Moi, Lubochka, être un homme comme vous… mais pas un soldat: une trêve face à la guerre entre humanité et animalité

© Baum/Piu aux Éditions des Éléphants

En partenariat avec Amnesty International, Les Éditions des Éléphants publient Moi, Lubochka de Gilles Baum et Amandine Piu. Une fable comme une douce et tendre parenthèse entre un ours et un soldat tentant d’échapper à la folie destructrice de l’Homme.

Résumé de Moi, Lubochka par les Éditions des Éléphants: Un ours mène une vie d’ours au fil des saisons. Et puis un jour, la terre tremble, les bombes pleuvent, le ciel prend feu.

© Baum/Piu aux Éditions des Éléphants

Avant d’aborder cette lecture, vous devez vous poser une question: voulez-vous parler de guerre avec votre enfant? Vous me direz qu’on la voit, on l’entend partout dans les journaux. D’où peut-être une volonté de protéger notre progéniture. Si c’est le cas, quand le moment viendra d’aborder ce lourd sujet, souvenez-vous de ce livre, collection d’instants hors du temps entre un ours et un soldat, Sergyi. Lui trouve plus de sens dans la nature, la vie simple et les jeux immuables, qu’à la guerre dans laquelle il va devoir très vite reprendre place.

© Baum/Piu aux Éditions des Éléphants

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Mais le temps d’une rencontre, alors que les affrontements pyromanes l’ont chassé de son paradis, un ours va débouler dans le campement de Sergyi. L’instinct l’a poussé là, la terre brûlée, le poil roussi, des plaies coulantes, l’ours s’étale de tout son long, plus mort que vivant. Mais c’est sans compter son sauveur, jusque-là engagé, suppose-t-on, à faire couler le sang plutôt qu’à le panser… contre son gré.

© Baum/Piu aux Éditions des Éléphants

Des bandages, une bonne soupe, une partie d’échecs et de la musique au kobza, puis comme témoins de cette amitié suspendue et éphémère (?), les étoiles dans ce ciel dégagé. « La terre est un paradis vu d’avion un soir », chantait Delpech. Mais sur le plancher des vaches, la guerre n’attend pas. Sergyi devra reprendre le combat. À moins que? Pourtant, le monde mérite mieux que Sergyi chair à canon, être-cocon, qui vous englobe de chaleur même au fin fond des steppes hostiles. Il faut tout faire pour sauver le soldat Sergyi, quitte même à prendre sa place?

© Baum/Piu aux Éditions des Éléphants

Sur des oeufs, les deux auteurs livrent une fable originale et rêvant d’espoir et de solidarité, de faire force commune plutôt que vents contraires et dévastateurs. Dans la forme du texte, son rythme, ses jeux, tout invite à faire la fête à la vie, malgré ce qui se trame tout autour. Amandine Piu, elle, capte bien ses personnages, l’ours avec son air ahuri et cette envie d’être un homme comme vous, Sergyi avec cette curiosité et cette façon de voir la beauté là où il n’y aurait plus d’espoir. Le naturel. Il y a là de la texture, de jolis effets qui rompent le vide pour le pire ou le meilleur, des ambiances contrastées et beaucoup de beauté, inespérée, dans cet album.

À (se faire) lire dès 5 ans aux Éditions des Éléphants.

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