Double.Me, de shojo romantique en seinen dans la lignée de Death Note

À l’heure actuelle où tout le monde est ultra connecté, quelle serait notre réaction face a ce genre d’I.A ? Ferait-on le même choix pour pouvoir parler avec nos disparus? Comment faire notre deuil si l’on peut toujours communiquer avec nos défunts ? Quelles dérives notre société ultra consommatrice pourrait-elle engendrer ? Quelle est la limite à ne pas franchir pour une I.A ? Voilà les questions et l’histoire que nous content des petits « belgo-frenchies » qui vont faire parler d’eux: le scénariste Miki Mâkasu et l’illustrateur Oto-San.

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Résumé: L’immortalité en un seul clic! Aiko et sa meilleur amie Eri passent tout leur temps à tchatter sur leur réseau social DOUBLE.ME. Elles parlent de tout mais surtout de Dosan, un beau lycéen dont les deux amies sont amoureuses. Hélas, Eri meurt. Aiko profondément touchée par la disparition de son amie, voit la nouvelle application de DOUBLE.ME s’activer: une I.A imite Eri. Aiko se laisse alors emporter par ses dialogues virtuels, mais jusqu’à quel point…?

© Miki Makasu/Oto-San chez Ankama

Dès le début, nous sommes immergés dans le quotidien d’adolescents dans un lycée somme toute banal. Les différents intervenants (du garçon blagueur au beau gosse adulé par les filles en manque de câlins ou encore notre “héroïne” un peu en marge), sont assez bien représentatifs de la populations estudiantines, sans pour cela tomber dans les clichés (qui pourrait être faciles et réducteurs).

© Miki Makasu/Oto-San chez Ankama

C’est une école dans laquelle, on pourrait tous assez bien se sentir. Les sujets traités, tels que le harcèlement ou les premiers émois amoureux, nous ramènent à nos propres souvenirs de lycée. Le manga commence comme un shôjo romantique mais dévie assez vite dans un seinen bien sanguinolent.

© Miki Makasu/Oto-San chez Ankama

Le scénario tient la route et nous porte tout le long du récit. J’avoue même avoir eu du mal à ne pas avoir la suite sous les yeux, tout de suite. Tellement on est littéralement plongé dans l’intrigue. Sans longueurs dans les pages, tout a une utilité, une fluidité et nous permet de bien nous identifier à Aiko.

© Miki Makasu/Oto-San chez Ankama

Le seul petit bémol ? Le dessin, assez inégal sur l’ensemble du premier tome. Les expressions des personnages ne sont pas toujours compréhensibles, les décors beaucoup moins fouillés et l’usage du noir trop présent. C’est dommage car les dégradés et les ombrages sont bien placés au début et mettent magnifiquement les traits en valeur.

© Miki Makasu/Oto-San chez Ankama

Cela dit, voilà enfin un seinen peut-être digne de Death Note. Quelle joie d’avoir pu lire un manga avec un si bon scénario, je pense que la qualité du dessin sera revue à la hausse pour le prochain
tome et que le scénario ne va que se développer pour notre bonheur. Jusqu’où va aller Aiko? Qui gère cette intelligence artificielle et/ou comment va-t-elle évoluer?

© Miki Makasu/Oto-San chez Ankama
© Miki Makasu/Oto-San chez Ankama

Bref, un grand merci au Edition Ankama d’avoir permis à Miki Mâkasu et Oto-San d’avoir pu travailler sur ce projet qui rentrera je l’espère dans les anales du manga. En tout cas, les deux premiers tomes ont consolidé un lectorat fait de 7500 lecteurs et le troisième est attendu pour ce 22 février.

Série : Double.Me

Tome : 1

Scénario : Miki Makasu

Dessin : Oto-San

Genre : Thriller, Drame, Seinen

Éditeur : Ankama

Nbre de pages : 192

Prix : 7,95 €

Date de sortie : 16/06/2017

Extraits : 

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