Un avion de la Wehrmacht disparaît au-dessus de l’Écosse: 70 ans plus tard, l’enquête reprend et l’agence des invisibles de Marc Lévy, Sylvain Runberg et Espé n’est pas au bout de ses surprises

Alors que sa réputation de best-seller n’est plus à faire dans le monde de la littérature non-graphique, Marc Lévy connaît depuis longtemps le bonheur d’adaptation  dans des médias variés. La BD n’y a pas fait exception puisque Les enfants de la liberté et Sept jours pour une éternité avaient déjà gagné en dessins. D’Espé (qui avais signé le bouleversant Col de Py), notamment, pour ce dernier. Marc Lévy le retrouve tout en faisant la connaissance du scénariste multi-récidiviste et touche-à-tout, Sylvain Runberg, pour lancer une nouvelle série BD originale, entre enquête et voyage à travers les époques et les lieux. Les mystères laissés par les grands événements qu’a comptés notre bonne vieille terre.

© Levy/Runberg/Espé/Degreff chez Philéas

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Résumé de l’éditeur : L’Agence des Invisibles, menée par Norman Cooper et son ami Kuma Takara, retrouve la trace de personnes disparues au cours des grands conflits, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours, et reconstitue le déroulement des derniers jours de leur vie ainsi que les circonstances de leur disparition. L’Agence des Invisibles est réputée comme la meilleure quand il s’agit de retrouver des personnes disparues. Comment ne pas vouloir découvrir l’histoire d’un parent proche, quelle famille peut prétendre ne pas connaitre de zones d’ombre, ne pas avoir de secrets ou d’arrangements avec la vérité ? Qui peut être certain de connaitre vraiment l’histoire des siens ? Julia Müller débarque à New York pour savoir ce qui est arrivé à son père, Friedrich Müller, navigateur dans la Luftwaffe disparu avec son bombardier en 1941.

© Levy/Runberg/Espé

La disparition, ça a quelque chose de fascinant. Morbide aussi. Mais quand quelqu’un disparaît sans laisser de trace et en laissant supposer qu’il vit peut-être toujours quelque part avec ses secrets, l’imagination s’active dans de multiples scénarii. Parfois, le mystère reste entier, après des décennies. La guerre en est un vaste terrain, d’ailleurs. À l’heure où beaucoup de jeunes ou moins jeunes personnes s’intéressent à la généalogie et à qui étaient les aïeux qu’ils n’ont pas connus, L’agence des invisibles possède les spécialistes et les armes pour faire au mieux la lumière sur l’évanouissement dans la nature d’une personnalité.

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Dans la nature ou dans les airs. C’est là qu’on a pour la dernière fois la trace de Friedrich Müller. Si son passé trouble et la manière de donner des ailes au nazisme peuvent faire dire au commun des mortels « bon débarras », il en va différemment de sa fille, qu’il a laissée orpheline et qui se dit peut-être que son effacement dans la ligne d’horizon d’une guerre loin d’être finie était peut-être le signe d’une prise de conscience du mal que voulait faire sa patrie au monde.

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Voilà une affaire en or pour que le lecteur découvre les méthodes, catholiques ou pas très de l’Agence des invisibles et son effectif: sous l’égide de Norman Cooper et Kuma Takara; il y a Emily Koning, Rafael Santiago, Henry Harper et Anton Cooper (qui se voit déjà calife à la place de son calife de papa), historiens, enquêteurs et journalistes; Susie Brodka et Franck Russo, back office; ainsi qu’April Hurston et Gerhard Behmer, scientifiques. Puis, quoi de mieux pour intégrer cette équipe et la comprendre dans ses forces comme ses affres, que d’y suivre une nouvelle venue, ancienne agente de la DGSE, Lilia Hanouni.

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Une recrue qui va déjà mettre le brin et diviser la dynamique équipe qui, pourtant, va avoir besoin de tous ses moyens pour retrouver la trace du bombardier disparu, sans doute aux abords de Knighton, en Angleterre. Et personne n’est préparé à ce qu’il va trouver. De dangereux, d’inavoué.

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Car de la petite ville au lac tout proche, tout le monde, après tant d’années d’oubli, va être mouillé dans ce qui apparaît être une sinistre affaire. Qu’il n’appartient peut-être pas de juger mais de comprendre avec les circonstances et les ressentiments de l’époque. Alliant l’humain fragile à l’Histoire solide, les auteurs réussissent une belle enquête, relevée, et Espé se révèle impeccable dans la mise en scène et les allers-retours proposés, sous les couleurs de Degreff. L’équilibre renforce la bonne facture de ces débuts.

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Série : L’agence des invisibles

Tome : Enquête 1 – Friedrich Müller

Scénario : Marc Lévy et Sylvain Runberg

Dessin : Espé

Couleurs : Degreff

Genre : Drame, Enquête, Histoire

Éditeur : Philéas/Versilio

Nbre de pages : 88

Prix : 15,90€

Date de sortie : le 16/09/2021

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