Le ravageur voulait avant tout être un voyageur, mais difficile, dans le sang et la sueur, d’oublier que vous êtes viking

Les vikings ont le vent (du nord) en poupe en matière de bandes dessinées. Ce qui est bien, c’est que, malgré ce qu’on pouvait craindre, les histoires se suivent et ne se ressemblent pas, chaque auteur mettant une patte différente. Que ce soit dans Vei, Jylland ou, cette fois, Le ravageur, série imaginée par Corbeyran et Nicolas Bègue. Loin des glaciers et des vignes de Bourgogne dans lesquelles les deux auteurs s’étaient trouvés, ils emportent très vite leur héros vers l’Orient, sa poussière, ses couleurs, bientôt rattrapées par le sang.

© Corbeyran/Begue/Lerolle chez Robinson

Résumé de l’éditeur : Gunnar est un jeune viking capable d’une extrême violence sur le champ de bataille. Aussi rêveur qu’agressif, ce guerrier impitoyable se fie à ses songes pour décider de ses prochaines aventures. Sur ses terres et par-delà, il va bientôt devenir : Le Ravageur !

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Tout allait bien pourvu que la violence et l’esprit de conquête aillent dans le même sens. Aux côtés de ses pairs, de son frère, Gunnar semait la terreur pour mieux charger ses cales de trésors. « De l’or, beaucoup d’or. » Mais ça n’achète pas une vie et des rêves bafoués. Car le père de Gunnar et Leid, le lâche, Biôrn vient de mourir et Leid va devenir roi, sans partage. Ça sent le roussi pour Gunnar et son aimée, Solveig, que Leid compte comme préférée de son harem mais qui se refuse à lui. Alors, le couple prend la fuite, vers d’autres horizons, bien plus loin que Midgard, dans un monde peut-être moins manichéen que ce que l’est cette tribu viking qu’il quitte, ce qu’il prenait pour une famille.

© Corbeyran/Begue/Lerolle chez Robinson

Mais on ne s’extrait pas aussi facilement de là, et les sbires du nouveau plein-pouvoir partent également à la recherche de Gunnar et Solveig, avec comme mission de les tuer. Il va leur falloir toujours plus repousser les frontières, trouver de nouveaux amis ou alliés, de Kiev à Byzance en passant par Athènes. Gunnar va devenir un guerrier, un esclave, un élève, celui de Mentor, précepteur plus tôt de Télémaque.

© Corbeyran/Begue/Lerolle chez Robinson

Gunnar va s’ouvrir aux autres cultures, découvrir d’autres dieux et religions, résilient et brisant le vase clos scandinave. Mais ses bûcherons assoiffés de sang peuvent aussi s’exfiltrer parmi les bris de celui-ci et venir pourrir irrémédiablement la vie de Gunnar, sous le vol des corbeaux, noirs. Il n’y aura pas d’issue favorable si Gunnar ne va pas au clash. Ce qui viendra, quand il n’aura plus rien à perdre. Et ça risque d’arriver. Car on ne peut pas tenir à la fois la hache et le rêve, c’est le nom de ce premier tome.

© Corbeyran/Begue/Lerolle chez Robinson

Prenant le pas du contemplatif sur la violence sanguinolente, sans pouvoir y résister dans ce monde de brutes, Corbeyran et Bègue livrent là le début d’un fameux voyage, insoupçonné jusque-là, tout en prenant en étau leurs deux héros. Sous les couleurs de Christian Lerolle, entre froid et chaud, Nicolas Bègue ne livre pas le meilleur de son trait dès le début. Gras et monolithique au début, il faut que celui-ci prenne la mer pour s’affiner et se plaire beaucoup mieux sous d’autres étoiles que celles du Nord enneigé. En tout cas, le Ravageur, malgré lui, commence sa carrière sur une bonne impression et une partition assez inédite, en espérant l’envolée graphique.

Série : Le Ravageur

Tome : 1 – La hache et le rêve

Scénario : Corbeyran

Dessin : Nicolas Bègue

Couleurs : Christian Lerolle

Genre : Action, Drame, Initiatique

Éditeur : Robinson

Nbre de pages : 56

Prix : 14,95€

Date de sortie : le 17/03/2021

Extraits : 

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