
Le monde de dehors peut faire sacrément peur. C’est pourquoi Léon ferme les fenêtres et les occulte. Mais il a un chat, Bélinda. Et s’il y a une chose que les félins aiment faire, c’est de passer leur vie à la vitre. Et imaginez que les grands peintres se bousculent au portillon et embarquent Bélinda et Léon dans un voyage brouillant les repères et plein de bêbêtes.

Résumé de Bélinda par HongFei : Dehors, tout change vite et Léon préfère ne rien voir derrière ses rideaux fermés. Mais Bélinda s’ennuie et alors qu’elle passe par la fenêtre, Léon bascule en voulant l’attraper. Le voici livré aux tumultes de l’extérieur. Entre-temps, Bélinda rentre avec d’encombrants compagnons friands… de croquettes pour chat. C’en est trop ! Elle remet tout le monde dehors tandis que Léon retrouve le chemin du retour au fil d’un parcours jubilatoire et esthétique, heureux d’avoir vu tant de paysages.
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À bientôt trois ans, ma fille a tout le temps d’avoir entre les mains des livres au ton trop professoral. Nous avant les siestes ou la nuit, on veut du fun, de l’aventure! Et tant mieux s’il peut, en bonus, éduquer l’esprit et l’oeil.
Dans cet album où résolument rien n’est attendu, tout est surprise, la Française Éléa Dos Santos convoque derrière la fenêtre les oeuvres de sept artistes aux styles particulièrement identifiables: Niki De Saint Phalle, Caspar David Friedrich, Katsushika Hokusai, René Magritte, Claude Monet, Henri Matisse et Georges Seurat.

Si on ne les connaît pas, pas de panique, l’histoire peut très bien se lire sans les références (notifiées en fin d’album). Regarder un tableau, c’est aussi se raconter sa propre histoire, y mettre ses propres émotions. Éléa Dos Santos réussit à le faire avec maestria et une folle légèreté.
Sur quasiment un plan fixe (allez deux), elle va raconter deux histoires, devant et derrière la fenêtre, avec des allers-retours pour Léon et Bélinda, tour à tour happés par ce monde moins effrayant qu’enchanté. Il n’y a pas meilleure thérapie qu’oser vivre et refaire le monde à son idée.

Car le tissu des rideaux ne protège pas longtemps des assauts de l’extérieur. Et une fois que Bélinda s’engouffre dans la faille, Éléa Dos Santos imagine à chaque toile les curieuses et coquines créatures qui pourraient s’en échapper. Des petits singes, des yétis, des hérissons… et tous raffolent des croquettes de Bélinda qui ne compte pas se laisser faire. Les dessins de l’autrice, passe-partout, ont du style et elle a la bonne idée de ne pas appuyer les images par le texte, de raconter autre chose. Un récit magique et extraordinaire. J’ai totalement craqué.

Dès 5 ans, à lire chez HongFei.


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