Au-delà des apparences #3 Blacking out : le pyromane peut-il être le sauveur, l’intense lumière des feux de forêt peut-elle éclaircir le meurtre mystère?

© Mosher/Krause/Brusco chez Delcourt

Nous n’en sommes jamais à l’abri! La rumeur, le mensonge, la croyance pour desservir autrui ou se servir soi dans diverses circonstances. S’il n’est pas démasqué à temps, le soupçon reposant sur peu ou prou de choses peut être dévastateur ou salutaire pour les uns à défaut des autres, rarement pour l’ensemble d’une communauté. À travers trois sorties récentes, le monde du Neuvième Art nous montre quelle forme la rumeur peut prendre. Passe de trois avec Blacking Out, comics court et au format franco-belge traditionnel, mais intense. Financé initialement sur Kickstarter et supporté par quelques amis de talents.

À lire aussi | #1 Le serpent à deux têtes, la transe de la survie et des vies multiples

À lire aussi | #2 Merel, harcèlement de ru…ralité, mais les commères peuvent-elles avoir raison d’une comète, si lumineuse?

Résumé des Éditions Delcourt pour Blacking Out : Tout en luttant contre son alcoolisme, Conrad – ex-flic – ne dispose que d’un seul maigre indice pour élucider la mort de la jeune Karen Littleton dont le corps a été retrouvé calciné dans une petite ville de Californie. Les rebondissements continus de cette affaire changent constamment le point de vue du lecteur, jusqu’à ce que le récit atteigne son apogée avec un final puissant et inattendu.

© Patric Reynolds/Jacob Phillips
© Dan Panosian

Dans l’incendie, le diable. Alors que le calcinant phénomène se répète sous le soleil de Californie, un brasier en chassant un autre, la ville d’Edendale reste focus sur un événement particulièrement glaçant malgré la température ambiante: la mort de Karen Littleton retrouvée carbonisée mais pas assez que pour que ce soit un accident. L’heure est désormais au procès, dans une autre sèche saison inquiétante, et sur le banc des accusés, il y a Robert, le père de la victime. Un homme méchant, mais cela suffit-il à en faire un meurtrier et un pyromane. L’enquête a été bâclée.

© Elise McCall
© Mirka Andolfo

Conrad n’a rien pu y faire, il était bourré la plupart du temps mais cette affaire l’obsède. Et c’est l’avocat du prévenu qui engage celui qui est redevenu civil pour tenter une ultime fois de faire la lumière sur cette affaire fumante. Avec des méthodes un peu plus borderline que celles employées par la police.

© Jamal Igle/Jacob Philllips
© Jacob Phillips

De retour au pays, Conrad a donc les coudées larges: en désespoir de cause, son client cherche à tout prix à innocenter Robert Littleton. Si l’amour s’invite dans sa vie, Conrad a une raison de plus de redevenir le fin limier qu’il était il y a trop longtemps, mais ses ex-collègues ne sont pas forcément ravis de ce retour d’entre les vapeurs alcoolisées.

© Francesco Francavilla
© Emma Rios

Entre la nuit et le jour, qui polarisent aussi certains êtres humains, Chip Mosher et Peter Krause (les couleurs incandescentes sont signées Giulia Brusco) réalisent un album qui coupe le souffle, avec intelligence. Pourtant, rien n’est facile quand il s’agit de mener le lecteur en bateau, comme le héros principal, et de donner l’impression que tout tourne en rond. Tandis que la fin de cet album approchait, je me demandais comment il arriverait à conclure sans un deuxième volume. Non, pourtant, cette histoire était bien annoncée en un seul et unique tome. C’est sans compter les chocs, un événement qui fait que Conrad passe de la cool attitude à l’action, comme dans un réflexe de survie, et que les twists s’enchaînent. On est scotché et complètement démuni face à ce récit qui tourne court et mal, amoral, diaboliquement huilé pour tirer profit de ses airs de ne pas y toucher. Attention, ça brûle!

© Eduardo Risso
© Mosher/Krause/Brusco

À lire chez Delcourt 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.