L’île aux mille émotions, aux mille sources de Sarah Lark

Un livre, une histoire, une héroïne tellement attachants que l’on se force à les poser quelques heures, à tourner les pages avec lenteur afin de passer plus de temps en sa compagnie. Je n’ai guère lutté longtemps, pas plus de 72 heures. Mais Nora, comme toutes les femmes contées par Sarah Lark, fait désormais partie de moi… Merveilleuse Jamaïque, honteuse Jamaïque, bouleversante histoire d’une femme qui s’écrit dans l’Histoire de nos colonies.

A lire aussi de la même auteure : Encore un peu de bonheur, de Nouvelle-Zélande, de femmes libres et passionnées avec Sarah Lark, Une trilogie pour s’évader, Sarah Lark en guise d’éclaireuse, Passions, amours et grand espaces : deux romans de femmes et d’ailleurs : Les felurs sauvages des bougainvilliers et les rives de la terre lointaine.

« Londres, 1732. Nora, la fille d’un riche négociant, a perdu Simon, son premier amour, avec qui elle rêvait d’horizons lointains. Pour satisfaire ses envies d’exotisme, la jeune femme accepte d’épouser un veuf bien plus âgé qui possède une plantation en Jamaïque.
Nora embarque alors pour les Caraïbes, à la découverte d’une île enchanteresse. Mais, bien vite, elle déchante : les conditions de vie des esclaves dans les champs de canne la révoltent.
Décidée à faire évoluer les mentalités, Nora pourra compter sur le soutien de Douglas, le fils d’Elias. Mais la révolte gronde, qui pourrait bouleverser à jamais la vie de Nora.
Avec cette nouvelle saga, Sarah Lark nous entraîne sur les pas d’une héroïne forte et attachante, à la découverte de contrées lointaines où tout reste à inventer, à commencer par sa propre destinée. »

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C’est dans un contexte d’esclavage, celui qui était la norme en vigueur à l’époque des colonies européennes, que se déroule cette histoire. Une histoire qui n’épargne pas les sévices ni les traitements qui leurs sont infligés. Un pied coupé pour avoir tenté de s’évader, le dos arraché par les coups de fouets pour avoir traîné quelques minutes sur le chemin du labeur, aucune considération, si ce n’est celle que l’on peut avoir pour un animal nuisible…. On a lu des témoignages, vu des films sur les conditions des Nord-Africains aux Etats-Unis, parfois, on se risque à une lecture sur l’esclavagisme…. Mais c’est ici dans toutes les pages, c’est ici le quotidien de Nora qui ne peut s’y résoudre…

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Ce livre, je l’attendais avec beaucoup de nervosité. J’ai ouvert ses pages avec tellement d’attente. J’ai respiré l’odeur de Simon, j’ai pleuré avec Nora. J’ai rêvé de cette île lointaine en sa compagnie, senti la force de l’ouragan accrochée à une branche de guaiacum géant. Je me suis baignée dans la mer, à l’abri d’une crique isolée. J’ai protégé ma peau de ce soleil de plomb, j’ai lavé mes pieds de la boue rouge et lourde qui s’accroche à tout. J’ai eu honte d’être blanche, honte de l’histoire de l’Europe. J’ai souffert avec les esclaves, compris, soutenu et détesté leur combat. J’ai rêvé du retour de Doug, félicité le destin vengeur de Elias, ce monstre du quotidien comme seule Sarah Lark sait les créer. J’ai espéré, j’ai attendu, j’ai ri, j’ai aimé… L’île aux mille sources est source de mille émotions.

« Elle aimait être à l’air libre, sentir le vent dans ses cheveux, contempler les vagues et observer le travail des matelots »

Plaisir additionné à la découverte de cette histoire est l’objet livre en lui même. A l’heure où les liseuses et autres formats numériques inondent le marché, je fais partie des inconditionnelles du livre papier. Mais il y a livre et livre. Les éditions l’Archipel, une fois de plus, on fait le choix d’un papier épais, avec un léger relief…. La comparaison est d’autant plus flatteuse que je sors d’un Joël Dicker imprimé sans saveur, écrit en petits caractères sur des pages blanches et lisses. Ici, le papier est sensuel, légèrement beige et le confort (et surtout le plaisir) de lecture n’en est que renforcé. C’est aussi important. Il faut le dire et j’ai passé du temps à toucher ses pages, mes yeux ne se sont pas épuisés par un contraste trop fort. Le luxe est à portée de main.

Un magnifique roman, d’une histoire de femme ancrée dans la grande Histoire que l’on connaît trop peu. Un roman complet, complexe, comme je les aime. Avec cette légèreté qui permet de supporter l’insupportable, avec cette profondeur qui empêche de le laisser trop longtemps de côté… Sarah Lark nous ayant offert deux trilogies précédemment, je ne peux qu’espérer retrouver Nora, Doug, la reine Nanny et les autres l’année prochaine, dans d’autres pages, dans d’autres combats. Encore un coup de coeur qui confirme que Sarah Lark est une de mes auteure fétiche.

Auteure : Sarah Lark

Titre : L’île aux mille sources

Editions : L’Archipel

Sortie prévue le 5 juin 2019

Nbre de pages : 464 pages

Prix : 23 €

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