Le mythe du seigneur des Carpates est toujours bien vivant, il fascine, il fait peur mais le connaissons-nous vraiment? Akiyo Ohkubo l’a approché

Les Editions Soleil Manga nous montrent la part d’humanité du Comte avant qu’il ne se tourne définitivement vers les forces du Mal. Qui se cache derrière le « monstre »? Un homme ou une bête ? Entre jeux de pouvoir et stratégie, le film Dracula Untold avait déjà abordé certaines capacités de l’empaleur. Vlad Draculea va enfin nous les confirmer.

Résumé: Au milieu du xv ème siècle, Vlad III Draculae succède à son père. Pour garder son trône, il doit composer avec la noblesse hostile et un environnement tourmenté, déjà menacé par ses voisins: l’Empire ottoman et le royaume de Hongrie.

Vlad III arrive au pouvoir et doit son poste au bien vouloir de la noblesse de Valachie. Ces oligarques avides de pouvoir et de richesse oppriment le peuple et lient des alliances avec les pays limitrophes à l’insu de leur Roi. Mais cela suffit, le jeune monarque « postiche » va reprendre son rôle en main et mener la vie dure à ces propriétaires véreux. S’entame alors un jeu de dupe pour le pouvoir mais également pour la survie du pays fasse aux empires ottoman et hongrois.

Je suis plutôt agréablement surpris par le scénario de ce manga. Tout d’abord sur le ton. On se retrouve ici entre « Code Geass » et « Moriarty« . Je sais que ces deux licences sont complètement différentes mais Vlad Draculae est proche des deux. Je m’explique. On est sur Code Geass pour la patience, l’analyse et le formidable charisme de Vlad qui, malgré l’adversité, parvient à rallier à sa cause des amis ou des anciens ennemis. Son pouvoir de persuasion est palpable et son intelligence lui permet pour l’instant d’anticiper ou de contrer ces adversaires. Comme les Moriarty.

La naissance du monstre mythique que l’on connait est intéressante car elle démontre son aspect humain et les choix qu’il a dû faire pour protéger son peuple de l’envahisseur et devenir cette formidable créature implacable assoiffée de sang. Cette approche avait été tentée dans Dracula Untold de Gary Shore en 2014. Et elle est bien mise en valeur, malgré quelques longueurs, un léger manque de rythme.

Du point de vue graphique, nous sommes très proches également de l’esthétique victorienne développée par Ryōsuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi dans Moriarty. Le trait est fin et précis. Les décors sont variés et on sent que le mangaka a fait des recherches sur le style vestimentaire et architecturale de l’époque. On sent la tension se marquer sur les visages. Plus l’histoire avance plus on voit le mal-être de Vlad. Il est émacié et cerné. On aimerait voir un peu plus d’action. Voir Vlad sur un champ de bataille et entrevoir les prémices de sa futur bestialité, de sa rage au combat. Il porte quand même déjà le surnom d’Empaleur.

Je suis plutôt captivé par ce manga. Je suis un fan du personnage de Bram Stoker et imaginer sa vie d’homme avant sa transformation est très palpitante. En tout cas, Akiyo Ohkubo nous en propose une belle version. J’espère qu’il va tenir toutes ses promesses et que le rythme de l’intrigue mais aussi de l’action sera plus soutenu. Les Editions Soleil Manga nous proposent une impression à la hauteur du scénario. Le papier est bien choisi et la couverture recouverte d’écritures anciennes est superbe.

Titre: Vlad Draculae

Tome:1

Scénario et Dessin : Akiyo Ohkubo

Traduction: Julie Gerriet

Genre: seinen/politique/historique

Éditeur: Soleil Manga

Nombre de page: 208

Prix: 7,90€

Date de sortie: le 28 octobre 2020

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.