Luminary : Luc Brunschwig et Stéphane Perger tout feu tout flamme pour perpétuer la lumière d’un super-héros français d’autrefois

Ce n’est un secret pour personne, à moins que vous ne viviez dans un igloo, il a fait chaud, très chaud, ces derniers jours. Et, au vu de notre lecture, ça n’est pas près de s’arranger. Canicule, c’est le nom du premier tome de Luminary, série lancée par Luc Brunschwig et l’irradiant Stéphane Perger (qui retrouve là deux thématiques déjà explorées par le passé). Toute ressemblance avec une série de comics français mettant en scène un homme de lumière ne saurait être fortuite. Même si dans cet hommage, les auteurs tracent leur voie.

© Brunschwig/Perger chez Glénat

Résumé de l’éditeur : Pitsboro, sud des États-Unis, juillet 1977. Une journée d’été pas tout à fait comme les autres. Les infos annoncent un pic de chaleur jamais atteint depuis plus de trente ans. Billy, jeune employé noir d’un cirque, assiste une tigresse de la troupe mettant bas. Tout le monde assiste, ébahi, au don qui lui permet de maîtriser la bête sauvage. De l’autre côté du pays, à New-York, une gigantesque explosion de lumière survient au cœur de la ville. Tout dans un rayon de plusieurs centaines de mètres a été littéralement anéanti. Tout, sauf un homme, indemne, au milieu des décombres. Cet homme, c’est Darby McKinley, admis quelques semaines plus tôt à la clinique d’où provient l’épicentre de l’explosion. Ce serait donc lui l’origine du phénomène. Reste à savoir d’où lui vient ce pouvoir. Et ce qu’il compte en faire…

© Brunschwig/Perger chez Glénat

Il y a une part de lumière en chacun de nous, entend-on souvent dire, encore faut-il la trouver. Sans doute, est-ce encore plus le cas chez Darby McKinley, bossu mis au ban de la société par son maintien particulier et un peu monstrueux avant de devenir un banc solaire à lui tout seul, incandescent. Une intervention chirurgicale qui a mal tourné et ne lui a pas franchement fourni les clés de la nouvelle vie telle qu’il l’imaginait.

© Brunschwig/Perger chez Glénat

Un peu plus loin, le cirque est en ville avec ses fauves et ses acrobates. Mais, dans ces rangs, il y a Billy, une sorte de commis, d’homme-à-tout-faire, qui va vite se faire sa place dans ce monde qui cache l’ombre derrière des costumes de joie. Billy va se découvrir un don, celui de parler aux animaux, de les comprendre et de les apaiser aussi. Au point de pouvoir entrer dans une cage avec une tigresse dont la mise bas de deux tigreaux est compliquée par un mauvais positionnement de ceux-ci et l’instabilité de la mère, prête à sortir griffes et crocs. D’elle ou de ses petits, aucun ne risque de survivre.

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Mais Billy va éviter le drame et se faire amis des animaux, révélant aux autres un don dont on pourrait bien faire spectacle. Mais Billy est « black ». Déjà, en temps normal, ce n’est pas une sinécure… mais par ceux qui courent, c’est une malédiction. Une grosse partie de la ville vient en effet de sauter, sous l’effet d’une explosion non-expliquée. Mais la rumeur court déjà que la black liberation army en serait la responsable. De là à s’en prendre à n’importe quel Afro-Américain, en ces années 70 folles et cruelles, qui n’avaient pas besoin que le soleil leur cogne le ciboulot pour être racistes, il n’y a qu’un pas… de trop.

© Brunschwig/Perger chez Glénat

S’il y a une part de lumière en chaque homme, la part d’ombre n’est pas en reste, souvent plus visible. S’attachant à leurs deux personnages, Brunschwig et Perger mettent, dans ce premier volume, un point d’honneur à s’attacher à la personnalité de leurs deux personnages sans les faire se croiser. Ils ne sont pas loin, cela dit, et Billy ressent les conséquences directes de la catastrophe que Darby pense avoir provoqué.

© Brunschwig/Perger chez Glénat

Attention les yeux, vous allez vous en prendre plein le feu. Entre le cirque qu’il avait déjà exploré dans le premier tome de Dark Museum, la série défunte prématurément, et le feu qui apparaît régulièrement dans son oeuvre (Brûlez Moscou, Les jours incandescents), Stéphane Perger est encore une fois monumental avec son trait incendiaire, tellement chaleureux et vivant. L’Amérique de 77, on y est. Rasant les murs et la rue ou décollant dans les flammes d’un super-héros naissant et ne sachant pas trop se contrôler.

© Brunschwig/Perger chez Glénat

Creusant la psychologique des personnages et le mystère qui les entoure, Luc Brunschwig, en grand passionné (un grand dossier à la fin de ce premier acte en témoigneà), marche sur les traces d’un certain Ciro Tota (pour qui le scénariste a autrefois écrit des scénarios jamais exploités) et de son Photonik, être de lumière ayant marqué le monde des comics des années 80 chez Lug. Pas question de faire une reprise, ici, mais de prolonger une idée étincelante avec des personnages semblables et d’autres tout neufs.

© Brunschwig/Perger chez Glénat

Plongeant dans une histoire qui nous fait comprendre par bribes et flash-back plus ou moins éloignés ce qu’il s’est passé, le ton est vintage mais à la fois éminemment contemporain, dans un contexte nourri par une société qui n’a pas vraiment changé, subjugué par ce super-héros qu’est Stéphane Perger. Sans temps mort et sans trop avancer dans l’histoire pour bien l’ancrer, le duo, dans le thème de cet été qui s’annonce, réussit un boulot de fou ! Flamboyant !

© Brunschwig/Perger chez Glénat

Série : Luminary

Tome : 1 – Canicule

Scénario : Luc Brunschwig

Dessin et couleurs : Stéphane Perger

Genre : Drame, Fantastique

Éditeur : Glénat

Nbre de pages : 144

Prix : 19,95€

Date de sortie : le 09/05/2019

Extraits : 

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