Conan le Cimmérien: la maison aux trois bandits avait un côté Temple maudit

Alors que Netflix s’intéresse au monde du Cimmérien, Conan s’offre sa dixième aventure made in Glénat. Initialement proposé à Mathieu Gabella et Anthony Jean, avant qu’ils aillent au-delà de la rivière noire, La maison des trois bandits arrive sous les traits de Paolo Martinello aux côtés du maître de cérémonie, et spécialiste de Robert E. Howard, Patrice Louinet. Un album tranchant.

Illustration de Paolo Martinello

Résumé de l’éditeur : Une cité-état quelconque, quelque part entre Zamora et Corinthia. En prison, Conan, que la réputation de mercenaire précède, est approché par Murilo, un aristocrate influent qui souhaite louer les services du Cimmérien pour se débarrasser de son adversaire politique : le prêtre rouge Nabonidus. Parvenant à s’évader, Conan s’infiltre alors dans la demeure piégée de sa cible. Mais sur place, il découvre que, derrière la lutte de pouvoir entre Nabonidus et Murilo, c’est peut-être quelqu’un d’autre qui tire les ficelles…

Voleur et assassin, mercenaire n’ayant rien à perdre et aimant aller jusqu’au bout des choses : telles sont les facettes de Conan ici explorées. Et son monde ne fait pas de cadeau. La preuve dès l’ouverture de cet album, avec une scène de pendaison ascensionnel. Avec ses allures renaissantes, cette ville cache mal son jeu glauque et riche en manigances. Si bien qu’un inutile brigand, même balèze, peut bien vite devenir utile à un puissant voulant le devenir encore un peu plus. Quitte à faire un sort à des concurrents. Ici, personne n’est tout blanc ou tout noir, quel panier de crabes. Les pinces sont coupantes, en tout cas, dans des petits coffrets bon chic bon genre il y a des oreilles qui voyagent et font forte impression auprès des destinataires. Il y a des têtes qui volent aussi. En (hu)mano a (hu)mano, Conan est imbattable.

Mais la conjuration dont il doit être le bras armé va l’amener dans le surnaturel, des entrailles à la tour d’un sinistre palais, plein de pièges, de retournements de veste… d’autant plus que Conan et son patron vont vite apprendre qu’ils ont été précédés dans leur soif de pouvoir. Et qu’il y a désormais en maître de ces lieux un individu, dont on ne sait s’il est humain ou animal, bestial, indomptable. Si ce n’était Paolo Martinello au fouet et aux jets d’encre.

Épique ! Dans cette aventure parmi les plus horrifiques de la saga franco-belge (mais surtout internationale, car les Asiatiques, les Italiens sont aussi de la partie, la crème de la crème) jusqu’ici, Conan se retrouve comme dans Le temple maudit fréquenté antan par Indiana Jones. Alors que tout se passe principalement dans l’obscurité, les reflets bleutés, Paolo Martinello prouve de quel bois, de quel fer, il est fait et trempé. Patrice Louinet semble lui avoir laissé quartier libre pour maîtriser les personnages mais aussi leur laisser la spontanéité constructrice… et, surtout, destructrice.

Emmené sur la pente raide d’un découpage dynamique, le dessinateur est aussi habile dans les scènes immobiles (une sacrée double-planche dans une taverne, une planche incroyable passant à travers les murs pour montrer de haut en bas le décor final où les héros et les méchants évoluent) que l’intensité de la violence dont cette aventure fait preuve, au rupteur et parfois inattendue. Mais d’ailleurs, est-il question de bons ou de vilains, quand il s’agit d’hommes saisissant les opportunités pour sortir de l’inextricable réalité. À nous en glacer le sang, Louinet et Martinello livrent un album dantesque dont Conan repart tel un poor lonesome cowboy. Avec cette qualité, on a l’impression qu’elle n’est pas près de finir cette saga européenne de Conan.

D’ailleurs, en novembre, Doug Headline et Emmanuel Civiello proposeront Le dieu dans le sarcophage, récit présenté comme la rencontre d’Howard et Agatha Christie. Une enquête à plusieurs voix, chorale. En voilà le résumé : « Profitant d’une discrétion que seule la nuit permet d’offrir, Conan s’infiltre dans un somptueux palais pour y subtiliser une coupe représentant un rapide enrichissement. Aussi discret qu’un félin, il ne se fait repérer par le garde Arus que parce qu’il croit reconnaitre en lui un camarade malfaiteur. Sans le savoir, Conan vient de se présenter comme le coupable idéal pour le meurtre de Kallian Publico, le riche et détesté propriétaire du temple dans lequel il est venu voler… »

La suite, ce sera Xuthal la Crépusculaire dont Christophe Bec et Stevan Subic ont donné un autre aperçu sur les réseaux depuis notre précédent article:

Viendra aussi L’heure du dragon par Julien Blondel et Valentin Sécher qui ont profité du confinement pour faire le making-of d’une planche:

© Blondel/Sécher chez Glénat

Une sorcière viendra au monde est aussi prévu pour 2021, piloté par Jean-Luc Istin et Thimotée Montaigne (Éric Herenguel devait initialement assurer l’encrage, ce n’est plus le cas).

 

Série : Conan le Cimmérien

D’après l’univers et les nouvelles de Robert E. Howard

Récit complet

Tome : 10 – La maison des trois brigands

Scénario : Patrice Louinet

Dessin et couleurs : Paolo Martinello

Genre : Aventure, Fantastique, Horreur

Éditeur : Glénat

Collection : Grafica

Nbre de pages : 66 (+ 10 pages de cahier bonus réservé à la première édition)

Prix : 14,95€

Date de sortie : le 23/09/2020 (version en noir et blanc disponible à 29,50€)

Extraits : 

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