Les rivières du passé: pas de DeLorean mais le médaillon d’Aton pour voyager entre les Paris démoniaques d’héroïnes dark

Desberg goes Assassin’s Creed. Aux Éditions Daniel Maghen, le sexuagénaire montre un autre visage et se réinvente en initiant la série Les rivières du passé. Quoi de mieux, sous un titre il est vrai déjà vu, pour commencer un nouveau chapitre, que de s’accompagner d’un dessinateur inédit dans son giron : le talentueux Yannick Corboz. Du Paris qu’ils connaissent (celui d’Enfer, ou peut-être est-ce Stacey, Elle ou Jane? En fait, c’est Linn) à celui de Quasimodo et surtout celui des gargouilles qui s’animent monstrueusement, les deux auteurs voyagent entre les époques plus ou moins proches, guettées par une antiquité beaucoup plus lointaines qui a laissé des objets magiques, sataniques s’ils tombent entre de mauvaises mains.

© Yannick Corboz
© Yannick Corboz

Résumé de l’éditeur : À Paris, de nos jours, on suit les pas d’une jeune femme solitaire et sauvage. Elle pratique la seule activité pour laquelle elle est incroyablement douée… Linn est une voleuse ! Son dernier coup de maître : dérober pour le compte du sulfureux Argonovitch un médaillon d’une valeur inestimable. Il s’agit du médaillon du Dieu Aton dont aucune représentation n’existait à ce jour. En essayant d’échapper à la propriétaire du joyau, Linn traverse une porte et se trouve projetée dans un Paris parallèle, moyenâgeux, dans lequel l’Histoire ne s’est pas déroulée de la même façon…

© Desberg/Corboz aux Éditions Daniel Maghen
Recherches de couverture © Corboz

Laissez une lumière allumée, il va faire bien dark dans ce premier tome. Tout se passe dans la nuit ou dans l’ombre, en extérieur ou en intérieur (propice aux messes basses, sataniques si possible), la quasi-intégralité des décors étant éclairés à la lampe ou à la torche. Bien sûr, quand on est une voleuse de haut vol comme l’est l’insoupçonnable (jusqu’ici) Linn, ça nécessite de l’obscurité. Mais, prise dans l’engrenage, « débauchée » par un monseigneur aux allures vaguement religieuses autant que mafieuses, dans sa quête d’un médaillon égyptien dont les pouvoirs font tourner des têtes, Linn va bientôt être confrontée à plus forte qu’elle.

Recherche de couverture © Corboz
© Corboz

Oh pas tant parce qu’elle joue un pied de cochon à son « employeur », même si les dégâts collatéraux ne sont pas négligeables, mais parce qu’une dame en noir, énigmatique et semblant d’un autre temps, Lamia, vient jouer les trouble-fête. Elle sait ce qu’elle veut, mais impossible de sonder ses intentions, bonnes ou mauvaises. Toujours est-il que la relique de vie éternelle que beaucoup convoitent pourrait bien mener à leurs pertes ceux qui ne mesurent pas les risques qu’elle fait encourir.

Concept Art © Corboz
Concept Art © Corboz

On connaissait la passion de Stephen Desberg pour l’archéologie (qui sait, peut-être certains trésors acquis par l’audace et l’illégalité de Linn sont peut-être passés dans les mains du Scorpion?), le voilà qui la tire vers un drôle d’alliage plutôt convaincant : du thriller à la dark fantasy. Entre la course-poursuite à pied dans le Paris de nos jours et le décor d’une ville-lumière qui peine à sortir de la noirceur, il n’y a qu’une porte, que les auteurs franchissent déjà avec une surprise de taille à la clé.

© Desberg/Corboz aux Éditions Daniel Maghen

Aussi à l’aise dans le réalisme que dans cette Renaissance réinventée de manière glauque et oppressante (des démons attendent leur heure, ou plutôt celles que leur donneront leurs sinistres maîtres et si le Chevalier Cerf réussit à les repousser, ça ne durera pas toute la vie, voire toute l’Histoire), Yannick Corboz (dont on attend aussi la suite de la Brigade Verhoeven) insuffle son dynamisme et son trait tempétueux à cette histoire superbement éclairée.

© Corboz

Les couleurs font tempête, malgré l’aspect sombre de l’ensemble, et tant le sexy que le monstrueux se côtoient dans ce premier épisode sur lequel les femmes ont le pouvoir. Étonnant et diablement bien foutu. On est surpris que l’histoire ne soit prévue que sur deux tomes.

Série : Les rivières du passé

Tome : 2 – La voleuse

Scénario : Stephen Desberg

Dessin et couleurs : Yannick Corboz

Genre : Dark Fantasy, Fantastique, Horreur, Thriller

Éditeur : Daniel Maghen

Nbre de pages : 72 (80 pour le tirage Noir et Blanc)

Prix : 16 € (27€)

Date de sortie : le 11/02/2021

Extraits : 

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