouette.

Vous êtes sans doute la première artiste à avoir gravé sur CD, une reprise de Shallow, qu’évoque cette chanson pour vous?

Elle est arrivée un peu par hasard, en parlant avec un ami, puis en ayant vu le film. Ça m’a plu et j’ai décidé de la reprendre en l’arrangeant avec un copain guitariste. Comme nous faisions quand j’étais à la Nouvelle Star.

Vous devenez une habituée de Nandrin, non ?

La raison est assez simple, on m’y invite, je viens. C’est vrai que c’est un endroit sympa.

Merci EMJI, on ne peut que conseiller à nos lecteurs de découvrir votre second album, JE TU ELLES, dès ce 13 septembre.

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