Un Chattam qui assume pleinement son côté Stephen King, bien plus qu’une ILLUSION

L’illusion, le dernier opus de notre Chattam préféré (il n’y en a qu’un comme lui, je sais, inutile de m’invectiver !), est troublant. Et puissant… Il est remarquablement bien écrit. Il ne faut pas plus de quatre pages pour être totalement immergé dans les aventures, dans la vie, dans l’esprit d’Hugo. Et le climat est rapidement glauque, étrange, poisseux, comme on aime que Maxime nous les conte. Le page-turner est efficace, difficile de laisser les chapitres en cours, impossible de refermer bien longtemps cet ouvrage. Mais, parce qu’il y a un mais, ce n’est pas le Chattam de Joshua Brolin ou de Ludivine Vancker que l’on retrouve ici. La trilogie du mal est bien loin et ce roman se rapproche beaucoup plus du Signal que de L’appel du Néant. Et ça marche. J’avais tellement peur que la fin fasse pshiiiit. Mais c’est bien construit, et même si quelques lecteurs disent avoir compris le dénouement avant la fin, force est de constater qu’il m’a surprise. Et ça n’en rend que la lecture meilleure. Un bon thriller fantastique !

Chroniqué par Branchés Culture pour vous, du même auteur :

Quand Chattam s’attaque à une de nos peur ancestrale : phobie, terreur et inquiétude garantie avec UN(e)SECTE.

Le Signal de Chattam, terrifiant, haletant, exceptionnel : un livre qui se déroule comme un bon film qu’on n’a pas envie de refermer.

L’appel du Néant : une succession de claques distribuées par Maxime Chattam pour approcher un peu plus l’essence du mal.

Le Coma des mortels : le nouveau Chattam qui ne m’a pas convaincue.

« Bienvenue à Val Quarios, petite station de ski qui ferme ses portes l’été. Ne reste alors qu’une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts.

Hugo vient à peine d’arriver, mais déjà, quelque chose l’inquiète. Ce sentiment d’être épié, ces « visions » qui le hantent, cette disparition soudaine … Quels secrets terrifiants se cachent derrière ces murs ? Hugo va devoir affronter ses peurs et ses cauchemars jusqu’à douter de sa raison…

Bienvenue à Val Quarios, une « jolie petite station familiale » où la mort rode avec la gourmandise d’une tempête d’été »

C’est par une carte que Maxime Chattam décide de nous faire entrer dans le roman. Comme lorsque l’on part en voyage, pour prendre des précautions et éviter de se perdre. Mais même avec une boussole, le tour que prend cette histoire est difficile à prévoir, à deviner. La magie opère et Chattam, en maître du thriller, nous offre le roman dont il a rêvé.

Il faut prévenir, cet opus est autant fantastique qu’encré dans le thriller. Mais, rassurez-vous, tout trouve une explication à son terme. Et même s’il m’a parfois été difficile de suivre l’auteur dans ses délires, mon côté cartésien prenant trop le dessus, j’avoue m’être laissée embarquée au coeur de ces montagnes, loin de toute civilisation, dans cette petite communauté formée par les saisonniers d’été de Val Quarios.

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Beaucoup de lecteurs et chroniqueurs font référence au King (Stephen de son prénom) pour parler de l’Illusion. Mais ces références sont assumée pleinement dès le début de l’ouvrage, et puis comme le dit Chattam lui-même, dès qu’on se retrouve dans un hôtel quasi vide et isolé du reste du monde, on ne peut s’empêcher de voir deux jumelles en robe bleue ! La référence étant rapidement évacuée, on peut alors pleinement entrer dans l’histoire du Val et faire la connaissance du petit groupe resté sur place.

Mais, de mon côté, je ne peux m’empêcher de comparer cette lecture au Signal. Un huis clos, une vallée encaissée et du paranormal… L’ambiance est aussi rapidement plantée que pour le Signal, les personnages et le décors prennent vie rapidement MAIS je n’ai pas eu ce coup de coeur complet pour le lieu, comme je l’avais eu pour Mahingans Falls et ses falaises rappelées par les bords noirs entourant chaque page du livre.

Paysage Montagnes Brouillard - Photo gratuite sur Pixabay

Hugo s’est fait larguer après 7 ans de vie commune et aucun des castings auxquels il se présente ne se solde par une embauche. Il a dû quitter son appart et sa vie se résume à ressasser ses échecs sur des forums internet dans sa chambre d’hôtel. Bref, il est dans le fond du trou. Jusqu’au jour où il découvre une petite annonce, proposant un job dans une station de ski familiale une peu retirée de tout. Il n’a pas d’attache, il n’a rien à perdre, il monte dans le train.

Très vite, Hugo fait la connaissance de la douzaine d’habitants, des saisonniers d’été et des habitués. Il y a du travail à revendre. Remettre tout en ordre durant 5 mois pour être prêt lors de la prochaine ouverture en octobre. Tailler, tronçonner, réparer, farter… Bref, tout ce petit monde s’organise au mieux. Les affinités se dévoilent et les premiers « événements » surviennent. Parce que cette tranquillité est très vite assombrie par les cauchemars d’Hugo qui prennent de plus en plus de place, au point de l’envahir durant la journée.

Et puis, Alice disparaît…

Ce roman utilise tous les codes du fantastique mais également d’un bon tour de prestidigitation. L’évasion est garantie et les apparences peu fiables. Bref, on navigue en eaux troubles et Chattam nous comble.

Entrez dans le monde de l’Illusion …

Auteur : Maxime Chattam

Titre : L’illusion

Editions : Albin Michel

Sorti le 28 octobre 2020

Nbre de pages : 460 pages

Prix : 22,90 €

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