Le Solitaire façon Cantona, frontal et animal dans Le Voyageur, téléfilm policier bien au-dessus de la mêlée

Aujourd’hui, on vous encourage vivement à être devant le poste, le petit écran, pour un téléfilm, une enquête policière bien charpentée, comme on en voudrait plus. À voir ce mardi soir, 20h55 sur France 3. Nous, la Rtbf nous a donné une longueur d’avance dans ce suspense haletant.

Éric Cantona, brut de décoffrage est le voyageur (le titre de ce métrage qu’on verrait bien accoucher d’une série), le ténébreux Bareski, un flic détaché de son plein gré, marginal en auto-suffisance mais prêt à se battre pour les autres avec des méthodes particulières mixant action mais aussi patience. Il en faut pour explorer et expurger le passé. C’est un coureur de fond, un chasseur.

Et quand il débarque quelque part, c’est qu’une affaire reste non-élucidée et que la police locale (incarnée par Gilles Cohen idéal pour apporter nuance à un personnage de flic reposant sur ses acquis, un poil macho avec sa stagiaire et secondé par Samy Seghir jamais en reste pour détendre l’atmosphère) patauge, que sa présence va vite fait de déranger. C’est le cas avec la disparition de la fille de Christine Bois (Audrey Dana très juste dans un rôle désemparé, à fleur de peau) dans ce coin de France un peu paumé depuis qu’une grosse usine a fermé.

Se penchant comme d’autres l’ont déjà fait sur les disparitions et homicides qui restent mystérieux et insondables, faute de preuves, Hervé Korian et Stéphanie Murat livrent un film ambitieux et ingénieux, plaçant des indices (et des faux indices aussi) l’air de rien, de manière anodine parfois.

Avec aussi du répondant, puisque, de front, c’est à deux enquêtes parallèles que le spectateur assiste, avec deux façons de voir les choses et de quoi générer le suspense bien mené dans des décors comme on pourrait en voir dans la fabuleuse série Zone blanche.

Comme la musique de Marco Prince qui fait le job et fait du western dans cette verdure bien photographiée. Zone blanche, ce Voyageur est du même tonneau, quelques crans au-dessus de ce qu’on voit souvent en télé. Accrocheur et bien ficelé, avec un acteur de tête, de barbe et de bonnet, qui une fois de plus a les épaules larges, le charisme animal (des fonds des bois) le regard acéré, l’énergie brute de décoffrage et le coeur au bord des yeux. C’est fou comme Éric Cantona n’est pas le premier footballeur venu et choisi bien ses rôles, encore plus à la télévision (Papillon Noir, Délit de fuite…), qui tirent le meilleur de lui.

On en redemande.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.