Le Signal de Chattam, terrifiant, haletant, exceptionnel : un livre qui se déroule comme un bon film qu’on n’a pas envie de terminer

Avez-vous déjà vraiment eu peur en lisant une livre ? C’est la quatrième de couverture du Signal de Maxime Chattam qui vous pose la question… Croyez-moi, le pari est réussi. En faisant ressortir toutes nos peurs anciennes, enfantines, en traquant les ombres de notre imagination et en nous offrant les retors de la sienne, Chattam signe avec son dernier livre un roman d’horreur-thriller magistral.

Olivia, star de la télévision New-Yorkaise, et Tom, son mari écrivain, décident de changer de vie. Ils tombent sous le charme d’une ancienne ferme entièrement rénovée dans la petite ville de Mahingan Falls. Emportant leur vie et leurs trois enfants, Chad, Owen et la petite bébé Zoé, ils s’installent en plein été dans cette ville encaissée et entourée d’une ceinture de rochers. Les enfants se font rapidement des amis et les parents découvrent avec plaisir le charme d’une ville de province. Mais des événements étranges surviennent : une vieille femme se suicide sous leurs yeux, Chad se fait mordre à la jambe dans la salle de jeu, des chauves-souris se jettent au sol et meurent éclatées, des voix gutturales et des cris de terreur se font entendre à la radio…. Le couple enquête et les enfants assistent impuissants à l’assassinat d’un ado en plein champs… La terreur s’installe, les peurs primitives resurgissent, des ombres apparaissent en plein jour et se densifient la nuit, le froid enveloppe tout et le danger est partout…Parents et enfants doivent se rendre à l’évidence, les monstres existent vraiment…

Maxime Chattam nous propose un récit « plus horreur que thriller » avec le Signal. Il y a du Stephen King dans ce contraste entre la douceur de vivre de Mahingan Falls et les atrocités vécues par les protagonistes. On s’attache aux personnages, à la famille Spencer, on s’interroge sur les événements décrits, on sursaute quand on tourne la page… Et si, par malheur, l’électricité vrille un peu dans la soirée, on panique allègrement. Ça fait peur et c’est bon !

Avec le Signal, Maxime Chattam renoue avec les thrillers plus classiques qu’on lui connaît (dont la chronique de « L’appel du Néant » est accessible sur Branché Culture) tout en continuant à innover et à se renouveler. En effet, les deux ouvrages « Que ta volonté soit faite » et « Le coma des mortels » étaient des tentatives d’exploration du récit, différentes, innovantes mais non abouties. Ici, Chattam nous offre un bon thriller, bien épais, bien ficelé et haletant tout en ajoutant l’horreur au récit. Je vous avoue, je ne suis pas adepte de l’horreur, je ne regarde aucun film du genre et les quelques essais effectués en littérature (Stephen King surtout) ne m’ont pas laissé un souvenir heureux.

Mais est-ce cet auteur si cher à mon cœur, est-ce le talent à la française, est-ce la finesse de l’écriture ou encore le mélange subtil entre horreur et thriller, j’ai apprécié. Non, c’est un euphémisme, j’ai adoré. Je dois confesser que si Freddy III a conduit à ce que je ne regarde plus jamais l’ombre en dessous de mon lit avec sérénité, Le Signal de Maxime Chattam marquera à jamais les sursauts et coupures du circuit électrique…

Une autre excellente raison de lire le Signal, comme Chattam en parle lui-même dans les remerciements de fin de livre, la famille Spencer, c’est un peu la sienne. Un père écrivain, une mère vedette de télévision et des enfants. Les relations interpersonnelles, le processus de création, le rapport à l’inspiration de Tom Spencer, c’est un peu Maxime Chattam. Il est donc particulièrement excitant d’avoir le sentiment de regarder par le trou de la serrure de la vie de cet auteur de talent… Sans jamais avoir le sentiment de voyeurisme puisque cela reste un récit imaginaire…qui emprunte un peu de véracité à la vie de son auteur.

Dernier point et non des moindres, l’objet livre lui-même. Un vrai bijou. Une couverture noir et argent, reflets métalliques qui brillent et invitent avec force à ouvrir les pages… N’est-ce pas des flèches à pointe d’argent que l’on utilise pour se prémunir des Loups-garous et autres créatures maléfiques ? Une carte de la ville imaginée par Maxime en guise d’amuse bouche… Et des pages cernées de noir comme pour nous rappeler que la ville est entourée d’une muraille… Tout se passe à l’intérieur, inutile d’espérer fuir, vous êtes enclavé…

Brillant, excellent, terrifiant. Un livre qui se déroule comme un bon film qu’on n’a pas envie de terminer… Un vrai plaisir de retrouver Maxime Chattam au sommet de son art.

Titre : Le Signal

Auteur : Maxime Chattam

Editions : Albin Michel

Sorti le 25 octobre 2018

Nbre de pages : 740 pages

Prix: 23 €

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