Les Solidarités 2017: du Maquis au Magic Mirror, avec Cali, Lady Sir et Dick Annegarn

Les Solidarités 2017 auront en partie été marquées par une redistribution des cartes avec la scène Le Maquis, devant le Château de Namur, qui est devenue la 2ème scène du festival après l’Esplanade, reléguant au 3ème rang le majestueux théâtre de verdure, le Magic Mirror occupant toujours la dernière place, en termes de capacité s’entend, sans préjuger aucunement de la valeur des artistes qui s’y produisent.

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Scène Le Maquis // Cali

_DSC4482Redistribution des cartes qui amène à revoir Cali mais au Maquis cette fois, après sa prestation inoubliable il y a deux ans sur l’Esplanade et quelques mois après son passage au théâtre de Namur pour un spectacle plus intimiste.

Une nouvelle fois, Cali a prouvé qu’il est à l’aise dans toutes les configurations. Cali a fait son show, a fait le show, le public n’a pas été déçu. De la traditionnelle montée des photographes sur scène et sa tout aussi traditionnelle échappée dans le public, en passant par les grimaces, sauts et autres gestes amples, il aura fait ce que ses fans attendent, avec la fougue mais aussi la générosité qui le caractérisent. Mais tout cela a parfois tendance à faire oublier – et c’est bien dommage – que Cali est avant tout un poète, une des plus belles plumes si pas une des plus belles âmes de la chanson française d’aujourd’hui.

Un rêve pour son prochain passage aux Solidarités ? Qu’il joue sur la scène du Théâtre de verdure à 21h, lorsque la nuit tombe et qu’il nous propose un spectacle plus intime comme il en a aussi le secret. Qu’il ne saute plus dans le public (même si la hauteur de la scène du théâtre de verdure ne suffirait pas à le retenir), qu’il ne joue plus au jeune chien fou. Qu’il offre juste son plus beau visage aux spectateurs, celui qui a écrit quelques une des plus belles chansons d’amour de ces vingt dernières années…

« À toi qui m’as offert ma fugue de seize ans, Mon Dieu pour ce baiser je voudrais mes seize ans, À cet instant je pense à toi »

Ou encore

« Ce soir je prie pour que tout redevienne comme avant, ce soir je prie pour que tu me serres a nouveau dans tes bras, que tu m’étouffes encore dans un baiser d’adolescente, tu me manques, tu me manques tellement ».

Cali, enfin, c’est l’artiste qui écoute ensuite Tryo depuis le backstage plutôt que de se réfugier dans une loge VIP ou de partir en catimini pour une autre ville dès son concert terminé sans saluer ses fans.

Cali, c’est… la vie quoi !

Scène du Théâtre de verdure: Lady Sir

_DSC4789_1Autre scène, autre ambiance avec Lady Sir au théâtre de verdure. Un retour aussi, ou presque : Gaetan Roussel avait enflammé le festival avec Louise Attaque l’été dernier, il revenait cette fois en duo, avec la comédienne Rachida Brakni, quelques mois après la sortie d’un des meilleurs albums de 2017, « Accidentally yours ». Un concert à ne pas manquer donc et pourtant qui a souffert – façon de parler – de la concurrence avec Tryo, au même moment au Maquis. « Souffert » ou plutôt bénéficié de cette concurrence déloyale : la réputation de Tryo n’étant plus à faire, le groupe a attiré sur les hauteurs du site un public nombreux, avide d’ambiance de festival, laissant le théâtre de verdure aux vrais amateurs, capables eux d’apprécier la douce mélancolie du duo sous un éclairage tantôt tamisé, offrant de magnifiques vues en contre-jour du couple à la scène – mais pas à la ville, demandez à Cantona –, tantôt embrassant les artistes sous les lumières bleues ou oranges, offrant un habillage du meilleur goût à leurs chansons. On ne peut s’empêcher de repenser à la prestation des Innocents un an plus tôt au même endroit, dans la complicité, l’émotion qui unissait le duo.

Si ce n’est déjà fait, foncez acheter ce disque de Lady Sir, vous ne serez pas déçu(e). Et rattrapez-vous avec le concert à la Madeleine en octobre…

Tiens, saviez-vous que Rachida Brakni, actrice avant d’être chanteuse, n’en est pas à son premier disque ? Et que son précédent opus avait été co-écrit avec son mari, Eric Cantona (qui a décidément bien des cordes – sensibles – à son arc) et un certain… Cali. Tout cela est finalement très cohérent non ?

Scène « Magic Mirror »: Dick Annegarn

_DSC4314Du maquis, après un arrêt au théâtre de verdure, continuons la descente et arrêtons-nous un instant au Magic Mirror pour découvrir le concert de Dick Annegarn, troisième coup de coeur de votre serviteur, le samedi.

« Dick qui ? »

Mais si, « Bruxelles » ! Ah, oui, « Boulevard des airs » ? NON ! Le Hollandais qui chante en français depuis 30 ans ! Ah, je vois, celui qui présente l’Eurovision sur France 2, Dave ?

Non ! Dick A-NNE-GARN.

Sur les quelques 20.000 spectateurs présents aux Solidarités samedi, il faut bien reconnaître qu’une très petite partie d’entre eux était là pour voir Dick. Romeo Elvis et Julian Perretta ont attiré bien plus de monde. Pourtant, il fallait être au Magic Mirror samedi soir sur les coups de 21h30 pour voir un concert épique, drôle, irrévérencieux, tendrement nostalgique. Croisement entre Julos Beaucarne et Arno, Dick Annegarn a emmené un public deux fois plus âgé que celui de Slimane à travers les époques, autour de ces inoubliables succès comme le déjà cité « Bruxelles », tristement revenu au devant de la scène suite aux attentats de Bruxelles ou encore « Sacré géranium ».

Après un début un peu tendu (le public étant entré au « Mirror » avant la fin de sa répétition, ce qui avait eu le don d’énerver l’artiste), l’anarchiste toujours aussi vert s’est détendu et a proposé un concert intense à un public qui s’est peu à peu clairsemé en raison entre autres de la chaleur qui régnait dans ce lieu clos. Mais ceux qui sont restés n’ont pas été déçus, loin s’en faut…

Ah c’qu’on est bien dans ce jardin
Loin des engins
Pas besoin de sous pour être bien
Pas besoin de vin pour être saoul

Il y a 40 ans qu’il chante un retour aux valeurs simples. Dommage qu’il n’y avait pas plus de monde pour l’écouter, le découvrir pour certains et se faire l’ambassadeur par la suite de ses valeurs. Et ceux qui disent que la programmation manquait d’artistes engagés auraient été bien inspirés de se rendre au Magic Mirror ce samedi. Ou d’écouter Cyril Mokaiesh (lire ailleurs le compte-rendu d’Alizée à venir). Car derrière quelques artistes peut-être moins connus pour leur engagement solidaire, il y en avait d’autres, qui vivent et chantent la solidarité depuis des années, sans tambour ni trompette… Ou justement avec tambour et trompette !

Compte-rendu en vue subjective (texte et photos): Benoît Demazy

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