Passions, amours et grands espaces : deux romans de femmes et d’ailleurs : Les fleurs sauvages des bougainvilliers et Les rives de la terre lointaine

Ce n’est pas un mais deux romans dont je vais vous compter les bienfaits. La lecture de leurs pages vous enivre et vous emporte au loin, là où le vent ne rencontre aucun obstacle, là où votre imagination s’auto-alimente, là où le bonheur ne cherche pas à se cacher…

« Les fleurs sauvages des bougainvilliers » de Katherine Scholes nous entraînent dans les contrées reculées d’Afrique. Après la seconde guerre mondiale, quand les Anglais ne savent plus comment occuper leurs anciens soldats et que des colonies sont à conquérir. Dans un lieu fictif inspiré du Tanganyika (Tanzanie actuelle) lors de la mise en place du plan Arachide.

« Kitty, peintre australienne, a bien des choses à se faire pardonner après le scandale qu’elle a déclenché à Londres et qui a bien failli mettre fin à son couple. Elle quitte l’Angleterre pour rejoindre son mari Théo en Afrique, au Tanganyika. Loin de tous ses repères, Kitty va tout mettre en oeuvre pour regagner la confiance de Théo et endosser le rôle d’épouse modèle. Mais très vite, elle s’ennuie. Jusqu’à ce que sa route croise celle de Taylor, un anti-colonialiste charismatique engagé aux côtés des Wagogo. La nature fougueuse de Kitty refait surface. Déchirée entre sa loyauté envers son mari, son attirance pour Taylor et son besoin de venir en aide à ce peuple démuni, Kitty saura-t-elle faire le bon choix? »

C’est une histoire de découvertes, de coup de foudre pour une culture, un pays. Mais c’est avant tout l’histoire de Kitty, femme intrinsèquement libre avant que l’époque ne le lui permette. Une femme qui va essayer de combattre sa nature afin de se soumettre à ce que l’on attend d’elle. Une femme qui se bat, qui existe dans un monde qui ne lui laisse pourtant que peu de place. C’est un livre sur le courage, une histoire d’amour contrariée, un livre des grands espaces et de la savane qui bruisse. Mais ce roman permet aussi de découvrir (ou redécouvrir) une époque et un morceau de l’histoire européenne. Celle des colons partis faire fortune en Afrique et confronté à la dureté d’un pays aussi rugueux qu’il n’est beau. Un grand bol de vent chaud ayant couvert des milliers de kilomètres avant de venir mourir sur votre joue.

Et la cerise sur le gâteau? C’est de Katherine Scholes en a écrit plein d’autres des ouvrages : La lionne, La femme au sari bleu, Léopard hall, La reine des pluies…. Tous commandés et en attente de livraison ! C’est pas du bonheur en pages ça?

Autre excursion livresque, « Les rives de la terre lointaine » de Sarah Lark nous propose un voyage cent ans avant la Seconde Guerre Mondiale, entre une Irlande affamée et sous la coupe anglaise et une Nouvelle-Zélande où tout reste à construire. Quelques années après la découverte de l’île par Cook et ses marins, la Terre du bout du monde reste un lieu d’émigration pour les hommes et femmes en quête d’une vie meilleure.

« Hiver 1846. La famine est terrible en Irlande, où la maladie de la pomme de terre fait des ravages. Kathleen et Michael sont jeunes. Ils s’aiment et rêvent de partir en Amérique pour y faire fortune. Mais ce projet s’effondre lorsque Michael est arrêté pour avoir volé de l’orge et du seigle. Condamné au bagne, il est envoyé en Australie pour y purger sa peine. Un vendeur de bétail, Ian Coltrane, en profite pour demander Kathleen – enceinte de Michael – en mariage. Ses parents, pour éviter le déshonneur, acceptent sans hésiter. Bientôt, les jeunes époux embarquent pour les rives d’une terre lointaine, promesse d’espoir : la Nouvelle-Zélande. Mais Kathleen n’a pas oublié Michael. le destin saura-t-il les réunir? Ou se jouera-t-il encore de leur passion? Des coups du sort en désillusions, la vie n’a pas fini de les surprendre… »

Les 700 pages, une brique en roman de poche, peuvent rebuter un peu le lecteur en quête d’aventures mais c’est tout le contraire qu’il faut ressentir. À la peur, au challenge de s’attaquer à ce pavé, succède bientôt la joie de partager une histoire drue, dense et pleine de péripéties en compagnie de Kathleen, de Claire, de Lizzie. Trois femmes à la vie rude mais qui ont un tempérament d’enfer, des femmes que rien n’arrête, des femmes que les épreuves façonnent, des femmes qui parcourent l’île du Nord et du Sud à pied d’abord, avec des mules ensuite puis en charrettes. Des femmes qui se battent pour s’en sortir, qui prospèrent et que la vie n’épargne pas. Et les hommes dans tout cela ? Il faut avouer que ce ne sont pas les grands héros de cette histoire tellement passionnante qui nous raconte la vie des hommes et femmes qui ont tout quitté pour un ailleurs encore peu connu, de l’autre côté de la terre.

C’est aussi et surtout de très belles histoires d’amours, du temps qui passe… Un roman conçu comme les films de Claude Lelouch, sous la forme d’une ronde, d’une boucle. Les personnages se croisent et se recroisent, pour mieux s’éloigner et se retrouver. Mais contrairement aux contes de fée, dans la vie, tout ne se termine pas par « Et il vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »… Quand le temps se déroule, quand la vie fait son oeuvre, on se retrouve changés… Et après les ailes poussées lors des retrouvailles, les pieds regagnent le sol… Après s’être enivré l’un de l’autre, qu’a-t-on réellement à partager, à échanger, à discuter avec un rêve, un songe de jeunesse qui est si différent?

C’est aussi la découverte d’une culture, du peuple Maori. De l’île d’Aotearea (nom maori de la Nouvelle-Zélande), de la confrontation et du partage des cultes… C’est un roman qui vous apporte plus que vous ne lui aviez demandé.

Un vrai coup de coeur !

Comme Katherine Scholes, Sarah Lark a écrit d’autres opus: A l’ombre de l’arbre Kauri, Les larmes de la déesse Maorie, Le pays du nuage blanc, Le chant des esprits…pas encore commandés mais déjà dans ma PAL…

J’ai adoré. Sous le charme de ces deux auteures, des grands espaces, des cultures découvertes et de ces histoires de femmes aussi fortes que féminines… Et si nous aussi nous avions des héroïnes !

Auteure : Katherine Scholes

Titre : Les fleurs sauvages des bouguinvilliers

Editions : Pocket

2013

540 pages

Auteure : Sarah Lark

Titre : Les rives de la terre lointaine

Editions : Archipoche

2010

710 pages

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