Okanikaa: de la France au Nouveau Monde, un père en quête de son fils, pour mieux le tuer et s’en… repaître

© Hirodjee/Magenta King chez Les Humanoïdes Associés

Promenons-nous dans les bois, pendant que le Wiindigo (ou Wendigo) n’y est pas. Dieu (ou celui en qui vous croyez ou pas) vous garde, vous trouverez plus facilement cette créature démoniaque et surpuissante dans les pages de BD. De Thorgal, notamment, récemment. Quelques mois plus tard, nous revoilà à arpenter les terres amérindiennes. Une jungle dans laquelle viennent se jeter des anciens Français, prêts à tout pour trouver ce qu’ils cherchent.

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Résumé d’Okanikaa par Les Humanoïdes Associés : Au XVIIe siècle, dans le Nouveau Monde, le Baron de Sentenac, un Wiindigo démoniaque, cherche désespérément son fils François, alias Okanikaa. François, héritier condamné au sacrifice pour la survie de son père, fuit sa terrible destinée en se réfugiant parmi les indigènes et les trappeurs. Armé d’une équipe d’explorateurs, le Baron traverse alors le pays, déterminé à retrouver François, surmontant tous les obstacles pour sauvegarder le sombre leg de la famille.

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Derrière cette histoire, de monstres, d’ésotérisme vieille France et de folklore du Nouveau Monde, on découvre, a priori, un nouveau tandem du Neuvième Art : Hirodjee (au scénario) et Magenta King (au dessin), alliés aux couleurs de Lucie Firoud. La couverture d’Okanikaa est saisissante, éprouvante, une famille qui se serre et se réconforte alors que, derrière eux, le savent-ils, une masse informe et hirsute s’avance. Ses yeux rouges transpercent le papier. C’est impactant, ça donne envie de rentrer dedans, de frissonner.

Mais avant ça, c’est sur les hauteurs de Sentenac, dans le sud de la France que commence cette histoire. Il se trame de drôles de choses dans le château, les relations père-fils ne sont pas au beau fixe, houleuse, tendance amour-haine. Et, ce soir, les choses prennent une tournure diabolique. Sans savoir qui fait quoi, père et fils se sont battus, a priori, pas comme le commun des mortels, il y a des sciences occultes là-dessous. Le fils ôte une sorte d’obole de son front et prend la fuite à cheval. Rapide flashforward sur ce qu’il se passera vers la fin de ce one-shot, avec une créature terrifiante aussi balèze que Thanos pour casser et décomposer de l’humain, et la chronologie peut reprendre son cours et sa chasse à l’homme.

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Car le père doit à tout prix retrouver son fils, quitte à traverser les océans et à accéder à une forêt d’Amérique du Nord où la magie et les maléfices sont encore plus prégnants et les frontières entre le réel et l’irréel encore plus poreuses.

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Pourtant, après une introduction convaincante et charismatique, une fois outre-Atlantique (et même outre-Saint-Laurent), je n’ai plus cru une seconde à cette histoire d’éternelle jeunesse qui a forcément un prix. Scénario mais aussi graphisme perdent leur force, deviennent clichés et kitsch dans les faciès comme dans le bestiaire. La traque est lancée, démesurée, mais je reste sur le bas-côté. Même si on est dans l’imaginaire, j’ai trouvé le déroulé de cette intrigue abracadabrant, pour ne pas dire grotesque.

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Pourtant, c’était bien parti, je le redis et l’un des ingrédients de départ qui me plaisait était que le lecteur se retrouvait face à un père et un fils sans savoir qui était le méchant, et qui était le gentil, s’il y en avait. Mais, très vite, on sait qui est qui, qui chasse qui, et l’histoire perd de son magnétisme, de son intranquillité et de sa saveur. Reste alors une trajectoire unidirectionnelle à suivre, avec des petits détours mais un rouleau compresseur bien huilé, avec de grandes dents. Un monstre, un Okanikaa (une « osseux »), qui change d’apparence au fil des planches, est instable – on le comprend tant il a urgence à sucer du sang neuf , ce qui lui fait perdre aussi de sa substance. Malgré un twist final cynique, qu’est-ce qu’on s’est ennuyé malheureusement.

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À lire chez Les Humanoïdes Associés

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