Emji continue de s’affirmer et de s’assumer dans un disque d’expériences et de voyages décomplexés auprès des femmes battantes et brillantes !

Près de quatre ans après la « Nouvelle Star », Emji est de retour, revancharde mais aussi joueuse, se travestissant et évoquant des portraits de femmes. Fortes, insouciantes, trentenaires, trahies ou alors possessives. Mythologiques. Vegas est le premier single qui annonce son deuxième album, JE TU ELLES, pour le 13 septembre. En exclusivité pour la Belgique, Axel et Alexis l’ont écouté et vous disent ce qu’ils en pensent avant son passage au Nandrin Festival, ce vendredi 16 août.

Difficile d’oublier le phénomène Emji de La Nouvelle Star. C’était en 2015. Cette jeune femme à la chevelure flamboyante avait ébloui le plateau et s’était imposée quasi dès le départ comme une gagnante en puissance. Et, de fait, elle avait remporté, haut la main, cette émission.

Après cette aventure enrichissante et un premier album « Folies Douces » ainsi qu’un passage dans la comédie musicale Les trois mousquetaires dans laquelle elle tenait le rôle de la sulfureuse Milady, « la plus belle sorcière » (dixit André Manoukian, à qui elle fait peut-être un clin d’oeil en chantant « Tu te méfies de mes sorts, t’as pas tort ») a lancé un financement participatif en vue de produire un nouvel album, ambitieux et ouvrant un peu plus son coeur de femme battante et incendiaire.

Le public a répondu largement présent ! Emji a fait le buzz et obtenu trois fois la somme espérée en l’espace de 30 jours, de quoi réaliser Je, tu elles.

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Oublions les percussions et les acoustiques (quoique, on y revient dans la surprise qui termine cet album), la belle et énergique rousse s’autorise de vivre avec son temps, sans le perdre, avec des sonorités nettement plus pop et plus modernes, urbaines et voyageuses. Au coeur de « Je, tu, elles », il y a 10 morceaux produits et réalisé sous la houlette d’Olivier Leducq (Julien Doré, Bigflo et Oli …. ). Voici mon ressenti après une écoute attentive de l’ album :

  1. Hurt me : Un hit potentiel sans aucun doute, un titre accrocheur, une rythmique calibrée dans les sons d’aujourd’hui mais avec un refrain anglophone porteur et qui nous évoque la Madonna de la fin des années 90 (Frozen, par exempl). Le miracle des boucles de percussions donne un coté urbain sans faille.
  2. Trente ans déjà : Voilà une réflexion sur la trentaine, un peu pesante et arrivant sans signe avant-coureur. Les années passent pour tout le monde. Le morceau laisse poindre l’inquiétude mais aussi les premières envolées, superbe, qui emporte les doutes et invitent à vivre à fond.
  3. Vegas : Sonorités cuivrées et festives, c’est carnaval. Et on entre un peu plus dans la dynamique qui donne son nom à l’album, Je tu elles. Voilà une chanson sur le combat des femmes trompées. Le côté de la combattante s’affirme et percute l’auditeur tout au long de cette chanson dite avec le coeur et avec le poing dressé. La rage aussi. Avec un clip dansant très réussi. Parce que c’est beaucoup mieux de se relever, de se venger que de pleurer.
  4. Avec Elie, on voyage de Paris à Bali. Un départ, un nouveau, pour une femme libérée sur une chanson pleine d’espoir et à message. Elie, on la porte peut-être tous en nous. Peut-être suffit-elle de se laisser porter, justement ?
  5. Leto : On revient dans une ambiance plus feutrée, plus intimiste et électro, mais encore en voyage. « J’ai laissé aux dockers les souvenirs que la mer rejeta ». Nous partons à la rencontre d’une ancienne maîtresse de Zeus maudite par Hera, mais à l’abri de sa colère entre terre et mer. Leto, c’est aussi la mère d’Artémis, la Lune, et Appolon, le soleil, qui vit dans l’ombre. Faisant sienne cette histoire, Emji a trouvé un joli habillage musical, pour le coup très mythologique, avec des échos. Des muses.
  6. Clichés Cachés : Chanson-rituel, on repart un peu plus dans l’ombre qui se fait dans la lumière. Dans une dynamique très comédie musicale, Emji parle avec passion d’une relation homosexuelle. À la chasse des démons intérieurs mais aussi extérieurs. Dans cet histoire avant tout, la chanteuse invite à aller jusqu’au bout, à « ne pas se laisser dans l’inachevé » émancipé du besoin de se cacher aux yeux de ses proches ou du monde. C’est la chanson la plus sensuelle de l’album, la plus organique.
  7. Nona : Ce morceau se vit comme un reportage de terrain. Un plan-séquence dans lequel Nona, la danseuse, subjuguerait l’écran et séduirait les auditeurs… et Emji. Histoire vécue? La scène est belle, en tout cas, au point de dire Nona « S’il te plaît ne t’arrête pas » et d’en tomber un peu amoureu(x)(se). Solaire, la puissance esthétique de Nona est contagieuse. Une foule qui danse, qu’y-a-t-il de plus beau ? Et la mélodie qui s’immisce entre les mouvements grâcieux, la manière qu’a la chanteuse de poser sa voix. Tout colle.
  8. Pas si beaux : À quoi ça sert de faire semblant ? On n’est pas toujours aussi beaux qu’on semble le montrer. Avec les réseaux et les sites de rencontres, tu ne montres pas toujours ce que tu es vraiment. La réalité est bien souvent différente. Et avec toujours des formules bien écrites, des références, et les tam-tams qui appelle à la raison, Emji rétablit la vérité, appelle à l’authenticité.
  9. Approche : Tempo caliente, voilà une autre danse de la séduction. Avec un peu de Gainsbourg et quelque chose de sorcier. Emji est vraiment envoûtante.
  10. Shallow : Voilà une agréable reprise. Sans doute la première à graver la chanson de Lady Gaga et Bradley Cooper sur un album, Emji réussit un bel exploit, rapide et efficace. Et vibrant. En piano-voix, la BO de A star is born trouve une interprétation brillante et sans faille dans la voix magnifique d’Emji qui lui donne une autre émotion. Si le temps des Nouvelles Stars est passé, on imaginerait bien quatre fauteuils se retourner dans le télé-crochet des années 2000. Un vrai show vocal.

Ce nouvel album, il est passionnant. C’est un chemin de mélodies agréables et accrocheuses. Un album qui contient quelques très bons hits qui pourraient grimper dans les charts si on leur en donne la chance. Axel a trouvé que ça sonnait parfois comme une autre rousse, Mylène, mais avec des textes beaucoup plus audibles et compréhensibles. Et d’une précision redoutable sur le sujet d’ histoires de femmes battantes.

Retrouvez prochainement l’interview que nous réaliserons à Nandrin en espérant lever le voile sur d’autres secrets de cette  pour d’autres secrets de cet artiste qui prouve, une fois de plus, à quel point elle est talentueuse, investie et a des choses à dire.

photo entête : copyright Lucie Sassiat – Photo Axel Tihon

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