

L’Amérique du Nord. Deuxième étape dans cette nouvelle Saga de Thorgal Aergisson, une nouvelle série parallèle faite de one-shots confiés à de solides auteurs de BD. Après le récit de Robin Recht, convoquant à la fois les origines et la fin, dans un récit viscéral, recomposant l’identité du héros créé par Jean Van Hamme et Grzegorz Rosiński, Fred Duval et Corentin Rouge s’offrent à présent une incursion en territoire amérindien, en compagnie du viking le plus connu du Neuvième Art. En fin d’article, on vous donne également des nouvelles des prochains opus, par Yann/Roman Surzhenko et Valérie Mangin/Christophe Bec.
À lire aussi | Dans Sangoma, Caryl Férey et Corentin Rouge explorent l’Afrique du Sud de sa lumière à ses ombres, de ses leaders à ses démons tenaces
Résumé de Thorgal Saga – Tome 2 – Wendigo : Naviguant vers leurs terres depuis le pays Qâ, Thorgal, Aaricia et Jolan se retrouvent pris au beau milieu du conflit qui oppose le Peuple de l’Eau et celui de la Forêt. Leurs divinités respectives sont maintenant déchaînées, et rien ne pourra plus entraver le chaos de la guerre. Sauf, peut-être, une flèche taillée dans l’Arbre de Vie, tirée sur le redoutable Wendigo. Pour sauver Aaricia, enceinte et blessée, Thorgal n’a d’autre choix que de prendre parti et de se compromettre une nouvelle fois dans la folie des hommes.

Alors que Robin Recht imaginait la fin et le début de ce mythe, Fred Duval et Corentin Rouge s’insèrent après le cycle de Qâ et font dériver (ou peut-être n’est-ce en rien un hasard, mais un sortilège d’attraction?) le drakkar de notre guerrier dans des eaux plus habituées à voir naviguer des canoës. Encore une fois, Aaricia, diminuée et porteuse de vie, va servir de levier pour faire intervenir Thorgal dans une guerre qui, autrement ne l’aurait pas regardé. Et dont il est peut-être la seule clé. Face à des dieux-monstres, insaisissables, qui n’ont rien à voir avec le Valhalla. Autre culture, autres rites, autres sacrifices.


Après Robin Recht, Corentin Rouge, c’est quelque chose aussi. C’est sous une couverture en plan très rapproché, sur le visage ultraréaliste et déterminé de Thorgal que s’ouvre ce nouveau morceau de bravoure et de magie, pas forcément recommandable. Pris dans un conflit qui semble interminable et aura fait crever bien des innocents, le peuple de l’Eau (Avatars avent l’heure donc) et celui de la forêt semblent s’être résolus à en appeler à des forces aussi obscures qu’incontrôlables. Un serpent (encore un) contre une espèce d’orignal-garou. Alors, dit comme ça, ça peut prêter à sourire, mais c’est sans compter Corentin Rouge qui, dès les premières planches, installe cette ambiance d’horreur surnaturelle qui va hanter et sublimer à la fois tout cet album.


Au contact de nouveaux rituels, Thorgal se retrouve dans la peau de l’élu, le seul qui puisse mettre fin à la guerre et à l’emprise des géants (kaïjus, dirait-on de l’autre côté du monde). Le viking ne va pas prendre le commandement d’un bataillon indigène. Non, cette aventure se vit plus comme une course en avant et vers le haut, tout en haut de l’Arbre de vie, une quête effrénée de survie et de limites à repousser. Car il y aura des dommages collatéraux pour chaque camp, dont on ne se remet pas.


S’il ne remue pas autant nos tripes que le premier volume de ces spin-off, Fred Duval et Corentin Rouge font un travail remarquable, qui m’a coupé plusieurs fois le souffle et ne peut que renvoyer Thorgal à son histoire, pourtant si loin de ses terres. Corentin Rouge, avec les couleurs élaborées en duo avec Walter, ajoute une flèche à son arc et un nouveau genre, prouvant qu’il est aussi fantastique. Sens de l’action et des décors, du vertige, impressionnant.


Naturellement, cette chronique arrive un peu tard, mais je ne saurais vous conseiller la lecture de l’édition de luxe et limitée (en rupture de stock un peu partout), avec un cahier graphique en bonus mais, surtout, un format plus grand, pour profiter encore plus.

À lire chez Le Lombard. Preview un peu plus bas.
La troisième histoire complète de Thorgal Saga, annoncée depuis des années, sera Shaïgan (qui avait donné en son temps son nom au 9e cycle des aventures du viking, du tome 18 au tome 23), scénarisée par Yann et dessinée par Roman Surzhenko. Deux habitués qui ont déjà collaboré plus d’une fois sur La jeunesse de Thorgal et Louve.








Notons que la Saga ne s’arrêtera pas là : Valérie Mangin et Christophe Bec préparent aussi leur one-shot: Huldra, la déesse d’Ambre. La sortie n’est cela dit pas prévue avant plusieurs années. Nul doute que d’autres volumes auront enrichi cette collection d’ici-là.
En attendant, voici donc les premières planches de Wendigo:
















Un commentaire