Derrière la toile de vos rêves, il y a peut-être un cauchemar qui attend son heure…

Décidément, ils nous surprennent là où on ne les attend pas, Gihef et Alcante. Quelques semaines à peine après une incursion jouissive de l’autre côté du rêve américain (avec Starfuckers dont on parle ici), le duo belge nous revient en forme et en force (tellement que parfois vous allez quitter cette BD des yeux, si si !) avec le premier opus d’une série d’anthologie, Dark Museum, consacrée aux petites histoires (inventées) qui se cachent derrière les grands tableaux de peintres, tout en nuances d’horreur. Une chose est sûre : si vous en avez un qui fait la fierté de votre salon, revendez-le, il est… maudit ! Et de toute façon, vous ne le verrez plus jamais du même œil.

© Grant Wood
© Grant Wood

Résumé de l’éditeur : Pour entrer au Dark Museum, une toile doit provoquer chez son observateur une impression morbide que seule une origine mystérieuse semble pouvoir expliquer. L’austère American Gothic de Wood y tient une place de choix…

© Gihef/Alcante/Perger chez Delcourt
© Gihef/Alcante/Perger chez Delcourt

Vous l’avez certainement vu une fois. À la télé, dans un catalogue ou au musée, vous n’avez pas pu manquer « American Gothic », le tableau un peu freak, un peu drôle de Grant Wood qui représente un paysan et sa fille célibataire. Vous n’avez certainement pas retenu qu’il avait été fait de peinture à l’huile sur de l’isorel mou. Ça ne fait rien, Gihef, Alcante et Stéphane Perger ont retenu que le pinceau avait aussi été trempé dans une flaque (une mare, même) de sang, à l’insu de ce pauvre Grant Wood qui immortalisa ce funeste duo. Fiction, réalité, légende urbaine ? Allez savoir. Toujours est-il que le tableau a inspiré de multiples artistes, tous domaines confondus et que les trois auteurs de BD nous ramènent dans l’Iowa de 1930. Et pas par quatre chemins…

© Gihef/Alcante/Perger chez Delcourt
© Gihef/Alcante/Perger chez Delcourt

C’est l’occasion de faire la connaissance de Lazarus Henkel et d’Épiphany. Bon, ne faites pas gaffe au bordel, les circonstances ne sont pas les meilleures pour rencontrer ce couple aussi improbable qu’énigmatique passé à la postérité par la grâce de l’art pictural. Ici, les personnages habitent la misère, la crise est passée. Le frérot est à l’article de la mort, malnutri. On crève la dalle, on meurt de soif. Et ce maire (vous savez, hein, tous les mêmes) qui ne pense qu’à son prestige en acceptant sur son territoire une troupe de cirque qui va siphonner les derniers litres d’eau du village mais générer un bon pot de vin.

© Gihef/Alcante/Perger chez Delcourt
© Gihef/Alcante/Perger chez Delcourt

Une ultime provocation qui n’est pas du goût de cette population de paysans désoeuvrés face à la richesse, mais que faire ? Voler du lait chez le voisin malgré la tyrannie de celui-ci ? C’est une idée mais encore faut-il ne pas se faire lamentablement gauler comme… Epiphany. Prise la main dans le sac… ou au pi, c’est selon. Une tragédie de plus qui va emmener la famille sur la pente glissante de la criminalité et en proie à ses plus bas instincts.

© Gihef/Alcante/Perger chez Delcourt
© Gihef/Alcante/Perger chez Delcourt

Dans une ambiance pas si loin de la récente série American Horror Story, on le disait, Gihef, Alcante et Perger n’y sont pas aller par quatre chemins et n’ont pas fait dans la dentelle, s’en s’embarrasser de la garder propre. Et s’il a lourde tâche de lancer la série, American Gothic fait bien mieux et assure un spectacle total à ne pas mettre à la portée de tous, je vous l’assure. American Gothic, c’est le genre de récit après lequel, on pourrait se laver les mains dix fois de suite et avoir encore l’impression qu’elles sont toujours aussi sales tant Perger nous éclabousse de sa classe et de son bain de sang (im)maîtrisé.

© Gihef/Alcante/Perger chez Delcourt
© Gihef/Alcante/Perger chez Delcourt

Montant en puissance du début à la fin, avec toujours ce questionnement sur la sauce à laquelle on va être mangé, prenant appui sur un scénario effroyable cousu de toutes pièces autour des éléments symboliques de la toile (prenez garde à la fourche), le dessinateur est parfait pour catalyser peut et violence dans les visages de ses personnages, pour faire fuser le ras-le-bol et le métamorphoser en une furie impitoyable. Et que dire de la couleur qui vient pousser un peu plus le dessin dans l’immonde…ment formidable. Pour le prix d’une toile (petite et vierge), les trois auteurs nous offrent, en fait, une succession de vignettes qui creusent le mystère (qui ne l’est pas tant en fait et est entièrement composé par le peintre lui-même, sans effet de surprise) émanant de cette peinture et réussissent à nous faire peur. Violemment, intégralement.

dark-museum-t-1-american-gothic-gihef-alcante-perger-couvertureSérie : Dark Museum

Tome : 1 – American Gothic

Scénario : Gihef et Alcante

Dessin et couleurs : Stéphane Perger

Genre : Horreur

Éditeur : Delcourt

Collection : Machination

Nbre de pages : 56

Prix : 14,95€

Date de sortie : le 15/02/2017

Extraits : 

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