
Faire la guerre? Mais vous n’y pensez pas, quelle idée destructrice. Malheureusement, dans le vaste monde qui nous entoure, force est de constater que tout le monde ne partage pas ces idées de fraternité, de paix. Que les opposés qui pourraient s’attirer… s’opposent. Encore plus quand le pouvoir tombe dans de mauvaises mains. Jean-Baptiste Drouot nous entraîne avec délice dans un conflit fratricide entre voisin… qui n’aura pas lieu. À cause de l’amour! Mais pas de ceux qu’on croit.
Résumé de Coup de foudre par Les fourmis rouges : Dans une contrée lointaine, le royaume de l’Est et le royaume de l’Ouest vivent en paix depuis toujours. Mais le jour où les rois et les reines des deux royaumes meurent, les choses se gâtent. Car le fils et la fille qui succèdent à leurs parents sont méchants, teigneux et ne supportent pas le royaume d’en face, sans même y avoir jamais mis les pieds. Et c’est la guerre qui se prépare. Mais heureusement, comme les habitants des royaumes s’en fichent un peu d’occuper le territoire d’en face, c’est l’amour qui triomphera !
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« Vous pensez qu’on peut deviner la fin d’un livre juste en lisant le titre et en regardant la couverture? Alors ce livre est pour vous. » Il y a anguille sous roche et c’est tant mieux: on en a marre des livres dont les couvertures et les résumés en disent trop. Ici, Jean-Baptiste Drouot va nous désarçonner, et les foudres de guerre encore plus. Dans une contrée anthropomorphe, royaume des chiens et royaume des cochons vivaient paisiblement côte à côte. Et comment! Ils ne se connaissaient pas, ils étaient séparés par une rivière sur laquelle jamais personne n’avait imaginé faire un pont. Et tant mieux, ça évitait les conflits.

Mais c’était sans compter la mort des vénérables roi de l’ouest et reine de l’est, et le trône laissé vacant pour une nouvelle génération assoiffée de sang et de pouvoir. Les chiens (et les cochons) font parfois des chats. Toutes griffes dehors. Pour aller voir de l’autre côté et pas pour serrer des pinces et boire le verre de l’amitié. Plutôt que coucouche papier, toutouche l’épée. Ils ne se connaissent pas mais ils se haïssent déjà, le nouveau roi cochon et la nouvelle reine chienne, et ils tentent d’entraîner leurs sujets dans leur folie.
Ah, ça, ils sont assez autoritaires que pour mettre leurs citoyens au turbin, seller les griffons (ah non, euh, trop de fast-food), les chevaux donc, et mettre sur le coup leurs meilleurs ingénieurs. Qui eux, par pigeons voyageurs interposés, ne sont pas gênés de collaborer. Le pont se crée, l’assaut va pouvoir être donné.

Même si on veut protéger, préserver notre progéniture de la sotte société qui nous entoure, des échos des guerres pas si lointaines, très proches même, force est de constater que les questions viendront tôt ou tard et qu’il n’est pas impensable de donner à nos enfants quelques éléments d’explication. Pourquoi ne pas le faire avec des chiens, des cochons, des chevaux, comme si on jouait avec des animaux de la ferme.
Sauf que jouer n’est pas tuer. Et c’est là que Jean-Baptiste Drouot entre en scène, avec un ton corrosif qui plaira aux parents et parodique qui plaira aux enfants. L’auteur est en pleine forme pour mener cette guerre à sa perte, en braquant sa love cam, en couverture, sur les deux souverains rivaux. Pas sûr qu’ils s’embrasseront devant nous, cela dit. Alors qui? En attendant le bouquet final, Jean-Baptiste Drouot nous balade dans des dessins truculents (avec quelques anachronismes par-ci par-là) et avec un vocabulaire aussi relevé que caustique, hilarants. Nos enfants vont s’amuser à en reprendre quelques expressions. Et à comprendre que faire la guerre, haïr son prochain ou son voisin, c’est absurde. Validé par ma princesse de deux ans et demi.

À partir de 4 ans, à lire chez Les fourmis rouges.


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