L’intemporel Goldorak revient sous la plume de fameux Frenchies pour notre plus grand bonheur: symbiose parfaite entre l’homme et la machine

Nous l’avons connu en 1978 parmi les premiers dessins animés japonais. Ils (Denis Bajram, Xavier Dorison, Brice Cossu, Alexis Sentenac et Yoann Guillo) l(ont ressuscité pour en faire un mythe intergénérationnel! Son nom? Goldorak! Il traverse tout l’univers aussi vite que la lumière. Qui est-il? D’où vient-il?

Résumé: La guerre entre les forces de Véga et Goldorak est un lointain souvenir. Actarus et sa soeur sont repartis sur Euphor tandis qu’Alcor et Vénusia tentent de mener une vie normale. Mais, des confins de l’espace, surgit le plus puissant des golgoths: l’Hydragon. Alors que le monstre de l’ultime Division Ruine écrase les armées terriennes, les exigences des derniers représentants de Véga sidèrent la planète: sous peine d’annihilation totale, tous les habitants du Japon ont sept jours pour quitter leur pays et laisser les envahisseurs coloniser l’archipel. Face à cet ultimatum, il ne reste qu’un dernier espoir… Goldorak.

On reprend l’histoire 10 ans après la fin de l’animé. Nos héros ont tous repris une vie plus ou moins normale. Alcor est devenu un homme d’affaire, Vénusia est interne en chirurgie tandis que Actarus et Phénicia sont repartis sur leur planète. Tous semble aller pour le mieux jusqu’à l’attaque d’un nouvel Anterak. Les derniers survivants de Véga se lancent dans une nouvelle bataille qui a pour but de prendre par la force le Japon. Mais alors que tout semble perdu, la patrouille des aigles refait surface. Vont-ils parvenir à surmonter cette ultime bataille alors qu’ils sont encore tous marqués par leur dernier affrontement?

Diffusé pour la première fois sur Antenne 2 en 1978, ce dessin animé japonais a marqué les esprits de beaucoup de monde. Ce mecha (manga ou anime de science-fiction où les personnages utilisent des armures mécaniques: Evangelion, Gundam, Macross, etc.) est vite devenu le porte-étendard de ces nouveaux héros venus du pays du soleil levant. L’animé a été créé et réalisé par la Tôéi d’après une idée de Tõéi Dôga mais le 1er manga a été réalisé par Gõ Nagai. D’ailleurs, c’est lui qui a validé le travail de l’équipe française et accepté cette reprise.

Après avoir grandi dans l’ombre de ce robot, cinq Français devenus dessinateurs ou scénaristes ont décidé de faire revenir cette licence du fin fond de notre galaxie. Ce quintet de génie se compose de deux scénaristes, de deux dessinateurs et d’un coloriste. Le premier scénariste et l’instigateur du projet est Xavier Dorison (Le troisième testament), le deuxième est Denis Bajram (Universal War). Pour l’aspect graphique, on retrouve Brice Cossu (Frnck, dont Alexis a déjà eu maintes fois l’occasion de vous en dire le plus grand bien), Alexis Sentenac (Carthago Aventures, Noô) et pour les couleurs Yoann Guillo (Largo Winch, Obscurcia, Frnck). Il leur a fallu presque 5 ans et un travail acharné pour que nous puissions tenir la BD dans nos mains. Et on peut dire que Goldorak les a plus qu’inspirés. L’album est à la croisée des chemins entre le manga et la bd franco-belge. On retrouve l’excellent travail sur les couleurs de Guillo. Il parvient à mettre des nuances de lumière qui rajoutent de l’émotion aux dessins de Sentenac et Cossu. Le graphisme utilisé par notre duo est lui aussi à la hauteur. Que ce soit dans l’intensité des combats, les expressions faciales ou la profondeur des décors. Sur les planches, rien n’est superflu. Tout est d’une justesse, d’une précision qui semble venir d’une autre planète. Les doubles-pages ou les gros plans sont magnifiques mais ne sont pas là uniquement pour faire beau. La qualité des traits renforce et donne de la profondeur au scénario. Le gros plan de Goldorak qui s’éclaire dans le fond du lac fait penser à une renaissance.  La symbiose parfaite entre l’homme et la machine.

Le scénario est d’une mécanique redoutable. On prend tous les protagonistes de la série et on les fait évoluer dans le temps. Attention, nous ne sommes pas sur du fan service mais bien sur une plus value de l’intrigue grâce au développement de chaque personnage. Leurs idéaux, leurs inspirations sont toujours intacts mais on leur rajoute le poids de la vie quotidienne. On entre alors plus facilement en empathie avec les personnages car ils ont les même espérances: l’amour, la famille etc.

Mais ce qui touche le plus, c’est la décennie de Prince d’Euphor. On retrouve Actarus encore plus sombre qu’avant, plus torturé et ce n’est pas une métaphore. On comprend ses doutes en tant que héros et ses failles en tant qu’homme. Mais on constate qu’à chaque fois, il paie un lourd tribu et que malgré son engagement, il ne parvient pas sauver les gens qu’il aime. On ressent ces émotions et les conflits internes de sa conscience emplie de compassion et d’une profonde tristesse. Il va devoir trouver une solution à ce conflit. Faut-il devenir un monstre pour imposer la paix? Au fur et à mesure des combats, il perd son humanité. Doit-il devenir un monstre pour imposer la paix?

Vous l’avez compris cet album est une totale réussite. Il va plaire aux afficionados comme aux jeunes lecteurs. On remarque également que Goldorak est intemporel. Le graphisme ou le scénario sont hyper contemporains. On assiste à la renaissance du héros de notre enfance aux valeurs humanistes. Les thèmes développés sont très actuels et en même temps proches du manga de Go Nagaî: l’intégration, le sens du sacrifice ou l’acceptation de l’autre. Merci aux éditions Kana d’avoir permis à ces passionnés de faire revivre la légende de notre enfance. Les couleurs, l’impression et le format de l’album sont à la hauteur de son contenu. Il fait partie des albums qu’il faut absolument avoir dans sa bibliothèque.

Titre: Goldorak

Scénario: Dorison, Bajram

Dessin: Cossu, Sentenac

Couleur: Guillo

Genre: Science fiction/ mecha/

Éditeur: Kana

Nombre de page: 180

Prix: 24,90€

Date de sortie: le 15/10/2021

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