Rhum arrangé, dos dans le sable et pieds dans l’eau pour apprécier une première oeuvre dessinée au soleil créole et où la nature et l’homme ne font qu’un: Redskin

Un Shonen qui ne manque pas de charme et d’énergie. Ce que la Réunion fait de mieux…heu, non, il y a le rhum aussi.

Résumé: Le règne métazoaire…celui des monstres, animaux et autres créatures mythiques qui règnent sur le continent d’Asalea. Les hommes en sont réduits à vivre reclus dans des forteresses, en proie à la peur et aux désespoir. Alors que tout espoir semble perdu, d’incroyables guerriers dotés de pouvoirs incommensurables font leur apparition: les REDSKINS. Ils sont chasseurs, pêcheurs, dresseurs et surtout, ils ont la capacité de s’opposer aux plus puissantes créatures de ce monde. Grâce à leur intervention, les hommes peuvent enfin vivre librement et une nouvelle économie voit le jour: celle du commerce animalier. Parmi ces guerriers, un jeune garçon de 14 ans, Agatho. Il est le dernier descendant des Indiens Trismégistes, peuple mystérieux, étrangement disparu 13 ans plus tôt. Agatho parcourt le continent afin de réaliser un rêve aussi égoïste que démesuré: devenir le plus grand des Redskins qu’il soit. Son but? Rétablir la civilisation de ses ancêtres. Un univers où la nature est reine, les animaux rois et où la loi du plus fort est la règle…


Agatho n’a qu’un but dans la vie, devenir le plus grand et fort des combattants: un REDSKIN. Il peut compter sur sa force et son caractère bien trempé. Grâce à l’héritage de ces ancêtres, les Indiens Trismégistes disparus mystérieusement il y a treize ans, il peut parler et comprendre les animaux. Et quoi de plus nécessaire dans un monde  gouverné par de terribles animaux monstrueux et des créatures mythiques. Venant en aide à une créature simiesque, il se voit dans l’obligation d’affronter d’autres chasseurs redoutables. Est-il vraiment aussi fort qu’il le prétend ? Parviendra-t-il à faire ressurgir la sagesse de ces ancêtres? Deviendra t-il le plus fort des Redskins?

Nous devons ce shonen nekketsu à Yvan Soudy alias Staark. Mangaka autodidacte réunionnais (on peut saluer la prouesse), il a commencé son aventure entre 2013 et 2014 en se faisant connaitre dans des fanzines. Voulant passez à l’étape supérieur et grâce a l’appui du public et de la maison d’éditions Des bulles dans l’océan, il publie son premier manga ou « manfra » (manga français, je ne suis pas fan de cette appellation).

Sur le plan graphique, son manga tient la route. Le découpage des planches est plutôt bien foutu. Les trames sont bien exploitées. Elles servent bien les mouvements durant l’action et renforcent les traits des visages pour marquer les émotions. L’action est bien mise à l’honneur grâce à un dessin fluide et pas trop surchargé. Le petit bémol (oui, il y en a un désolé) serait le manque de constance dans la conception des visages, ils sont très irréguliers ce qui provoque parfois une incompréhension entre les traits et l’émotion perçue.

En ce qui concerne le scénario, il nous promet de belles choses. Les bases de l’intrigue sont solides et permettent de faire évoluer l’histoire de multiples façons et de manière pérenne. L’aventure racontée ici est bien un shonen nekketsu typique (et c’est une super idée), un gars badass deviendra super badass en affrontant des types encore plus badass… heu oui vous allez me dire que c’est un peu léger mais c’est ce qui est fort dans ce genre de manga. Tout d’abord, par la « facilité » du scénario, il pourra être apprécié à un premier niveau de lecture par les enfants puis par les ados et adultes qui découvriront les valeurs sous-jacentes qu’y met l’auteur tels que l’amitié, l’amour ou ici l’écologie. Staark a vraiment le chant libre pour développer son univers.

Pour un premier manga, je dois dire que je suis plus que séduit. Malgré quelques problèmes de régularités graphique (ce n’est pas le premier à avoir se petit défaut, je pense à Masato Hisa et son « Grateful Dead », on connait sa carrière ensuite…), ce shonen va marquer les esprits. De un, par le fait que nous avons affaire à une personne autodidacte et que Staark nous prouve qu’avec de la volonté et du travail tout le monde (ou presque) peut y arriver. De deux, ce n’est parce qu’on ne vit pas au Japon qu’on ne peux pas produire un bon manga (Tony Valente nous le prouve aussi, ainsi que le duo Miki Makasu/Oto-San). L’histoire évolutive de Staark va pouvoir grandir et vieillir avec ses lecteurs (un peu à la « Dragon Ball » de Akira Toriyama). Les valeurs qu’il propage sont aussi un hymne à l’entraide et la protection de l’environnement (tout le monde, ou presque, le voit sauf nos politiques, manifestement).

L’impression est de qualité correcte mais mériterait le recadrage de certaines pages. En effet, certaines bulles de dialogues sont trop proches du brochage et il difficile de les lire. Merci à la maison d’éditions Des bulles dans l’océan pour avoir permis ce projet très prometteur. J’ai hâte de découvrir la suite des aventures de Agatho et de voir le travail de Staark sur le long terme.

Titre: Redskin

Tome: 1

Scénario et Dessin : Staark

Genre: Shonen

Éditeur: Bulles dans l’océan

Nbre de pages: 56

Prix: 8€

Date de sortie: 28 août 2018

Un commentaire

  1. Merci pour cette belle analyse qui a compris beaucoup de choses non dites. Pour
    l’impression on va tacher de s’améliorer (cadrage des cadres pour un meilleur confort de lecture sur la fin). C’est notre premier manga donc on fera tout pour s’améliorer.
    cordialement

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