Masquez le naturel, il revient au galop: pour tuer les microbes sociaux, Fabcaro refait Open Bar

Le frigo était vide, le lieu secret où vous rangez vos alcools gouleyants, aussi… Si le confinement et ses répercussions ont dévasté les réserves d’eau de feu, on peut toujours compter sur Fabcaro pour venir à la rescousse. Avec lui, c’est Open Bar pour mieux favoriser les discussions de comptoirs comme on les aime. Accrochez-vous au rebord de votre livre, entre un ours à trottinette et un canot de migrants, ça déménage.

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© Fabcaro chez Delcourt

Résumé de l’éditeur : Eddy Mitchell et la raclette sont-ils compatibles avec une vie intime amoureuse ? Peut-on assumer le fait d’avoir un père manager conseil ? Comment s’assurer que les parents resteront bien jusqu’à la fin de la kermesse de l’école ? Qui gagnera la compétition d’enfilage de housse de couette ? Des questions fondamentales auxquelles Fabcaro apporte une réponse implacable, surprenante et finalement évidente.

© Fabcaro chez Delcourt

Fabcaro continue son exploration et sa collection de blagues les plus absurdes et surréalistes possible. On ne change pas une équipe qui gagne, c’est dans la répétition des dessins et des cases que le roi actuel de l’humour en BD crée les situations : un enterrement, une réunion managériale ou sur un plateau télé. En trois cases, ou six, ou une seule, rien ne résiste à Fabcaro qui n’a pas son pareil, pour l’air de rien, sans jamais qu’on s’y attende, négocier sa chute sur une phrase, une pensée qui claque.

© Fabcaro chez Delcourt

Fabcaro est un peu l’héritier 2.0 des artistes qui reprennent des gravures et des dessins de presse datant parfois d’un siècle voire plus pour mieux leur faire dire autre chose, anachronique ou juste en décalage (Geluck mais aussi Un faux graphiste comptent parmi les maîtres de ce subterfuge en francophonie). Mais, comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, Fabcaro, plutôt que d’écumer le net ou les bibliothèques remplies de vieux illustrés, crée lui-même ses saynètes.

© Fabcaro chez Delcourt

Comme il redessine, à quelques détails minimes près, plusieurs fois la même case; on serait vite tenté de dire que le dessin ne sert à rien, juste à boucher le vide pour en faire une BD alors que le texte se suffit à lui-même… Sauf que non, le texte ne se suffit pas à lui-même et je mets au défi quiconque de raconter à l’oral et le plus simplement possible les blagues imaginées par Fabcaro. Ça me semble impossible. D’autant plus qu’outre contextualiser l’ambiance et le décor des échanges, le dessin contraste ce qu’il s’y raconte. Sérieux, statique, avec des aplats noirs pour bien l’encrer, pour le rendre comme un roc, incapable de vaciller.

© Fabcaro chez Delcourt

C’était sans compter la légèreté retournante et toujours aussi performante du Fabcaro qui a même réussi à parler de pangolin (serait-il devin?). Dans les dialogues de sourds, notre homme a trouvé sa voix. Et dans cette compilation de gags, si tout semble à prendre par-dessus la jambe et au millième degré, il y a bel et bien une dénonciation salvatrice des défauts et comportements égoïstes que notre société donne tous les jours à observer. Et donc à dessiner.

© Fabcaro chez Delcourt

Série : Open Bar

2e tournée

Scénario, dessin et couleurs : Fabcaro

Genre : Humour, Pensée

Éditeur : Delcourt

Collection : Pataquès

Nbre de pages : 54

Prix : 12,50€

Date de sortie : le 10/06/2020

Extraits : 

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